Nouvelle version de SugarCRM et interrogation sur son modèle open source

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La version 6 du logiciel de gestion de la relation client SugarCRM vient de sortir tout récemment. Ce logiciel a été lancé en 2004 comme un projet open source sur Sourceforge. Très rapidement le succès est au rendez-vous, le logiciel est téléchargé et utilisé rapidement par de très nombreux utilisateurs.

SugarCRM est le logiciel open source qui va réussir à s’imposer sur le marché de la CRM d’entreprise et qui grâce à d’importantes levées de fonds devient le leader des « pure player » de la CRM open source. