Dérive de pensées sur les logiciels de référence « gratuits »
Cet article a été publié il y a 15 ans 3 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.Le site CommentCaMarche vous connaissez surement. C’est le site dont les forums et leurs questions sortent toujours en tête des résultats de recherche sur Google. Je sais que ce site irrite souvent plus d’un geek et pourtant j’avoue y avoir parfois trouvé des explications ou tutoriels assez bien faits. Rien de très compliqué souvent, mais le public qui visite ce site ne cherche pas comment compiler son kernel avec le dernier patch à la mode.
On peut toujours s’interroger sur ce type de site qui peut s’apparenter à une usine à contenus. Il n’en demeure pas moins qu’ils attirent à eux une grande partie du trafic et de l’attention des internautes lambda en quête d’informations.
Il est donc intéressant de voir ce qu’un site comme CommentCaMarche propose lorsqu’il établit un classement des logiciels de référence. Je me demande en effet vers quoi les lecteurs (des centaines de milliers probablement) de ce site vont être orientés.
Tout d’abord la méthode. Le label « Logiciel de Référence » est attribué à partir des recommandations de plusieurs centaines de sites de référence (académies, universités, grandes écoles, etc.). Ces sites institutionnels font régulièrement une sélection de liens vers des logiciels utiles pour leurs utilisateurs (élèves, étudiants, citoyens, etc.). CommentCaMarche a exploré les pages de ces sites et analysé les liens pointant vers des logiciels afin d’identifier et labelliser les logiciels les plus populaires.
Voilà qui au moins sort des traditionnels classements à base de nombre de téléchargement. De fait, le résultat est un peu surprenant. Le voici du premier au dixième :
- Audacity (Edition audio)
- OpenOffice.org (Suite bureautique)
- VLC (Lecteur vidéo)
- QuickTime (Lecteur vidéo)
- Firefox (Navigateur)
- iTunes (Podcasting/Streaming)
- PhotoFiltre (Retouche photo)
- 7Zip (Compression)
- PDFCreator (PDF)
- XnView (Visionneuse d’images)
Je vous ais mis en gras ceux qui sont des logiciels libres. Une information qui est absente de la présentation du classement. Seule la mention « Gratuit » est précisée, car après tout pour l’internaute lambda c’est la seule information pertinente qui l’attirera.
Si par hasard d’ailleurs vous lisez cet article sans savoir ce qu’est un logiciel libre, il s’agit d’un logiciel qui répond aux quatre libertés suivantes :
- la liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages,
- La liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins,
- la liberté de redistribuer des copies du programme (ce qui implique la possibilité aussi bien de donner que de vendre des copies),
- la liberté d’améliorer le programme et de distribuer ces améliorations au public, pour en faire profiter toute la communauté.
Je vous renvoie également à l’encyclopédie Wikipédia pour de plus amples précisions sur le sujet.
Je parlais aussi de résultat surprenant. C’est la présence d’Audicity en première position qui m’a le plus étonné. Une place expliquée par une utilisation en classe de langues pour perfectionner sa prononciation ou en classe de musique pour apprendre la Musique Assistée par Ordinateur. Les professeurs passant par là pourront confirmer ou pas l’information.
La présence de six logiciels libres dont trois aux premières place est une bonne nouvelle. Cela monte que si l’usage des distributions GNU/Linux reste faible, ce n’est pas le cas des logiciels qui les compose.
Ce constat aurait tendance à nous montrer une fois de plus que ce n’est pas la « liberté » du logiciel qui le fera adopter, mais bien sa valeur d’usage. Je sais que c’est une horreur pour beaucoup que de tenir de tels propos. Pour moi en tout cas cette notion reste primordiale : répondre à un besoin de façon pertinente.
Dérive…
Vous vous demandez peut-être pourquoi je me lance dans une pareille réflexion. Tout d’abord, c’est le week-end. Donc c’est aussi le moment de poser un peu les bagages que l’on porte toutes la semaine et qui nous obligent à rester le nez dans le guidon.
Ensuite parce qu’il faut parfois remettre sur l’établi des choses que l’on pourrait penser pour acquises et les regarder à nouveau, les tourner dans ces mains en se demandant s’il n’y aurait pas un angle sous lequel on ne les aurait pas vus jusqu’à présent, toujours rester en questionnement.
Et de repenser à ces gens qui ont voulu un jour que le monde dans lequel ils vivaient change. Une constante revient souvent, la solitude de ces « changeurs de monde ». Nous sommes en fin de compte assez peu à l’échelle de la planète et des usagers d’outils informatiques à croire dans le logiciel libre.
Je peux comprendre d’une certaine manière ceux qui disent que l’on peut très bien rester entre nous et tant pis pour les autres. Un raisonnement que je n’accepte toujours pas.
Alors, il faut trouver un biais pour que le logiciel libre et son idéal puissent enfin connaître son plein développement et ce biais ne peut-être la liberté. J’ai déjà eu l’occasion de me demander pourquoi l’open source marchait et pas le logiciel libre. Il est temps d’essayer de faire autrement.
Certains l’ont bien compris depuis longtemps, ainsi Google est devenu le leader de l’open source (pas du logiciel libre). Il en fait un usage immodéré, toute sa recherche et développement est axé sur son usage. La finalité des services de Google (dont le code n’est que rarement disponible) est moins rose. Sinon, le logiciel libre tiendrait là son chevalier blanc depuis longtemps.
Alors, je m’interroge (de moins en moins) en me demandant si le logiciel libre ne devrait pas suivre un chemin à la Google avec une marque forte, une marque associative. Qui plus est nous avons déjà un exemple en la matière avec Mozilla qui oeuvre pour un web respectueux des standards et ouvert.
Debian pourrait être ce leader de par son modèle, mais sa communauté est souvent trop orienté RTFM (lis le foutu manuel) et sa finalité reste le logiciel. Debian semble incarner une forme de clivage entre l’usager final et le programmeur.
Voilà donc, ce Google gentil n’existe pas, j’aimerais bien que ce soit le cas. Nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours alors si on veut qu’il puisse exister il faudra des moyens, il faudra trouver les biais qui permettront de les obtenir. Mais ce n’est probablement pas des logiciels libres qu’il faudra vendre…
Le logiciel libre contient en lui-même un générateur de mouvement brownien qui provoque l’émergence permanente de « nouveaux » logiciels. Fork de l’un, réécriture « en mieux » de l’autre et au final une multitude de solutions éparses et pas toujours finalisées. Certains appellent ce chaos de leurs vœux, car il serait la semence de l’innovation. Ce n’est pas complètement faux, mais ça l’est aussi souvent. Il suffit de parcourir les panoramas de logiciels que je fais régulièrement pour constater que parfois il y a trop de choix pour des besoins identiques. Mais ce n’est pas l’évolution des outils de gestion de sources qui semble pouvoir inverser cette tendance à l’éparpillement. A moins que l’on se contente de considérer les logiciels libres comme de simples commodités.
Comment regrouper tous ces projets pour proposer un ensemble cohérent et homogène ? C’est aujourd’hui le rôle dévolu aux distributions GNU/Linux. Mais on en revient au point de départ de cette réflexion. Les distributions n’arrivent pas à percer même la plus emblématique de toutes : Ubuntu.
Cela veut-il dire qu’il n’y a pas d’espoir ? Absolument pas, il faut suivre d’autres pistes, d’autres façons de faire, explorer les chemins de traverse tout en gardant une oreille attentive et curieuse à ces utilisateurs qui nous disent que nous nous trompons parfois de route.


« Les distributions n’arrivent pas à percer même la plus emblématique de toutes : Ubuntu. »
Lorsque mon fils a acheté un Mac, j’ai compris que l’addition BON matériel + BON Système d’exploitation faisaient son succès.
On achète pas un Mac par hasard, c’est une décision.
Je pense, avec une grande ferveur, que le jour oû Ubuntu vendra ses propres PC, eeePC, ou ses propres tablettes (affichants Unity ?), une alternative – de qualité – sera proposées aux yeux du grand public.
Un appareil de bonne qualité + un bon OS : le succès assuré !
Le frein, c’est l’installation volontaire car elle reste compliquée pour la grande majorité des utilisateurs.
Le succès des logiciels libres et gratuits sous Windows c’est aussi qu’ils sont proposés sous la forme d’un .EXE , donc sans effort.
Mon prochain ordinateur sera-t-il acheté chez Ubuntu ? Une nouvelle marque synonyme de facilité , de sérieux et de qualité …
« Un appareil de bonne qualité + un bon OS : le succès assuré ! » je ne suis pas sur que ce soit suffisant. Il reste l’image, la marque. Pourquoi tout le monde veut un smartphone Android ? Parce que c’est Android ? Non parce que c’est Google. Pour l’instant Ubuntu est loin d’avoir cette aura.Google était connu avant de commercialiser ces smartphones.
‘Le frein, c’est l’installation volontaire car elle reste compliquée pour la grande majorité des utilisateurs. » Ce n’est pas un frein, c’est un cul de sac 🙂 ! Personne ou presque n’installe Ubuntu sans avoir un copain geek fan de GNU/Linux.
On peut saluer au passage le travail fait par pas mal d’association au travers des install party. Mais encore là peu de personnes touchées…
Imagine que DARTY lance un gamme de PC/Portable sous Ubuntu (ou autre) avec assistance technique et tout le toutim ? Des DARTY-PC, la ménagère de moins de 50 ans se laisserait plus facilement convaincre peut-être…
Un truc à ne pas oublier:
Le grand public veut un truc puissant. Mais dès que c’est un chouillat compliqué, obscure, qu’il ressent la moindre dissonance entre lui et le produit, il laisse tomber. Donc au final, il faut que le machin soit simple. Le consommateur veut consciemment un truc puissant, mais ce qu’il recherche en fait inconsciemment est un truc simple, qui marche sans accroc. (Il y a naturellement ensuite un paquet d’autres critères plus ou moins importants en fonction de la personne).
C’est en ça qu’Apple est bon: il fournissent un produit qui se présente à la fois comme de bonne qualité, puissant tout en restant simple. Et en plus, le graphisme est soigné. Sans parler de l’image « hype geek » qui métamorphose littéralement le propriétaire de produit i*** en surhomme.
Pour qu’un argument de type « liberté/éthique » pèse dans la balance, il faudrait que ce soit à la mode ; de la même façon que le bio ou l’équitable se sont donnés une « image de marque ». Déjà, ça, c’est pas gagné, mais ça reste possible.
Mais le facteur qui rend incompatible LL et grand public, c’est la nature même du but de ces outils: les LL sont fait par des hackers pour des hackers. Ils sont donc prioritairement modelés en fonction de leurs besoins et attentes. Il faut parfois un travail immense pour recouper les exigences des hackers et celles du grand public. Seuls quelques logiciels comme Firefox, VLC ou Audacity y parviennent.
Ubuntu est l’exemple même du produit qui arrive à séduire le grand public (une partie, du moins). Mais la contrepartie, c’est qu’il est moins populaire parmis les « geeks avancés », les hackers et certains libristes.
Parce que les besoins des « advanced users » diffèrent trop des besoins du grand public en matière d’OS.
Au final, c’est bien souvent l’open source qui réussit à « accorder » les deux : en utilisant la force innovatrice et la qualité du code qui accompagnent les licences libres pour produire du logiciel qui colle aux attentes du grand public. Mais ce faisant, on y perd ce qui caractérise le libre: sa charge éthique et son message.
Pour qu’une « marque libre » émerge, au final c’est donc bien une question de moyens (cas Mozilla, avec le financement qu’on lui connait). Certains cas d’adoption ponctuelle résultent de l’adéquation entre les besoins des hackers et ceux du grand public (VLC, Audacity).
En conclusion, je ne peux m’empêcher de penser à Framasoft et ses nombreuses initiatives pour mettre le libre à la portée du grand public. Mais ceci n’a rien à voir avec du « hardware ».
Philippe,
J’aime bien te lire parce que tu es quelqu’un qui doute. Je doute donc je suis. En tout cas, pour moi, douter et penser, c’est presque la même chose. Dès qu’il y a de la certitude qui se pointe, l’arrogance n’est pas loin. Et surtout la bêtise et l’errance.
Bref, j’aime te lire parce que moi aussi je doute, je cherche le bon modèle. Je suis d’accord avec toi que l’open source perce plus que le libre et qu’il faut un modèle économique qui articule la production de logiciels à la recherche d’une valeur d’usage.
Et on continue à avoir d’un côté le « grand public » qui veut du facile et du gratuit et de l’autre un monde du libre qui voudrait qu’on choisisse ses logiciels par idéologie. Je suis pour ma part un idéologue fanatique, un « taliban du lbre », mais je pense en même temps qu’il ne faut ni espérer ni souhaiter que l’on choisira nos logiciels pour ça.
En te lisant, je pensais à Framasoft et Framakey surtout. Voilà un projet qui croit fondamentalement au libre mais qui, pour trouver sa place dans ce monde, fait un compromis intéressant : la majorité des gens utilisent Windows, voyons comment on peut partir de là pour leur fournir des logiciels qui soient les lus accessibles possibles. Et Framakey joue sur le côté Menu, Navigation, un clic pour ouvrir Audacity, un clic pour ouvrir Thunderbird. En plus de la portabilité.
Il m’est arrivé de travailler pour un grand groupe industriel où l’environnement était tout Windows. Pas moyen d’installer des logiciels et donc pas moyen de travailler : créer du son, des images, des cartes heuristiques. Le troisième jour j’ai installé Framakey et mon problème était réglé.
Partir de là où sont les utilisateurs (ma nièce qui veut que je lui installe Microsoft Office par ce que c’est « plus compatible »…) et tout en douceur les amener vers un ailleurs.
Ca marche. Les vraies évolutions prennent du temps, du courage et de l’énergie.
@Ginko et Thomas De Praetere je vois que Framasoft vous inspire. D’une certaine manière leur approche est effectivement intéressante. Mais elle se fait avec des moyens encore réduit par rapport à ce qu’il faudrait. Mais c’est déjà un sacré boulot qu’ils font.
@Ginko je me suis promené sur ton blog et ton wiki, tu devrais aller discuter à tout hasard avec l’indigné dans son Lab, vous avez peut-être des points communs 🙂
Philippe, j’ai jeté un coup d’œil sur le site que tu m’as indiqué, mais je ne vois pas vraiment où tu veux en venir (je m’attendais à un blog ou un site perso, je trouve un (jeune) site associatif sans page de contact ;).
@ Ginko … il n’y a pas de formulaire pour le moment mais tu dois trouver de quoi venir voir, et autre messageries dans les 4 pages 😉
Sinon, je vais rajouter un manque du au transfert « a la mano » de netvibes 😉
Sinon c’est par le biais de ce qui est indiqué en résumé qu’on peut tout mettre en place, et avoir autant les financements pour développer ce qu’il faut, que les Michus etc qui seraient les premiers « client » d’un Microsoft Associatif »
@Philippe
Salut Philippe,
« Debian semble incarner une forme de clivage entre l’usager final et le programmeur. » Je ne comprends pas cette remarque.
Debian vit son bonhomme de chemin depuis pas mal d’années déjà sans trop se soucier de rameuter, ça c’est certain.
En même temps, s’il faut se farcir ce genre d’utilisateur :
http://frederic.bezies.free.fr/blog/?p=5314
À lire jusqu’au dernier commentaire.
Ce genre d’articles partcipe à faire cette mauvaise image de Debian…
« Personne ou presque n’installe Ubuntu sans avoir un copain geek fan de GNU/Linux.
On peut saluer au passage le travail fait par pas mal d’association au travers des install party. Mais encore là peu de personnes touchées… »
Je réponds rapidement, pas trop de temps. Ben, je crois que tu mets le doigt sur un point crucial. Les tentatives pour vendre du Linux installé non pas été un franc succès chez Dell, par exemple. Pourquoi ? Linux n’est pas un produit comme peut l’être un autre OS. Linux se construit sur le partage, non ? Et c’est peut-être aussi de ce côté qu’il faut chercher la réponse à ta question Philippe.
« Debian semble incarner une forme de clivage entre l’usager final et le programmeur. » Je ne comprends pas cette remarque.
Debian vise la stabilité vs l’expérience utilisateur si je devais reformuler… C’est à l’inverse de ce que cherchent la majorité des gens pour qui leur ordinateur est avant tout un objet de plaisir et de loisir.
Linux se construit sur le partage, non ? oui sur le principe. Alors comment faire pour amener plus de monde à partager, y compris et surtout chez les plus nombreux : les non-informaticiens
Je ne crois pas qu’il faille nécessairement opposer stabilité et expérience utilisateur. Je crois comprendre, à peu près, ce que tu veux dire. L’expérience dont tu parles vient d’abord et avant de l’interface (eye candy) que certaines distributions (on peut mettre MacOSX dans cette catégorie) mettent en avant. L’expérience « utilisateur » est l’expérience d’un utilisateur assisté. Un problème de codec ? On lance le fichier et le codec est installé. Un nouveau matériel ? Et le module/driver est installé. Le tout en un clic ou deux. Si j’ai bien compris, c’est à ce genre d’expérience que tu fais référence, non ? Pas ou peu de problème matériel. Des versions logicielles récentes mais intégrées à la va comme je te pousse (cf. pulseaudio sous Ubuntu mais pas que). L’expérience utilisateur est effectivement différente sous Debian. Le plaisir est ailleurs. Dans la stabilité de la version stable et dans la personnalisation (indispensable) de l’espace de travail. Je n’ai jamais vu deux Debian identiques. Ou alors, chez des gens qui ne se préoccupent pas le moins du monde d’esthétique. Un de mes amis que j’ai installé sous Debian il y a deux ou trois ans, n’a jamais rien touché de l’apparence de son bureau. Incroyable. En même temps, quand je vois les bureaux des machines sous les deux OS proprios les plus courants, il y a assez peu de personnalisation. Tout au plus, le fond d’écran.
Je reste convaincu, et nous en avons déjà parlé, que le nombre n’est pas essentiel. Cela dit, s’il fallait réellement que cette donnée change, ce ne pourra se faire que par l’éducation et les institutions. Notamment l’Éducation Nationale. J’aimerais bien savoir combien de particuliers ont aujourd’hui Linux (ou Linex) sur leur machine personnelle en Estrémadure : http://fr.wikipedia.org/wiki/GnuLinEx
Beaucoup de gens ne savent pas installer l’OS majortaire qu’ils utilisent depuis des années. Et l’on peut comprendre qu’il en est de même pour une distribution de Linux. Le niveau technique requis dans les deux cas est, à mon sens, pas bien différente. Si tu vois ce que je veux dire.
Seulement le plaisir que peut te procurer ta Debian personnalisée aux petits oignons est-il bien celui que recherche les utilisateurs « de tous les jours » ? Ma belle mère aimerait depuis son logiciel de photo pouvoir : envoyer ces images par mail, que « ça les passe sur feuille de traitement de texte », etc… Des trucs simples pour nous, mais complexe pour elle. Il faut redimensionner les images pour qu’elles ne soient pas trop lourdes par mail mais reste de bonne résolution quand elle les met dans un document. Pas facile…
Je ne pense pas que vous ayez jamais les mêmes attentes et sa seule personnalisation est son fond d’écran avec photo des petites filles 🙂 ! Bref le look n’a pas vraiment d’importance, il faut un truc simplissime à utiliser… Les distributions sont des assemblages de logiciels éparses pas forcément conçu pour interagir ensemble de façon naturelle à moins de bricoler autour avec plus ou moins de succès… Mais ce faisant on spécialise des logiciels pour un distribution, on perd en standardisation des composants, bref tu vois ce que je veux dire.
La question du nombre qui nous sépare est primordial pour moi. Si le logiciel libre n’est pas dominant à la fin de cette décennie, c’est que nous aurons raté le virage vers la société de la connaissance. Pour moi il y a donc urgence à trouver un moyen de provoquer ce basculement, cette rupture au niveau de l’informatique, car elle poussera le reste d’une certaine manière en le rendant évident. RMS le dit : pour changer la société il a utilisé ce qu’il connaissant : l’informatique. Ben moi aussi je connais que ça alors je pousse pour que cela change et je ne peux accepter que l’on reste trois gus à jouer ensemble avec nos logiciels libres… Et plus le temps passe plus je pense qu’il faut faire autrement pour pousser les logiciels libres que les approches classiques… Pour ce qui est de l’éducation nationale, je pense que c’est mort de ce coté là. Je suis désespéré par ce que je vois que l’on fait apprendre à mes filles, du bourrage de crâne et surtout ne pas réfléchir pour devenir de bon consommateurs… Pas de production d’écrit ou presque au primaire, ça me fait halluciner… Par contre on voit la factorisation en CM2… J’arrête je suis grognon ce soir…