Contribuer à un logiciel libre ou open source n’est pas toujours évident

closeCet article a été publié il y a 12 ans 3 mois 18 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

contribuerL’acte de contribuer à un logiciel libre n’est parfois pas toujours aussi simple que l’on pourrait se l’imaginer. Parfois, les projets de logiciels libres ou open source sont pilotés par le système dit de la méritocratie.  Wikipédia en donne la définition suivante :

La méritocratie, pour certains, est un système politique, économique et social. Pour d’autres, c’est une idéologie ou une croyance[1]. Elle tend à hiérarchiser et à promouvoir les individus dans la société en fonction de leur mérite et non d’une origine sociale (système de classe), de la richesse ou des relations individuelles (système de « copinage »). Par définition, la méritocratie s’oppose donc à toute forme d’égalitarisme.

Il faut en effet être « adoubé » par ses pairs pour avoir le droit de contribuer au projet. Mais l’association méritocratie et logiciel libre n’est pas aussi certaine. Bien des projets accueilleront votre travail avec grand plaisir et sans vous poser de questions. De quoi éprouver le plaisir de la contribution.

Pour certains projets, il pourra aussi vous être demandé de signer un accord de licence du contributeur (“contributor agreement”). Cet accord de licence donne tous les droits et brevets liés à votre contribution à l’entité (entreprise, fondation,…) porteuse du projet.

Ces accords de cession de droits ont leurs détracteurs et leur fans. Pour les uns, ils permettent d’assurer la garantie de conserver le contrôle de son projet et la maitrise du code qui y est intégré. Les détracteurs leur reprocheront d’être coercitifs.

Dans la pratique des projets comme Linux et Mozilla fonctionnent sans ces accords alors que le projet Fedora en réclame un. On voit ici apparaître une possible ligne de démarcation entre les projets portés par des entreprises et des fondations.

Les entreprises seraient plus soucieuses de formaliser leurs relations avec les contributeurs externes pour mieux garder le contrôle de leur projet.

Et vous avez-vous déjà rencontré des difficultés pour contribuer à un projet, signé un accord de licence contributeur ?

Crédit photo, certains droits réservés par MarcinMoga / Lolek

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

7 réponses

  1. david96 dit :

    J’aurai appris un mot et je ne savais pas qu’il faille une permission pour participer à un projet libre, En y pensant ça me semple un peu normal… Quoi que Wikipédia permet à tout le monde de participer à son Encyclopédie.

    Je n’ai encore jamais participé à un logiciel libre. Peur de ne pas pouvoir être à 100% pour l’engagement, faute de temps. En contrepartie j’aide autrement : j’informe, j’aide, j’installe, j’envoie des dons etc…

  2. Le mérite se mesure à la compétence, et la compétence à l’expérience.

    Si une personne veut participer à un projet, il est souhaitable qu’elle commence par un petit projet pour se faire la main.

    Il y a quantité de manières de participer. Le code, mais aussi, la documentation, les traductions, l’aide utilisateur, la promotion en ligne et en réel, et bien sûr les dons etc. Il faut voir ce qu’on est le plus à même d’apporter à un projet.

    Par principe je n’essaye pas de participer directement aux projets qui demandent des accords de licence. Je peux faire de l’aide « technique » (par ex une « expertise » sur les questions de traduction ou de localisation) mais je ne ferai pas la traduction directement. Ou je ferai la relecture pour aider le traducteur.

    D’une manière générale, il me semble que la manière la plus simple de participer à un projet c’est d’utiliser le logiciel et de rapporter les problèmes, et d’en faire la promotion.

  3. Bruno dit :

    Les « accords de licence » demandés aux contributeurs par certains projet ne sont pas spécifiques aux entreprises. La FSF, par exemple, demande aux contributeurs GNU d’affecter le copyright (droit US) à la FSF. Ces accords entre projets et contributeurs sont faits pour protéger le projet et le contributeur. Dans le cas de la FSF il s’agit de s’assurer que les contributions resteront toujours libres (au sens de la GPL) et de défendre juridiquement les droits en cas de violation de la licence libre par un tiers. (http://www.gnu.org/licenses/why-assign.html)

    Il faut bien sûr lire attentivement ces dispositions lorsqu’elles sont demandées pour contribuer mais il ne faut pas les craindre et ce ne doit pas être un frein. La plupart du temps ces dispositions ne vont guère plus loin que celles communément acceptées lorsque l’on contribue à un projet sous licence libre : les contributions sont publiées sous la même licence que le projet d’origine, et c’est une contribution à une œuvre collective (ce dernier point est relativement complexe en droit français concernant le droit moral).

    Personnellement pour contribuer aux traductions Ubuntu j’ai du accepter que toutes mes traductions sur Launchpad soient placées sous licence BSD. Ceci ne me gêne pas outre mesure, mais j’aurai préféré signer un accord qui permette de fournir mes traductions sous la même licence que le projet d’origine en assignat les droits à Ubuntu.

  4. Bouska dit :

    Pour compléter le commentaire de Bruno, un accord de licence contributeur n’est pas exclusif aux entreprises même si dans tout les cas l’objectif est le même : protéger et le projet et le contributeur. Comparé à un projet qui oblige l’utilisateur à fournir son code sous une certaine licence, un accord de licence contributeur est beaucoup plus clair, explicite et non restrictif. Un CLA, ce n’est rien de plus que : « J’ai tous les droits sur ce que je propose au projet, et si vous l’acceptez, je vous le fourni sous une licence libre garantie sans brevet (ou avec une licence all-inclusive) ». Ça permet au projet de se défendre d’une quelconque attaque sur la PI : « Ce code a été fourni par X, qui nous garanti son authenticité et qui a été proposé 3 ans avant votre brevet ; donc allez vous faire mettre ».
    Si on prend le projet OpenStreetMap et sa nouvelle licence ODbl (http://www.opendatacommons.org/licenses/odbl/1.0/), il y a globalement les mêmes demandes et droits que dans un CLA, mais ça fait parti de la licence et son acceptation est « implicite ».

  5. Carl Chenet dit :

    Philippe : les logos et noms Fedora sont déposés et possédés par Red Hat. Le projet Fedora est extrêmement dépendant de cette entreprise. Ceci explique peut-être l’accord de licence du contributeur.

    Chez Debian, tu es sûr de ne pas tomber sur ça 🙂

  6. Philippe dit :

    Je comprend bien l’intérêt de ces accords, ils ne me choquent pas à ce jour et sont je pense la plupart du temps assez « inoffensif ». Cependant comme tout accord il faut les lire avant de les accepter !

  1. 13 septembre 2010

    […] This post was mentioned on Twitter by Philippe Scoffoni, FOSSwiki. FOSSwiki said: Chez Philippe : Contribuer à un #logiciel #libre ou #opensource n’est pas toujours évident http://bypsc.fr/0gp http://bit.ly/cULTez […]