Quand les utilisateurs de logiciels libres refusent de mettre la main à la poche

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pickpocketL’objet de cet article est de nous interroger à nouveau sur les travers de la gratuité et de son association aux logiciels libres, mais par un exemple concret. C’est l’histoire d’Olivier et de son plugin Wats qui vous est ici comptée :

J’ai commencé il y a un an le développement d’un plugin wordpress pour transformer celui-ci  en système de support technique avec gestion des tickets. En un an, j’ai livré plus de 50 versions et des centaines de correctifs et nouvelles fonctionnalités. En échange, je n’ai reçu que très peu de donations. Régulièrement, des gens demandent de nouvelles fonctions, promettent parfois des dons en retour, mais ne donnent rien au final.

WordPress 3.0 est sorti il y a peu. Je n’avais pas pris le temps de tester et modifier WATS pour fonctionner avec cette nouvelle version et de nombreux utilisateurs ont mis à jour leur wordpress sans faire attention à la compatibilité. Ils viennent maintenant me réclamer une version compatible au plus vite et bien entendu ne veulent toujours pas faire de dons.

J’ai eu une idée un peu originale : livrer la nouvelle version lorsque j’aurai reçu 500€ de dons. Il y a plus de 250 sites qui utilisent le plugin dont des entreprises. 500€ de dons, ce n’est donc pas grand-chose au regard des centaines d’heures passées jusqu’à présent pour développer le plugin.

J’ai suggéré à ceux qui me pressuraient pour livrer une version compatible avec wordpress 3.0 de faire des dons. Je m’engageais à envoyer la nouvelle version à tous les utilisateurs faisant un don d’au moins 10€ . J’ai eu quelques dons. Une grosse dizaine en un peu plus de deux mois.

Ce qui a joué en ma faveur et forcé certains à donner, c’est que la version disponible sur wordpress.org n’était pas compatible avec wordpress 3.0 à cause de gros changements dans le core de WP. Du coup, ceux qui voulaient une version compatible ont dû faire un geste. En retour, je leur fournissais une version mise à jour (sachant qu’entre temps, j’avais aussi ajouté quelques fonctionnalités sympas).

Quels enseignements tirer de cette histoire ?

Tout d’abord que beaucoup d’utilisateurs de logiciels libres ignorent qu’ils ont à faire à des amateurs ou des personnes dont le support et le développement ne sont pas le métier principal. Ce sont souvent des passionnés.

Dans le cas présent, parmi les utilisateurs, nous avions à faire à des entreprises. Que représente 500€ pour une entreprise quand on sait que certains consultants spécialisés se facturent plus de 800€HT la journée. Tarif que bien des entreprises paient sans sourciller.

Evidemment, toutes les entreprises ne roulent pas sur l’or et certaines sont contraintes pour joindre les deux bouts d’utiliser des logiciels qu’elles ne paient pas. On notera au passage qu’il s’agit bien souvent de logiciels non libres.

C’est là toute la difficulté : faire payer ceux qui le peuvent. C’est possible, mais au prix d’un contrôle qui peut-être difficile à mettre en oeuvre. C’est un peu la quadrature du cercle qui peut laisser penser certains qu’il ne faut alors rien faire et que la gratuité doit donc s’imposer.

Pourtant, il n’y a pas de fatalité. En France, les statuts comme ceux des associations sont facilement accessibles. Placer un logiciel libre dans le cadre d’une association peut procurer bien des avantages. Ce statut offre des déductions fiscales pour les donateurs. Une démarche qui demande cependant à faire reconnaître par l’administration fiscale l’association comme d’intérêt général. Difficile aussi pour le développeur de tirer des revenus de cette association. Idéalement celle-ci doit être portée par la communauté des utilisateurs qui pourrait alors « payer » le développeur (extérieur à l’association) pour réaliser des évolutions.

Une idée que je jette comme cela sans avoir trop étudié les tenants et aboutissants. Je me base sur le modèle des AMAP qui soutiennent des producteurs locaux par les achats des membres de l’association. On pourrait appeler cela des AMIL : Association de Maintient de l’Informatique Libre. Un contrat entre des utilisateurs et le ou les créateurs d’un logiciel libre. Mais j’invente peut-être le fil à couper le beurre 🙂 !

Dommage aussi que des entreprises comme WordPress ne fassent rien pour ces milliers de développeurs. Nous passons tous par sa plate-forme et nous ne sommes même pas sollicités avant de télécharger un plugin pour faire un don. A charge pour le développeur d’introduire un bouton de don (Paypal toujours…) dans l’interface d’administration.

Je sais le sujet délicat et je vous demanderais de ne pas porter de jugement ad hominem à l’encontre d’Olivier. Il s’agit ici de s’interroger sur des pratiques et de discuter ensemble des solutions.

Certains droits réservés par stevendepolo

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

52 réponses

  1. Je travaille en tant que responsable de la localisation sur le logiciel libre d’aide à la traduction OmegaT. Nous avons mis en place un système de donations il y a à peu près un an.

    Il y a 1400 abonnés sur le groupe utilisateur, l’application est téléchargée ~ 5000 par mois sur SourceForge et est sur toutes les distributions Linux, elle est classée parmi les 200 plus actives de SF (avec une pointe en février à la 63e place).

    Les utilisateurs sont des traducteurs professionnels.

    Résultat des dons: une demi douzaine de personnes ont versé un total de 150 dollars. Une personne a promis 100 euros et va à priori les verser. Une autre a donné 600 euros.

    Mais le type de contributions ne s’arrêtent pas là. Nous avons aussi décidé d’autoriser les utilisateurs à financer des fonctions. Les développeurs étant bénévoles, ils travaillent sur les parties qui leur paraissent importantes. Si des utilisateurs veulent voir d’autres parties développées il peuvent se cotiser pour payer les développeurs.

    Ce type de contribution est surtout utilisé par les membres du projet non programmeurs. Par exemple, il m’est arrivé de demander ce genre de développement et de payer en échange. Le résultat étant placé sous GPL ma contribution permet à d’autres personnes de profiter de cet effort.

    Je n’ai pas les chiffres en tête mais je crois pouvoir dire que ce type de contributions a dépassé les 1000 euros.

    L’essentiel du développement (au sens large, localisation+documentation+aide utilisateur) est toujours bénévole et gratuit, mais il existe un autre projet, NeoOffice, qui ne fourni un support utilisateur qu’aux personnes qui ont versé $100 dans l’année.

    Une incompatibilité avec le Java Developer Preview fourni par Apple a fait que NeoOffice ne fonctionnait plus sur ma machine. J’ai payé $100, et en une semaine une mise à jour était publiée.

    Je pense que plus de développeurs devraient se mettre dans cette position: s’ils veulent des donations, ils doivent faire l’effort de montrer qu’il ne font pas tout gratuitement. Et les utilisateurs qui ne sont pas satisfait de la situation n’ont qu’a aller chez leur boulanger demander une baguette gratuite.

    Jean-Christophe Helary

  2. TomBous dit :

    Je suis complètement d’accord avec vous. Mais comme Jean le précise il y a des personnes pour qui faire des dons est compliqué. Prenons l’exemple de mon cas, je suis etudiant en éco gestion a paris 1 je gagne pas un rond si ce n’est 40 euros d’argent de poche. Bien sur je compte des que j’aurais des revenus effectuer des donnations (j’ai déjà des logiciels en tête). Bref tout cela pour dire que ce serait dommage de priver des personnes comme moi l’accès à certains logiciels… suffit juste d’attendre que ma generation arrive en age d’avoir les moyens ;).
    Je tiens a preciser que je participe d’une autre maniere que financierement a travers des traductions et en tant que bêta testeurs de plusieurs logiciels. Il faudrait en prendre en compte aussi.
    Pour finir je pense que la solution viendras des micros dons comme par exemple Flatrr et je suis étonné qu’il n’y ai pas deja un systeme de micros donation open source… pour donner un exemple concret je me surpris plusieur fois a acheter une applis 1 euros sur le market d’android.
    Ps: dslé pour les fautes j’ecris depuis un tel 😉

  3. Dnartreb89 dit :

    Article très intéressant.

    Je suis utilisateur du libre, plutôt pas mal sensibilisé.

    Je donne facilement quand les grands projets font des campagnes de dons (wikipédia, framasoft, etc.), mais je pense vraiment que les micros-dons peuvent améliorer cette problématique.

