Comment mesurer et améliorer votre sommeil : test du Zeo

Lorsque vous dormez, votre sommeil est décomposé en différents stades (source Wikipédia) :
- La somnolence : le stade de l’endormissement (transition entre l’éveil et le sommeil);
- Le sommeil léger : il occupe environ 50 % du temps de sommeil total;
- Le sommeil profond : il occupe environ 100 minutes au cours d’une nuit moyenne de sommeil, c’est la phase la plus importante du sommeil. Elle permet à notre corps de se reposer totalement du point de vue musculaire;
- Le sommeil paradoxal : il correspond environ à 20-25 % du temps total de sommeil. C’est le moment des rêves.
Le Zeo se compose d’un bandeau doté d’un dispositif qui (je crois comprendre) mesure les ondes cérébrales émises par notre cerveau et qui sont caractéristiques de chaque phase de sommeil. Ce bandeau est fourni avec une sorte de radio-réveil qui sert de dispositif d’enregistrement et de consultation. Les données sont également enregistrées sur une carte SD en complément. Je reviendrais sur ce point plus tard.
Christophe Ducamps m’a gentiment proposé de me prêter son Zeo pour que je puisse me faire une idée du fonctionnement de ce type d’appareil. Comme j’aime bien essayer de nouveaux gadgets, que les chiffres restent une passion pour moi je ne pouvais pas refuser.
Mise en œuvre
D’un point de vue pratique, le port du bandeau demande un peu d’habitude et pourra même être rédhibitoire pour certains. Il faut trouver le bon « serrage » pour que le bandeau ne glisse pas la nuit de votre front et reste bien en place. Sans cela les mesures seront tronquées et incomplètes. Sur deux semaines de tests, je n’ai pas obtenu beaucoup de mesures complètes. Il manquait toujours un bout de nuit plus ou moins important.
L’appareil calcul à partir des données collectées un indice le « ZQ ». Un disque permet de connaître le ZQ « moyen » par tranche d’âge. Au vu des résultats obtenus, mon ZQ est plutôt celui d’un cinquantenaire ce qui n’est pas très flatteur ou révélateur d’un sommeil insuffisant. Paradoxalement, sur les nuits pour lesquels j’ai obtenu des mesures correctes, la valeur basse du ZQ n’a pas coïncidé avec une sensation de fatigue particulière. C’est comme toujours, les chiffres sont à prendre avec des pincettes.
L’appareil est vendu pour aider ceux qui auraient de problèmes de sommeil à trouver les éléments qui peuvent améliorer ce dernier. Un exemple donné sur le site du Zeo est l’arrêt de la consommation de café six heures avant d’aller se coucher. Le ZQ augmente alors significativement. Je dirais qu’il n’y a là pas forcément une grande découverte. Mais c’est à chacun de trouver le petit quelque chose qui lui permet de mieux dormir.
Je n’ai pas essayé cette fonction, mais le Zeo peut aussi vous servir de réveil matin. Vous programmez l’heure à laquelle vous souhaitez être réveillé « au plus tard » et le Zeo choisira dans la demi-heure qui précède cette heure le meilleur moment pour vous réveiller en fonction du stade de sommeil dans lequel vous vous trouvez.
Dommage qu’il n’existe pas une version « couple » du Zeo, car seul celui qui a le bandeau verra son réveil « optimisé ». A titre personnel, j’ai opté depuis plusieurs années pour un simulateur d’aube. J’avoue que c’est particulièrement agréable.
Votre sommeil ne vous appartient plus
Les données collectées peuvent être consultées directement depuis le Zeo et collecter sur une carte SD que vous insérez dans le port prévu à cet effet. Vous avez ensuite la possibilité de créer un compte sur le site web MyZeo. Comme vous le constaterez c’est en fait une application en Flash qui vous accueillera. Je n’ai pas testé cette fonctionnalité, mais elle vous permet en gros d’analyser vos données sur une période importante et de façon plus confortable que sur le Zeo en lui-même.
C’est là que s’arrête pour moi l’expérience. Plusieurs raisons à cela :
- J’ai tenté d’ouvrir le fichier créé par le Zeo sur la carte SD et c’est sans vraiment de grandes surprises que j’ai constaté qu’il s’agissait d’un fichier dans un format « binaire ». Impossible donc de récupérer mes données directement pour les analyser par exemple dans un simple tableur.
- Corolaire du point précédent, il vous faut donc envoyer vos données sur le site MyZeo si vous souhaitez consulter votre historique au-delà de sept jours.
Conclusion, une fois vos données personnelles collectées, elles ne vous appartiennent pour ainsi dire plus. Vous êtes en quelque sorte contraint de les donner au fabricant du Zeo. C’est bien le point le plus regrettable de cette expérience.
Pratique du « self-tracking »
Je fais partie de ces personnes qui aiment mesurer pour comprendre. J’aime lire les statistiques de mon site pas pour le plaisir de voir que les chiffres gonflent ou pas, mais pour comprendre ce qui peut vous intéresser ou pas. C’est un complément à vos retours par commentaire.
Le principe général est donc de mesurer et d’analyser les données résultantes pour comprendre et améliorer vos pratiques. Je vous conseille ces articles :
- Nicholas Feltron: le self-tracking, “de nouvelles formes de communication condensées”
- Exploration de @Quantter, des premiers balbutiements au démarrage officiel
- Le Self-Tracking: Quand les chiffres parlent
Concernant cette pratique, on lit sur le blog de la start-up Quantter qui s’est lancé sur ce créneau que les données sur son activité doivent être publiques par défaut. Ce serait la seule façon de rester régulier dans sa prise de mesure. Un argument que je peux comprendre et qui si on l’accepte soulève bien des questions. Par quel biais ces données sont-elles rendues publiques, par quels services? Quelle exploitation sera faite de ces données ? Il m’est d’avis que l’utilisation de formats ouverts et de logiciels et services libres ne sera pas de trop pour traiter « comme il faut » tout cela 🙂 !


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