    Une solution libre gérant ces dons, se serait le pied. 🙂 Personnellement, je serait ravi de donner une somme raisonnable tout les mois sur x projet qui me parlent.

    Mais je ne me sens par vraiment représentatif de l’utilisateur lambda (peut être parce que je suis aussi AMAPien 😉 ). Et je suis parfois déçu de voir que même dans le GULL proche de chez moi, l’approche qui est retenue systématiquement pour présenter le libre, c’est que ça marche mieux et que c’est gratuit. Gratuit, gratuit …

    L’éthique du libre ne semble pas vraiment résonner chez la majorité des utilisateurs.

    Mais si déjà une solution efficace est proposée pour ceux qui ont assimilé que Libre = Liberté et que Liberté = Responsabilité, nous facilitant les micros-dons, cela donnera, je l’espère, l’exemple aux autres.

    La vie nous le dira. 🙂

  4. aubasmots dit :

    Le problème rencontré pour les programmeurs de logiciels libres, est le même pour la musique libre.

    Il suffit de voir par exemple sur « http://www.jamendo.com/fr/albums » le nombre de téléchargement d’une oeuvre, et le nombre de dons, pour constater qu’il y a un grave problème de survie de cette forme de « gratuité ».

    De toute évidence les « consommateurs » de ces produits, n’ont pas le réflexe du don.

    Je pense qu’il faut trouver un moyen de paiement plus simple et plus facile que ce qui existe actuellement.
    Par exemple, un paiement sous forme de points d’une valeur de 1 euro le point, que l’on pourrait acheter n’importe ou, par carte bancaire, chèque, paypal, ou en espèces.

    Et le jour on l’on veut faire un don il suffit de distribuer ces points simplement, sans passer par une transaction financière ce qui est toujours un peu rebutant.

    Je reste persuadé que le jour ou un tel moyen de paiement existera, les dons se feront beaucoup plus naturellement.

  5. dormomuso dit :

    Ce qui m’a étonné, c’est que je n’ai jamais donné directement par Paypal (via le web), mais que par contre je suis disposé à donner via le market d’Androïd, soit parce que certains logiciels en GPL n’y sont proposés qu’en version payante (pourquoi pas ? ça marche tant que personne ne propose une version gratuite, et c’est presque toujours le cas) , soit parce que le logiciel me plait tellement que j’ai envie d’acheter la version « donation » du logiciel (entre 1 à 5 euros en général).

    Pourquoi « que » sur le market. Je ne me l’explique pas. C’est rassurant. Centralisé. Accessible. Et la liste de mes paiements est clairement archivée.

    Je compte essayer flattr… Mais je pense que le développement des donations viendra des centralisations logiciels de Chrome, Firefox et Ubuntu (et peut-être même Mac et Windows, vu que tout le monde va se tourner vers le modèle apple Appstore.

    Paradoxalement le libre pourrait s’inspirer de ce qu’apple a fait de plus fermé. Etrange.

  6. Gilles dit :

    Cette situation n’est pas spécifique au logiciel libre. Ce dernier est simplement plus affecté que le logiciel propriétaire parce que la plupart des logiciels libres sont également gratuits.

    J’ai dans mon entourage le cas d’un développeur iPhone, qui pour se faire les dents, a créé une application d’excellente qualité, reconnue comme telle par ses utilisateurs, qui sont au nombre de plus de 60’000. Il n’a pas souhaité faire payer son application, elle est donc gratuite (mais non libre). Il se trouve confronté exactement au même comportement de la part de ses utilisateurs : Beaucoup d’exigence, mais peu de retour financier.

    Le comportement possible est cependant différent avec logiciel libre : Si le développeur ne souhaite pas faire évoluer son application, pour des raisons qui peuvent être financières, d’autres développeurs peuvent le faire à sa place; les utilisateurs peuvent eux-mêmes payer quelqu’un d’autre pour réaliser cette évolution. Ce comportement est tout simplement impossible avec du logiciel non libre.

    Loin de juger Olivier, je trouve son comportement assez sain. Il explique de fait à ses utilisateurs qu’un logiciel libre ne peut être gratuit qu’une fois qu’il a été payé. C’est indépendant de la passion du développeur, ou même de sa volonté de partage. La porte restait intégralement ouverte aux utilisateurs, qui avaient à leur disposition nombre de solutions alternative. Je crois même que ce type de fonctionnement peut renforcer (s’il en est besoin) la confiance qui existe entre développeurs et utilisateurs de logiciel libre. Les utilisateurs expriment leur confiance dans le développeur en utilisant, mais aussi en finançant de nouvelles fonctionnalités. Le développeur s’engage à mettre ces fonctionnalités à leur disposition. Le modèle est particulièrement intéressant.

  7. chris dit :

    Est ce que ce n’aurait pas été plus simple de faire une facture. J’imagine que faire un don pour une entreprise n’est pas très justifiable alors qu’avec une facture cela rentre dans la compte. Les entreprises qui veulent la mise à jour payent un montant. Le développement est fait. Puis les sources sont mis à disposition gratuitement mais après.

    Voila c’est juste une réfléxion …

    Faire un don c’est bien mais on se dit : les autres vont le faire …

  8. TuxMips dit :

    Bonjour,

    Et que dire de la fin bien triste de la distribution Mandriva où la version PowerPack n’a jamais été vraiment mise en avant et/ou la différence avec la version « One » beaucoup trop faible.

    D »ailleurs je suis persuadé (je prends l’exemple de mandriva) qu’une vraie version PowerPack de luxe « gold /platinium  » aurait du succès. Autour de moi quelques amis confondent complètement libre et gratuit et ne veulent pas installer de distribution Linux parce que en face il n’y a pas forcément un éditeur ayant pignon sur rue que l’on paye bien cher.

    Pour ces amis là il faut payer et signer/ accepter un contrat de 50 pages que l’on ne lit surtout pas.

    Mais voilà : ils payent. C’est donc fatalement du sur, du fiable.

    Et notamment parmi les idées que je propose, si un fork de la distribution mandriva devait voir le jour : une communauté proposant une distribution « libre. Ou tout dois se faire a la mano. Et une société commerciale proposant une version luxe gold/platinium chère. Avec une belle boite tape à l’oeil 🙂

  9. minimun dit :

    Bonjour,
    Article très intéressant, mettant en valeur, et de manière pédagogique, une expérience particulière. Pour ma part je ne crois pas qu’il faille à tout prix rechercher « le » modèle économique du logiciel libre. Car LogicielS LibreS s’écrit au pluriel. C’est donc également au pluriel que sont les modèles économiques. Depuis le « Software As Service » jusqu’aux fondations permettant aux développeurs qui se contrefoutent du rapport à l’argent d’avoir une infrastructure (et parfois plus : un état d’esprit, comme chez Debian), en passant par ce que décrit ici, soit une « fonction as service » (celle ci rejoignant le vieil adage « un logiciel est payé une fois »)

    On parle beaucoup de Canonical et du mal qu’a fait cette société en faisant croire qu’une distribution de calibre professionnelle était totalement gratuite. Moui, ok, c’est vrai que Canonical, avec Ubuntu a largement participer à la confusion « libre-gratuit ».

    Mais c’est peanuts il me semble face à l’ignominie de Apple (et de Google dans une moindre mesure) : les développeurs indépendants (au délà pas de salut, déjà…) PAYENT pour pouvoir donner (!) ou vendre leur logiciel aux utilisateurs. Nous avons atteinds là un summun dans la betise. Le bénéfice partagé entre l’entreprise éditant le système et le développeur indépendant devrait largement couvrir les frais de la plateforme de diffusion.

    Au passage, espérons que très rapidement Google reviendra sur cela, mettant encore une claque à Apple.

    Mais il y a là quelque chose de pertinent il me semble : le fait que le market distribuant les binaires vende finalement, concretement, un service (plus ou moins théorique, c’est un autre sujet). En tant qu’utilisateurs de logiciels libres j’ai avant apprécier le principe de « relecture par les pairs ». J’apprécie également l’assurance d’avoir un code propre, vérifié et validé. Enfin j’apprécie le mode de distribution centralisée des binaires, et ces derniers signés…

    En résumé, il faut laisser tomber rpm et deb (ça c’est du troll de compet’) pour tuer « les gens comme moi »… Soit conserver les cvs/svn/mercu/clearcase/Git (heu pas clearcase :p) et éliminer les étapes intermédiaires. Des sources aux binaires, le vide intersidéral… Soit t’es dev et tu peux lire, relire et participer. Soit t’es wannabe et tu t’accroches, soit t’es utilisateur : et là tu prends le service « livraison binaire ».

    Ce « modèle » bien que sayant à une distribution n’est pas non la panacée ou la réponse. Il reste le délicat équilibre entre « être une distribution » et « devenir un centre de développement majeur ». On ne devient pas RedHat ou SuSe en deux ans…

    Car pour moi, pourquoi paierai je une distribution (qui n’est pas un centre majeur de dev) alors que je peux donner à : 1.GCC – 2.Glibc – 3.Kernel – 4.Xorg – 5.Kde – 6.Vlc – 7.Digikam si cette distribution n’est pas un élément au moins participant si ce n’est pas majeur, de ces composants ? Car il est certain qu’acheter un « service binaire » à une « distribution » n’est pas la garantie de pérénité (tant que celle ci n’est pas devenue un centre de dev majeur). Donc aux services « binaire », évérification » et « signature », il me semble intéressant d’y ajouter un service de « protection juridique ». Celui ci à de plus le bon goût de servir autant les utilisateurs que les développeurs.

    Voilà, mes deux cents, livré à brule-pourpoings.

  10. makidoko dit :

    Très intéressant comme réflexion, mais je ne partage le qualificatif de « délicat » que tu attribue au sujet.

    Ca n’est pas un sujet délicat, mais un sujet primordial, on oublie souvent le motto « free as in ‘free speech’ not as in ‘free beer' ». Celà relève de l’éducation des utilisateurs du libre et de leur prise de conscience du mouvement et sa survie.

    Il faut aussi prendre en compte certains comportements (comme le mien) qui consistent à donner sur certains projets représentant une utilité journalière, et d’autres utiles très ponctuellement auxquels on ne donne pas. Pourquoi? parce qu’on attend de voir, et qu’au final on « oublie ». Je ne considère pas que c’est la bonne méthode, c’est pourquoi je rêve d'(un) Appstore(s) qui permettai(en)t d’aller piocher et rétribuer dans un seul mouvement.

    Le libre doit impérativement s’affranchir de ses complexes vis à vis de l’argent. Ce système d’Appstore permettrait pour ceux qui souhaitent soutenir activement le libre de le faire sans jamais plus « oublier » ou négliger son geste de rétribution, et celà n’empêcherait pas pour autant (licence libre oblige) d’autres d’aller s’approvisionner gratuitement ailleurs.

    Et si ce système pouvait apporter une substancielle manne financière au monde libre, je pense que nombre de projets pourraient ainsi évoluer beaucoup plus vite qu’ils ne le font jusqu’à présent.

  11. Galuel dit :

    « Si des utilisateurs veulent voir d’autres parties développées il peuvent se cotiser pour payer les développeurs.

    Ce type de contribution est surtout utilisé par les membres du projet non programmeurs. Par exemple, il m’est arrivé de demander ce genre de développement et de payer en échange. Le résultat étant placé sous GPL ma contribution permet à d’autres personnes de profiter de cet effort. »

    Oui ! Finalement n’est-ce pas ce qui a fonctionné pour « Diaspora » ? Encore non développé, les initiateurs proposent de mettre en place un réseau social libre, et demandent d’atteindre un niveau de don pour le faire… Et hop ça marche ! 200 000 $ d’investis !

    Il y aurait alors un processus tout à fait intéressant à prendre en compte : on peut recevoir des dons sur des PROPOSITIONS de développement, et non pas sur des développement DEJA FAITS !

    Après tout n’est-ce pas là le mécanisme de la demande et de l’offre ? Concernant le libre ça me paraît tout à fait justifié comme mécanisme.

    Mais par ailleurs personne ne s’endettera pour faire des dons ! Donc le problème de la monnaie dette en tant que mécanisme fondamental de la monnaie est là encore à remettre en question pour développer une monnaie compatible avec ce type de croissance !

  12. minimun dit :

    Intéressant.

    alors il faut que cela soit carré.
    Pour ma part pas question de donner un centime à un projet pur si ce projet ne s’engage pas sur des chiffres précis et ettayés d’une part, et d’autre part s’il ne s’engage pas à reverser àa la fsf ou la lifo la somme obtenue si cette dernière ne permet pas le developpement.

  13. Philippe dit :

    Super et merci à tous pour vos contributions, j’ai de quoi écrire une thèse avec vos commentaires sur ce sujet 🙂 . Ca méritera un article de synthèse !

  14. Mr Jmad dit :

    Un sujet plus qu’intéressant et polémique.

    J’avoue être surpris par l’amalgame qui est bien souvent fait dans la tête des libristes à base de ‘libre ca veut dire gratuit’

    Je me suis pris le bec assez souvent avec des libristes qui défendaient la position du ‘on doit pas faire d’argent avec le libre, c’est mal’. Opinion que bien entendu, je ne partage pas.

    Mais pour revenir au sujet principal, les développeurs de projet libre, lorsque leur implications commencent à être importante se retrouve avec le même problème que les entreprises qui font du libre, à un degré moindre, on est d’accord, mais ça reste le même problème. ‘comment générer de l’argent ?’

    Pour les entreprises c’est pour pouvoir payer leurs salariés, investir sur de nouveau devs, etc ..

    Pour les développeur autonome ça peut être pour payer le serveur / hébergement ou simplement rémunérer un peu du temps que l’on passe à coder un projet (ce qui ce conçoit parfaitement et que je trouve logique, on peut vouloir avoir un retour en espèces sonnantes et trébuchantes, même symbolique, après avoir passé des dizaines d’heures à coder un projet libre).

    Mais dans tout les cas, le problème est là.

    Effectivement il y a les dons. Mais, et là je suis peut-être pessimiste, mais je n’ai jamais cru aux dons, trop peu de gens donnent au final …
    Après il y a les micro paiement, à la flattr, là j’y crois beaucoup plus (et j’utilise flattr d’ailleurs). Le principal étant d’avoir un système facile qui permet de ne pas avoir à sortir sa carte bleue / son compte paypal à chaque fois. Ce qui implique d’atteindre une masse critique d’utilisateur (flattr en est pas encore là).
    La mutualisation de code, (que l’on utilise beaucoup nous au boulot) est un excellent levier de rémunération. Surtout quand son logiciel est utilisé par des entreprises. Si une entreprise est pas capable de fournir quelques centaines d’euros pour avoir de nouvelles fonctionnalités qui lui en feront gagner quelques milliers … tant pis pour elle …

    Il y a plein d’autres solutions, mais mon commentaire est vraiment déjà très long.. En fait j’ai bien envie d’écrire un billet sur le sujet …

  15. feufollet dit :

    J’aime bien l’idée « AMIL » et j’aimerais bien savoir si ça existe 🙂

    Ça rejoint plusieurs idées évoquées dans les commentaires :

    On pourrait centraliser la donation par un portail listant les projets libres / open-source, les organisations etc. Et pourquoi pas y inclure un volet pour les organisations et associations à buts humanitaires. (Ça renforcerait l’idée que l’altruisme peut être soutenu, et qu’il réside en bien des disciplines).

    On pourrait alimenter un compte par divers moyens (micro-payement, paypal, carte…) qui ferait une conversion en « crédit point » comme l’évoquait aubasmots.
    L’attribution des points pourrait se faire de plusieurs manières concurrentes comme par exemple :
    – Manuellement, à chaque projet identifié ou découvert ; que ce projet soit ou non entamé (déjà effectif quoi).
    – Aléatoirement. L’utilisateur attribue un nombre de points qui seront distribués au grès du hasard. (On peut même imaginer qu’il définisse des préférences et que l’algo en tienne compte).
    – Par « Abonnement » lorsque l’utilisateur souhaite donner cycliquement. Cela pourrait générer une liste de projets qu’il a pour habitude de soutenir… il n’aurait qu’à valider et/ou ajuster les montants.

    Un truc du genre quoi.

    Ce portail serait accessible à tous projets dès lors qu’ils s’engagent sur des questions soulevées par minimun. Une liste d’organisations pourraient être bénéficiaires des trop-perçus et dons avortés par exemple.

    Bref, avec un minimum d’organisation je suis convaincu que c’est la solution qu’il manque au secteur du libre pour fonctionner plus simplement sur le modèle du don.
    C’est pratique pour tout le monde, l’utilisateur comme les porteurs de projets.

    D’ailleurs je pense que ça pourrait aussi permettre de faire des dons aux artistes libres. Qui sont par définition porteurs de projets libres 😉

    Ceci dit ça existe peut-être déjà ? Il y a peut-être déjà une trame de projet en ce sens ?

  16. Dnartreb89 dit :

    Un portail pour gérer nos dons, perso, j’adhère complétement.

    Évidement, techniquement et éthiquement, avant de pouvoir mettre ça en place, ya de quoi discuter ! 🙂

  17. Philippe dit :

    @ feufollet, @Dnartreb89 : c’est déjà un peu ce que fait Flattr (voir en bas de mon article le lien) même s’il ne va pas aussi loin que le cahier des charge de feufollet et qu’il ne régle en rien le problème de base soulevé par Galuel

  18. Philippe dit :

    @feufollet : « J’aime bien l’idée “AMIL” et j’aimerais bien savoir si ça existe Pas à ma connaissance. Mais dés que j’aurais plus de temps, je tenterais l’expérience probablement. A suivre…

  19. Galuel dit :

    @Mr Jmad

    Je te cite : « ‘comment générer de l’argent ?’ »

    Bon, alors cette question doit se poser globalement, en regardant comment marche toute l’économie :

    1) Comment l’Etat « génère de l’argen » étant donné sa dette de 1500 milliards d’euro, et un budget autour de 300 milliards en déficit ?

    2) Comment les grandes entreprises « bénéficiaires » font-elles pour générer du cash quand leur plus gros client c’est l’Etat, pourtant fortement endetté ?

    3) Comment les entreprises moyennes font du cash, alors que leurs plus gros clients sont les grandes entreprises ?

    4) Comment se fait-il que la totalité de l’argent en circulation en zone euro, 10 000 milliards égale la somme des dettes des Etats de l’Union ?

    Si tu fais un prêt à ta banque, tu auras du cash que tu pourras donner aux libristes, il n’y a donc pas de problème, il suffit que tu fasses un prêt pour amorcer la pompe ! Pourquoi ne le fais-tu pas ? Si tu ne le fais pas, d’où viendra l’argent ?

    Quel est le circuit de la monnaie, si la somme des dettes égale la monnaie en circulation ? Revient-elle à son point d’émission, ou bien s’échappe-t-elle ? Dans le deuxième cas, que se passe-t-il pour ceux qui sont endettés ?

    Un système ainsi construit permet-il une génération d’échanges de valeurs symétriques entre citoyens, ou bien est-il une trappe à concentration de valeur inévitable sur le long terme ?

    Autant de questions passionnantes à résoudre !

  20. joan dit :

    À mon avis le problème vient de la dilution des responsabilités.
    – Pourquoi je ferai un don alors que mon voisin n’en fait pas et obtiens la même chose ?
    – Si je ne le fais pas quelqu’un d’autre le fera…
    – Il y a un bug, j’espère que quelqu’un va le corriger. En tant qu’utilisateur ce n’est pas mon domaine…

    Pour une entreprise c’est encore pire. Oui elle peut se dire qu’elle contribue au logiciel qu’elle utilise, mais en faisant un don, elle contribue aussi au logiciel que ses concurrents utilisent. Donc son intérêt final est bien mitigé quand même.

    Un logiciel proprio, la norme sociale est de le payer. Il faut dépenser de l’énergie pour l’avoir gratuit (piratage).
    Un logiciel libre, la norme est de l’avoir gratuit. Il faut dépenser de l’énergie (et de l’argent) pour le financer.

    Pour revenir au sujet de l’article, le plug-in était-il toujours libre dans sa version envoyée aux donateurs de 10€ ?
    Càd: est-ce que les récipiendaires de cette version pouvait la rediffuser sur internet pour 0€ ?
    Si non le logiciel n’était plus libre, si oui, le prix correspondait finalement à l’exclusivité.

  21. Mr Jmad dit :

    @Galuel concernant ta question : « Si tu fais un prêt à ta banque, tu auras du cash que tu pourras donner aux libristes, il n’y a donc pas de problème, il suffit que tu fasses un prêt pour amorcer la pompe ! Pourquoi ne le fais-tu pas ? Si tu ne le fais pas, d’où viendra l’argent ? »

    je l’ai fait 🙂 Bon je triche, j’ai fait un prêt pour pouvoir avec des potes monter une boite qui fait du libre. Mais n’empêche que donc oui, j’ai amorcé « une pompe ».

    Mais tu n’es pas obligé de faire un prêt pour donner des sous pour un plugin firefox. Comme une entreprise a pas besoin de se saigner aux quatres veines pour donner 500 euros pour X heures de dev sur un plugin qu’elle souhaite avoir.

    Et sinon oui, je pense qu’on peut avoir des échanges « symétriques » entre utilisateurs. Je met symétrique entre «  » parce que si en temps que personne, je ne produit rien du tout, je ne vais bien entendu, rien recevoir.

    @joan, concernant la dilution des responsabilités. C’est un argument d’enfant de
    primaire (je parle de ceux qui utilisent pas de toi). Mais c’est vrai que bien souvent c’est comme ça que raisonne les gens. Faut peut être les renvoyer à l’école … 🙂

    Sinon, je pense qu’il faut pas partir sur ton hypothèse de logiciel proprio / libre.

    Mais plutôt partir sur ‘le travail bien fait, la norme c’est de le rétribuer à sa juste valeur et/ou en fonction de ses moyens’.

    Concernant l’article, je pense que le plugin est toujours libre. Les gens qui donne pour le plugin ont juste le plugin tout de suite (et non pas à attendre qu’il soit sur la plateforme de wordpress). C’est donc même pas de l’exclu, juste une sorte de early access.

  22. Olivier dit :

    Alors pour répondre aux questions sur la licence, le plugin est sous lience GPL. Et je pense qu’il le restera. Peut être que je passerai en split GPL à un moment pour protéger ce qui est protégeable (code AJAX/JS, images et CSS) et restreindre ainsi la distribution mais pour le moment c’est du 100% GPL.

    Une personne pourrait donc dans la situation actuelle tout à fait s’amuser à distribuer gratuitement sur Internet une version payée 10€. Maintenant, je peux te dire que si quelqu’un s’amuse à cela, je ne suis pas sûr d’une part de continuer avec une licence 100% GPL et d’autre part je deviendrai très restrictif sur le support et les évolutions qui ne seront alors plus réservées qu’à ceux qui payent pour une version premium et la version light gratuite ne contiendra pluz que des fonctionnalités basiques, les autres étant retirées et réservées à la version premium.

    Un logiciel libre n’est pas un logiciel gratuit. Ce n’est pas la norme. Je n’ai pas de statistiques sur la quantité de logiciels libres gratuits par rapport aux logiciels libres payants mais on ne peut pas parler de norme. Je comprends bien que certains souhaiteraient imposer cette habitude injuste (et notamment WP en empêchant aux plugins payants d’apparaître sur le repository) mais c’est oublier un peu trop vite que des gens ont travaillé parfois des centaines d’heures sur un plugin. Moi j’évalue ça à 400 heures de boulot sur une année. Si j’avais été payé au taux horaire de 100€ que je pratique pour les développements, j’aurais touché 40K€. Voilà la réalité. Et maintenant, beaucoup voudraient payer 0€ pour un logiciel qui a coûté 40K€ à développer.

    WordPress devrait plus soutenir les développeurs car ce sont eux avec les plugins et les themes qui font la puissance de cette communauté et donc de WordPress.

    On dit souvent beaucoup que donner, c’est recevoir. Quand tu donnes pour un logiciel libre, c’est parce que tu as reçu en échange un logiciel ou un support qui t’a apporté quelque chose de positif, t’a rendu un service. En fait, quand tu ne donnes pas, cela revient un peu à prendre un produit gratuitement dans un magasin sans passer par la caisse sauf tu ne voles pas le logiciel mais tu ne contribues pas à son développement.

    Quel est le meilleur modèle pour le libre? Que les gens fassent des dons spontanément ce qui motivera le développeur à ajouter des fonctionnalités ou faire des versions premiums payantes pour forcer les gens à contribuer? Moi je préfère la première version qui laisse chacun libre de donner ou pas, le problème, c’est que très peu donnent car ils se disent à tort : « d’autres donneront pour moi » et se donnent ainsi bonne conscience.

    Je vais prendre une comparaison pas forcément appropriée mais très parlante : le téléthon. Les gens donnent car ils voient les projets qui sont réalisés et ils savent que c’est important de donner car les financements pour la recherche sont rares sinon. La force réside dans la consolidation des dons vers un objectif commun. Et bien là c’est pareil, les utilisateurs devraient se dire qu’en donnant ne serait-ce qu’un euro par plugin téléchargé, ce n’est pas grand chose mais au final, avec plus de 13.000 téléchargements, cela finit par faire pas mal. Alors pourquoi ne pas donner un euro à chaque téléchargement? Sur WATS, cela fait 50€ au final si on a téléchargé toutes les mises à jours, c’est pas la mer à boire et on arrive à avoir un plugin avec plein de fonctionnalités avancées.

    Donc je milite pour un Appstore pour les plugins WP avec un micro paiement pour les versions ou un paiement annuel réccurent. Qu’en pensez vous?

    Sinon une autre solution sera de mettre des fonctionnalités aux enchères, chacun pourra donner et dès le montant fixé atteint, je développerais la fonctionnalité. C’est une autre possibilité.

  23. Philippe dit :

    « mettre des fonctionnalités aux enchères ». je pense que c’est une très bonne idée. Une façon aussi d’animer la communauté des utilisateurs, les faire discuter sur le contenu fonctionnel, etc…. Un point qui est important d’une manière générale mais encore plus avec les logiciels libres je pense.
    Gardons aussi en mémoire le cas Diaspora et sa récolte de dons assez invraisemblable. Je continue de penser qu’il n’y a pas de fatalité y compris dans notre mode de « dysfonctionnement » actuel (cf les commentaires de Galuel)

  24. Zoupic dit :

    Merci Philippe pour ce passionnant sujet.

    3 éléments différents se mixent et s’entrelassent dans ton exemple concret, mais c’est tout aussi vrai pour beaucoup d’activités numériques:

    – Investissement en temps et en savoir
    – Libre
    – Gratuit

    L’investissement en temps et en savoir
    Par la passion ou animé par un besoin quelqu’un investit son temps pour résoudre un problème ou coder une solution.
    Super.

    Libre
    Par la générosité et l’envie de partager, il ne souhaite pas mettre de brevet afin de diffuser sa solution avec tous ceux qui ont le même problème.
    Super.

    Gratuit
    Dans la limite de ses possibilités, cette personne ne le fait pas payer, mais il arrive un moment où l’investissement demande un retour, « tout travail mérite salaire », dans le monde où nous vivons nous avons tous, à différentes échelles, besoin de retour.
    Là où ça coince.

    Comment sensibiliser, stimuler, encourager le don?
    Alors que le partage du code et du produit fini (surtout dans le numérique) ne coûte presque rien, ce serait un gâchi immense de ne pas le partager, à condition que celui ou ceux qui y travaillent puissent être couverts pour leur frais, sans quoi le projet s’arrête.
    Alors donner devient un équilibre entre « si je le fais pas quelqu’un d’autre le fera » et « si personne le fait le service s’arrêtera ».
    C’est bien là que nous entrons dans une responsabilité commune de couvrir et de remercier ceux qui travaillent pour les projets qui nous servent.

    J’aime beaucoup les idées de personnes qui souhaitent rassembler des sommes pour libérer les droits et mettre dans le domaine public les CDs de musique classique (par exemple). Crowd funding pour OUVRIR aux communs. Alors que l’économie traditionnelle vit et encourage la raréfication de l’accès, des ressources, il s’agit ici de libérer et placer sous licence GPL un maximum de savoir, code, licence, brevets qui ne pourront plus retomber dans les mains du privé.

    Dans tous les cas, au niveau de la rémunération, nous sommes encore bien bloqués par paypal, les banques et notre rapport à l’argent rare. Flattr règle une partie de ce problème en fixant une somme limitée transformée en une infinité de clics qui divisent au final la somme choisie.
    Puisque les codeurs open source oeuvrent pour les communs, ils devraient être subventionnés par l’Etat tant qu’ils continuent de partager leur code qui servent à tous. On en revient à la SARD et aux recherches de modèles de répartition d’aides.

    A titre personnel j’aimerai faire un voyage-documentaire pour rencontrer les communautés qui ont créé des monnaies complémentaires. J’ai cherché des moyens de financement et je dois trouver, sans emprunter, comment remercier et apporter un retour sur la valeur à ceux qui m’aideront, la meilleure solution que je vois est d’utiliser des licences Creative Commons qui partagent les droits non pas avec les seuls investisseurs mais avec tous. En faisant ça les investisseurs ne font pas que servir mes intérêts ou les leurs mais bien ceux de tous.

    Ainsi soit par l’intervention de l’Etat, soit par petits groupes nous pouvons financer et libérer un maximum d’oeuvres, de travaux et de produits pour permettre à l’Humanité d’en bénéficier.

    Ce qui s’applique d’abord à l’immatériel réplicable à l’infini finira par arriver sur le matériel tôt ou tard.

  25. Galuel dit :

    L’investissement en temps et en savoir

    Par la passion ou animé par un besoin la collectivité a investit son temps pour résoudre un problème et coder une solution pour permettre les échanges : la monnaie, qui le produit d’un code pur, sans aucun lien matériel depuis 1971.

    Super.

    Libre

    Par l’absence de générosité et l’envie de ne rien partager, la collectivité a verrouillé un brevet afin de limiter sa solution à ceux qui ont bâti ce code.

    Super.

    Gratuit
    Dans une mesure illimitée, ceux qui tiennent le code monétaire en font payer l’usage. “tout travail mérite salaire”, dans le monde où nous vivons nous avons tous, à différentes échelles, le retour via l’intérêt et les taxes aux détenteurs du code monétaire est total et absolu pour avoir accès à la monnaie.

    C’est là où ça coince.

  26. Alain Raynaud dit :

    Ayant une longue experience dans ce domaine, je suis arrive a la meme conclusion: le don ne marche pas.

    On a beau souhaiter une certaine purete de l’esprit open source, en pratique, le consommateur met la main au portefeuille quand il y est oblige. Les prix peuvent etre tres attractifs (1 euro pour une application iPhone), ce qui evite de se poser longtemps la question. Mais l’acte d’achat repond a un besoin. Si ce besoin peut etre assouvi de maniere gratuite, en telechargeant la version « free », 99% des gens le feront.

    Le probleme de l’open source est que si l’on peut certes le faire payer en theorie, en pratique, c’est impossible car des qu’on rencontre un peu de succes, un joyeux (jalou?) offre une distribution gratuite.

  27. Galuel dit :

    @Alain Raynaud

    Pourtant le succès énorme des dons pour Diaspora (200 000 $ obtenus au lieu des 10 000 $ initialement demandés) contredit ce raisonnement.

    Aussi demander des dons pour un développement « à faire » plutôt que pour un développement « déjà fait » semble bien fonctionner.

    Effectivement, concernant un développement « à faire » le besoin ne peut pas être assouvi en copiant ce qui existe, puisque ça n’existe pas !

    Ca me semble donc une voie très intéressante. D’autant plus, et c’est un point non négligeable que ça permettrait aux utilisateurs d’orienter les choix de certains développements par des dons plus importants (par exemple rendre Ubuntu parfaitement ergonomique, en faisant en sorte qu’on ait plus besoin de cette $£%%ù#!! de ligne de commande…)

  28. Philippe dit :

    @zoupic : Ce qui s’applique d’abord à l’immatériel réplicable à l’infini finira par arriver sur le matériel tôt ou tard. Je ne suis pas sur du tout que l’on puisse appliquer au bien matériel les mêmes principes qu’aux biens numériques. Il y a la limite physique. On le voit avec tout les problème que posent les biens physiques en matière d’environnement et de surconsommation des ressources. On a fini de consommer notre quota annuel de Terre cet été… On vit à crédit depuis…
    @galuel : Pour les nouvelles fonctionnalités je vois bien. ils pourraient proposer des nouvelles fonctionnalités et les coder quand elles auraient atteint un certain montant de don fixé à l’avance. Reste à voir le financement de la maintenance de l’application (la correction des bugs). De ce point de vue là, on peut se dire que c’est la communauté qui prend en charge cette tâche… Il y a là un modèle intéressant pour le LL. Il correspond bien en plus au principe de ne payer qu’une seule fois le logiciel : pour le faire.

  29. Debater Reentering dit :

    Je suis d’accord qu’il y a un problème du côté des utilisateurs, mais il faut aussi se donner la peine de faciliter le don, p.ex., oui, avec un bouton PayPal, plutôt bien en vue!

    Je fais partie des utilisateurs qui font de temps en temps un (tout) petit don. Il m’arrive relativement régulièrement de vouloir laisser 10 pièces ici ou là et de me rendre compte que le développeur/auteur/artiste/organisation n’a pas PayPal, a PayPal mais avec une limite inférieure trop haute à mon goût, envoie systématiquement un objet quelconque dont je ne veux pas (il m’est réellement arrivé de ne pas donner pour cette raison), etc. Simplifiez-nous le don!

  30. Galuel dit :

    @Philippe

    Je pense que le principe pourrait être fondamentalement identique pour les bugs ! Les utilisateurs pourraient donner pour améliorer en priorité tel ou tel logiciel en fonction de l’usage qu’ils en font…

    Ce serait de plus une possibilité d’optimiser développement et maintenance, puisque la communauté de codeurs verrait ainsi directement les projets les plus monétisés comme étant prioritaires d’un point de vue utilisateur.

  31. Mr Jmad dit :

    Bon plutôt que d’écrire des romans, encore une fois, dans les commentaires, j’ai fini par me décider à écrire un billet sur le sujet

    http://j-mad.com/blog/2010/09/18/monetiser-un-projet-libre-ou-comment-faire-payer-les-utilisateurs/

    et aussi

    @galuel j’aime bien ton idée, mais ne tomberait-on pas dans un travers qui serait la ‘fuite des devs’ des projets pas du tout monétisés vers les projets monétisés ?

  32. Philippe dit :

    @Mr Jmad : si cette pratique se généralisée, des projets pas monétisés ne seraient-ils alors pas synonyme de projets pas utilisés ?

  33. Galuel dit :

    @MrJmad

    SI, et seulement SI, la monnaie est créée sur la base de l’individu, et non pas par résonance sur les valeurs monétisées, ALORS, les projets recevant des dons, représenteront peu ou prou un volonté responsable des utilisateurs d’investissement dans des projets utiles de leur point de vue.

    Que donc cela produise un effet directionnel sur le développement et la maintenance est une évidence, mais n’est-ce pas quelque chose qui semble justifié du point de vue de l’usage ?

    Si par contre la monnaie est créée par résonance sur la valeur, alors des fuites en avant de développements abscons ou redondans et inutiles seront légion dans ce type de système, comme c’est déjà un peu le cas actuellement sans doute…

    Ceci étant dit rien n’empêcherait le développement de projets non monétisés, et j’ai envie d’ajouter qu’on a pas à choisir pour les développeurs ni à juger de leur choix d’aller vers ce qui paye plutôt que vers ce qui ne paye pas.

    La question est donc fondamentalement fonctionnelle (pour le choix de développements) et éthique (quel type de monnaie compatible avec un développement utile pour le plus grand nombre d’utilisateurs ?).

  34. Mr Jmad dit :

    @philippe

    ou de projets très très pointus avec un très faible nombre d’utilisateurs qui ne pourraient pas le monétiser autant qu’un projet star.

    @galuel

    Effectivement préjuger des choix des développeurs n’est pas forcément une bonne idée. Ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent

    Quand au type de monnaie. l’avantage d’une monnaie réelle, c’est que c’est simple à mettre en oeuvre. L’avantage d’une ‘monnaie virtuelle’ c’est qu’on peut jouer sur ses modes de fonctionnement (une monnaie qui perd de la valeur si elle n’est pas utilisée, etc etc .. )

  35. Ignace72 dit :

    Bonjour,
    Je suis effaré par ce que je lis.
    Un contributeur du logiciel libre qui ne connait pas la différence entre le libre et le gratuit !
    Et en plus ce monsieur fait du chantage pour la nouvelle version.

    Si le libre le gène, pourquoi ne passe t’il pas en licence privative.
    Peut’être l’envie d’avoir le beurre et l’argent du beurre.

  36. Philippe dit :

    Effaré est peut-être un peu fort non ? On a ici un cas bien classique du malaise du développeur de logiciel libre qui n’a pas forcément « pensé » à toutes les conséquences de là où pouvait l’amener un simple bricolage (au début du moins) et au bout d’un moment se retrouve avec un logiciel utilisé par pas mal de monde. Ce pas mal de monde se fichant de savoir à qui il a à faire et voulant aussi le beurre et l’argent du beurre.

  37. Ignace72 dit :

    Salut,
    Où est donc cette version compatible avec WP 3 ?
    Elle était pourtant promise pour le 31 juillet.
    Pourquoi donner de l’argent à une personne qui ne respecte pas sa parole ?
    Et si cette version est distribuée, elle ne respecte donc plus la licence GNU/GPL v.3.
    Si ce monsieur n’a pas pensé, c’est les utilisateurs qui doivent l’assumer.
    Son logiciel étant sous licence GPL, qu’il ne s’étonne pas si quelqu’un sort une version compatible WP 3 avant lui et là il pourra s’assoir sur les dons qu’il n’aura plus.
    Qu’on ne me demande pas de plaindre un développeur qui ne s’estime pas responsable de ses mauvais choix.

  38. Philippe dit :

    Olivier viendra répondre précisément s’il le souhaite.
    Sur le principe, rien n’empêche de faire payer une somme pour livrer un logiciel sous licence GPL. Rien n’empêche celui qui l’a acheté de le diffuser gratuitement par la suite, la licence le permet. Mais pour voir cela pratiqué dans la communauté Joomla (les plugin sous licence GPL sont souvent vendus) on a pas vu pour autant apparaître de sites spécialisés dans la libre distribution de ces plugin payant mais libre. C’est une forme de respect pour le travail des développeurs de ces plugins il me semble.
    Un autre modèle serait de ne libérer un logiciel qu’une fois son développement payé ou une fois les fonds nécessaires à son développement rassemblé (comme Diaspora par exemple).
    Autre remarque sur le fond, personne n’a développé une version compatible du plugin WATS. N’importe quel utilisateur (et il y a des entreprises dans le lot) aurait pu se payer un développeur pour le faire. Et pourtant personne ne l’a fait. Quelle conclusion en tirer ? Tu t’en prend au développeur, mais que penser des utilisateurs ?

  39. Ignace72 dit :

    Les sources doivent êtres libre d’accès même si la dite version est vendu.
    Sur la page du greffon, le développeur fait le mort.
    Pourtant des donateurs on cru à la parole d’une nouvelle version pour le 31 juillet.
    Pourquoi donner à un sans parole ?
    Le respect marche dans les deux sens.
    2 mois et 1/2, ce n’est pas long pour une reprise de développement.
    Pour exemple il suffit de regarder Gqview et Xfree86 par rapport à Geeqie et Xorg.

    Je me prends au développeur car c’est lui qui a choisis la licence GNU/GPL et le système de donation.
    Alors qu’il s’en plaigne après …
    C’est comme un pompier volontaire qui se plaindrait de ne pas avoir de salaire !

  40. Ignace72 dit :

    Et j’oublie un truc, redonne-t’il un pourcentage des donations aux 3 traducteurs ?
    Personnellement, j’en doute.

  41. Olivier dit :

    @Ignace72 :
    J’ai hésité à te répondre et puis je me suis dit que ta mise en cause était tellement lourde et absurde que je ne pouvais pas te laisser avancer ce que tu dis sans réagir. On est à la limite de la diffamation…

    Je ne vais pas polémiquer avec toi mais juste te répondre par des faits. Je me suis engagé début juillet à publier une nouvelle version pour le 31 juillet SI d’ici là, j’avais reçu 500€ de dons.

    Au 31 juillet, je n’ai pas reçu les 500€ de dons, preuve qu’il n’y avait pas dans la communauté un intérêt suffisamment motivé pour une nouvelle version.

    Du coup, conformément à mon engagement, je n’ai pas livré de nouvelle version. Si j’avais reçu les 500€ au 31 juillet, j’aurais livré la nouvelle version.

    Alors avant de mettre en doute ma parole, je te suggère de te renseigner un peu mieux…

    Pour répondre à ta question, les gens donnent pour obtenir la nouvelle version. Je l’ai envoyé à toutes les personnes qui ont fait un don raisonnable (et ce en dépis du fait que la somme des 500€ n’ait pas été atteinte).

    Tu as raison quand tu dis que le respect marche dans les deux sens. Tu serais bien éclairé de respecter mon travail plutôt que de mettre en cause mon attitude que tu ne peux pas comprendre puisque tu n’es pas dans ma situation et que tu ne fais pas d’effort particulier pour t’y projetter. J’ai passé plus de 400 heures à développer ce logiciel. Et au bout de ces 400 heures, la seule chose que certains trouvent à dire pour me remercier, c’est : « tu es gonflé de ne pas fournir une nouvelle version gratuitement, tu n’as pas de parole ». On pourrait trouver mieux pour remercier et motiver non?

    Je te signale quand même juste pour ton information que le plugin est utilisé sur plus de 300 sites et a été téléchargé plus de 14.000 fois donc 500€, c’était vraiment pas la mer à boire.

    Pour les traducteurs, le deal est qu’ils bénéficient d’un certain nombre de backlinks de pages avec un haut PR. Cela leur permet en outre d’avoir un système dans leur langue. Je ne force personne à faire une traduction donc chacun fait ce qu’il veut à son rythme contrairement à certains qui voudraient me forcer à bosser gratuitement à leur rythme. Moi j’ai réalisé la traduction française et anglaise pour mes besoins. Ceux qui veulent faire d’autres traductions peuvent le faire pour répondre à leur besoin mais il n’y a aucune obligation, je ne demande rien à personne, c’est une démarche volontaire de chaque traducteur. Il m’est arrivé par le passé de faire des traductions de plugins parce que cela m’intéressait d’avoir une version dans ma langue, je n’ai pas pour autant écris au développeur pour lui dire : « je veux 10% de tes dons ». Il ne m’avait rien demandé et il n’avait pas besoin de ma traduction pour faire prospérer son plugin.

    Je n’ai aucune obligation de fournir gratuitement un libre accès aux sources aux personnes lorsqu’un logiciel est payant.

    La licence GPL n’a rien à voir avec la gratuité. Opter pour le GPL ne veut pas dire qu’on n’attend rien en retour. Cela veut juste dire qu’on accepte que la partie du code source sous licence GPL puisse être réutilisée par ailleurs.

    Mais un code sous licence GPL peut tout à fait être payant. En l’occurence, j’espèrais que certains feraient l’effort volontaire de faire des dons. Je me suis lourdement trompé, c’est une très bonne leçon pour l’avenir. Quand je développerai maintenant, si j’en attends un retour parce que le travail est conséquent, cela sera payant d’emblée…

    Donc en ce sens, tu as raison, je n’aurais pas dû mettre mon plugin en téléchargement gratuitement au départ, c’était une erreur de ma part. Mais cela n’a rien à voir avec le GPL ou pas GPL. Donc je te rassure, on ne m’y reprendra plus…

    Pour conclure, songe que tes commentaires ne sont pas très encourageants pour les gens qui développent gratuitement. Cela ne représente sûrement rien pour toi mais 400 heures de travail, c’est beaucoup. Tout ne peut pas toujours fonctionner dans le sens des utilisateurs. De nombreux plugins très utiles sont abandonnés faute de reconnaissance, c’est dommage non? Si chacun donnait 1 ou 2€ par téléchargement, cela ne les ruinerait pas et ces plugins pourraient être maintenus… Il y a un aspect très méprisant pour la valeur du travail dans tes propos qui me gêne profondément. Mets toi à ma place et lis tes propos, tu verras, c’est pas super agréable…

  42. Ignace72 dit :

    Pourtant, je m’étais renseigné.
    Je te cite :
    Finally, on July 31st 2010, if the 500€ of donations haven’t been reached, I will send a copy by email of the WP 3.0 compatible release of WATS to all the users who made a donation of at least 10€.
    The others will have to wait for the release to be officially available on the WP repository later on at an uncommited date. Obviously, if we reach the 500€ of donations earlier than July 31st, the new release will come sooner than that date.

    Que je te traduis par :

    Finalement, le 31 juillet 2010, si les 500 € de dons n’ont pas été atteints, je vais envoyer une copie par courriel de WATS compatible avec WP version 3.0 à tous les utilisateurs qui ont fait un don d’au moins 10 €.
    Les autres devront attendre la version finale officielle sur le dépôt de WP plus tard à une date non communiquée. Évidemment, si nous atteignons les 500 € de dons plus tôt que le 31 juillet, la nouvelle version viendra plus tôt que cette date.

    Ce n’est pas moi qui le dis. C’est toi.

    Je ne vois pourtant aucune information sur l’existence d’une version qui fonctionne sous WP 3 dans ton blog puisque la dernière version est la 1.0.52 du 13 juin 2010.

    Si je ne peux pas comprendre ton attitude pourquoi me l’expliquer ?

    Ben que cela ne m’impressionne pas, ce n’est pas tes 400 heures de travail que je ne respecte pas. Par contre ton utilisation de la donation en lieu et place de ventes ne force pas le respect.

    Tu ne forces personne à traduire et c’est heureux (LOL). Pourtant, une traduction apporte une plus-value non négligeable à un logiciel et tu ne refuses pas ces apports. Deux poids, deux mesures.

    Sur la page de téléchargement, tu indiques :
    Price : WATS is free but you are more than welcome to make a donation to thank me if you’d like to.

    Là aussi, c’est toi qui le dis, pas moi ; sans préciser que ceux qui ne te donnent rien seront moins respectés que les autres.

    Tu dis cela aussi :
    Opter pour le GPL… Cela veut juste dire qu’on accepte que la partie du code source sous licence GPL puisse être réutilisée par ailleurs.

    C’est tout ce que tu en as retenu ?

    Et la liberté de redistribuer des copies ?
    J’ai bien compris que cela te serait désagréable.

    C’est pourtant une des 4 grandes règles de la licence GPL.

    Mes commentaires ne sont pas très encouragent pour les gens qui développent gratuitement.
    Heureusement qu’ils ne leur sont pas destinés.

    Tu demandes des donations pour couvrir le coût du temps que tu y passes et tu veux que tous les utilisateurs donnent.

    Une donation obligatoire n’est plus un don puisqu’un don est volontaire.

    Ton développement n’est donc pas gratuit alors, ne dis pas le contraire.

    Contrairement à ce que tu dis, tu ne veux pas qu’on donne pour te récompenser, mais pour te rémunérer.

    Celui qui développe gratuitement ne se plaint pas de ses dons peu élevés puisqu’il développe gratuitement.

    La FSF par la licence GPL t’autorise à vendre ton greffon alors, fais-le ouvertement et pas en te cachant derrière des dons.

    Certains pourraient même imaginer que tu utilises la donation pour économiser charges sociales et impôts, car si tu le vends, tu fais du commerce si c’est des dons ce n’est plus le cas.

    Il m’est difficile de me mettre à ta place puisque je ne fais pas les choses différemment de mes propos.

  43. Olivier dit :

    Je pense que tu as un petit soucci avec l’anglais et l’interprétation que tu fais de mon texte…

    J’ai écris :
    « The others will have to wait for the release to be officially available on the WP repository later on at an uncommited date. »

    Tu traduis « uncommited date » par « une date non communiquée » alors que cela veut dire sans engagement de date (uncommited ne veut pas dire non communiquée mais non commitée, non engagée). Autrement dit, cela peut être dans un mois, six mois ou jamais…

    Je ne vais pas te donner une leçon d’anglais car cela risquerait de virer au troll mais tu sais maintenant ce que j’ai voulu dire. En tout état cause, je ne me suis jamais engagé à livrer une nouvelle version à une date précise si les 500€ n’étaient pas atteints au 31 juillet 2010. Donc je n’ai trompé personne et je n’ai pris aucun engagement que je n’ai pas tenu.

    De toutes façons, quand on parle de logiciels GPL, ce qui clair et écrit noir sur blanc dans la licence, c’est qu’il n’y a absolument aucune garantie et engagement de la part du développeur. Je ne suis tenu de rien. Après, il y a l’engagement moral que tu peux avoir vis à vis de la communauté. Je crois l’avoir très largement rempli avec plus de 400 heures de boulot et 53 releases en un an. A un moment, c’est donnant donnant et cela ne peut pas fonctionner de manière unilatérale. J’estime ne pas avoir placé la barre très haute en demandant 500€, on n’y est pas arrivés, ce n’est pas grave, c’est un choix de la communauté que je respecte.

    J’ai tout à fait respecté la communauté durant un an. C’est face au manque de respect de certains que j’ai fait cette demande. Certains me mettaient la pression pour que je travaille gratuitement et rapidement pour eux en livrant une nouvelle version, j’ai dit « ok mais il va falloir que vous fassiez aussi un petit effort ». Et franchement, c’était un pas gros effort en comparaison de tout le travail accompli depuis un an mais aussi pour coder la nouvelle version.

    Ensuite, la liberté de redistribuer les copies est donnée pour la partie du code source qui est sous licence GPL. Bien entendu, toute personne peut s’amuser à distribuer le code. Si le code est payant à la base, cela nuit au développeur en le mettant dans une position de concurrence déloyale. C’est pour éviter cela que jusqu’à présent, j’ai fonctionné sur un système de dons. Ainsi, les gens sont libres de donner et reconnaître le travail accompli si bon leur semble.

    Enfin, je n’aime pas du tout tes insinuations. Tu essayes de me faire passer pour un fraudeur au fisc. Tu crois que je me prends pour une association carritative à but non lucratif et qu’à ce titre j’attends de généreux dons pour éviter de payer des taxes et impôts dessus? Renseigne toi, c’est strictement illégal de faire ça. Il faut un status très particulier pour percevoir des dons qui soient exonérés et bien entendu, ce status n’est pas donné aux développeurs de logiciels (encore heureux d’ailleurs)! Donc pour ta gouverne, sur tous les dons que je reçois, je paye des taxes et des impôts.

    Je n’ai jamais dit que tous les utilisateurs devaient donner. Pour arriver à 500€, il suffisait que 50 utilisateurs donnent 10€. Sachant qu’il y a plus de 300 sites qui utilisent le logiciel et qu’il y a eu plus de 14000 téléchargements, cela me semblait plutôt raisonnable.

    Enfin, le don n’était en rien obligatoire. Les utilisateurs étaient tout à fait libres de rester avec la version compatible avec WP 2.9.2 qui fonctionnait très bien. Je n’ai forcé personne à mettre à jour son WordPress et je n’ai jamais dit que la version 1.0.52 était compatible avec WP 3.0.1.

    Tu as vraiment un gros soucci avec le système des dons. Cela me semble pourtant bien plus doux qu’un produit payant pour l’utilisateur puisqu’il est libre de donner ou pas et de donner le montant qu’il souhaite. La seule chose, c’est qu’il faut qu’au global il y ait quelques dons sinon cela ne peut pas fonctionner.

    Si je voulais qu’on donne pour me rémunérer, je n’aurais pas demandé 500€ mais bien plus. Avec 500€, que crois tu que je puisse faire? Vivre pendant un an de manière fastueuse? Avec 500€, tu ne vis même pas pendant un mois en France. Alors franchement, atteris, ce n’est pas comme si j’avais demandé qu’on me payer une Ferrari. J’ai fait une demande qui était de l’ordre du raisonnable, j’ai vu que cela n’intéressait pas grand monde, ce n’est pas grave mais il faut pas me reprocher de ne pas vouloir travailler gratuitement pour des gens qui n’ont aucune reconnaissance et aucun respect, désolé…

  44. Ignace72 dit :

    Je pense que tu as été clair.

    Mon niveau d’anglais n’est pas très élevé, mais même si la nuance est véritable ce n’est pas la partie que je voulais souligner. Je ne voulais pas non plus que tu m’accuses de sortir une phrase de son contexte.

    Car dans « … le 31 juillet 2010, si les 500 € de dons n’ont pas été atteints, je vais envoyer une copie par courriel de WATS compatible… »

    Il n’y a pas que pour la GNU/GPL qu’il n’y a aucune garantie, c’est pareil pour les licences privatives.

    Cela n’empêche rien. Rien n’indique qu’il s’est passé quelque chose ce 31 juillet pourtant c’est ce qui est écrit. Si cette phrase a été bien traduite. (

    En fait, notre plus gros désaccord est sur ce que peut contenir de la reconnaissance et sur l’importance de celle-ci.

    Je suis contributeur du libre à plusieurs titres (dev compris), je n’en ai jamais retirer le moindre centime de cette activité et je m’en moque comme de l’an 40, pour l’argent, j’ai déjà un travail, j’ai souvent des preuves que mon travail est utile et ça me suffit et ça fonctionne très bien quoique tu l’affirmes.

    L’argent n’est pas une preuve de reconnaissance, mais juste que 100 % des personnes qui donnent peuvent le faire.

    Mais je ne me permets pas de juger de qui peut donner et combien ou qui mérite mon travail.

    Sache aussi que de nombreuses personnes vivent avec moins de 500 €, mais que tu demandes 100 ou 10 000 €, cela ne fait pas de différence. C’est le principe que je trouve malsain.

    Il y a d’autres méthodes pour demander des dons que celle que tu utilises.

    Surtout que rien ne t’a empêché de comparer les méthodes de rétributions AVANT d’en choisir une.

    Tu ne veux pas travailler gratuitement, car on doit mériter ton travail, c’est surtout ce qu’il fallait retenir.

    C’est ton avis, tu le partages avec raison comme j’ai donné le mien.

    C’est aussi ça, la liberté.

    Bonne continuation

  45. Ignace72 dit :

    « Si les programmeurs méritent d’être récompensés pour la création de programmes novateurs, de même, ils méritent d’être punis s’ils limitent l’utilisation de ces programmes. »

    citations de Richard Mattew Stallman.
    Fondateur de la FSF et créateur des licences GNU

  46. Philippe dit :

    Merci de donner le lien de la source vers ces propos de Stallman. Pour moi ils constituent un appel à la haine et ça ne me semble pas cadrer avec le personnage.

  47. Philippe dit :

    J’ai retrouvé la citation dans le manifeste GNU écrit au début du projet GNU dans les annèes 1980.
    Je ne peux pas être en accord avec de tels termes cités dans le contexte de cet article et de la discussion qui s’en suit. On ne punit pas, on éduque, on explique. Je croyais que les logiciels libres étaient là pour proposer une meilleure voix pas pour en imposer une par la punition. On est pas obligé d’être en accord avec tous les propos de RMS. Le citer à tord et à travers dans n’importe quel contexte ne fera pas avancer la cause du logiciel libre. Je ferme les commentaires sur cet article dont le sujet était centré sur les utilisateurs de logiciels libres et leur comportement.

  1. 12 septembre 2010

    […] This post was mentioned on Twitter by Apprendre2.0 and JD Boutet, ordineo. ordineo said: Quand les utilisateurs de logiciels libres refusent de mettre la main à la poche http://ff.im/-qzCvB […]

  2. 14 septembre 2010

    […] initialement publié sur le blog de Philippe Scoffoni — Pour ne rien manquer d'OWNI, suivez nous sur Twitter et sur Facebook. // OWNI invente… le […]

  3. 19 septembre 2010

    […] avoir lu le billet de Philippe Scoffoni sur le logiciel libre et le don je vois que nous n’avons pas fini de traiter de ce […]

  4. 23 septembre 2010

    […] En effet , dans son billet intitulé « Des retours?« , le développeurs indépendant et bénévole se demande si son travaille sert à quelque chose et parait désabusé par le fait que dans le libre, les gens voient surtout le coté gratuit de la chose et pas le travail a récompenser… Ce sentiment est d’alleurs partagé puisqu’un autre blogueur libre en faisait un article il n’y a pas si longtemps: Quand les utilisateurs de logiciels libres refusent de mettre la main à la poche . […]

  5. 18 octobre 2010

    […] un problème de plus en plus souvent soulevé dans le monde libre (d’ailleurs, Cyrille et Philippe, entre autre, en parlaient récemment) : le libre et l’argent. Si le libriste travaille pour […]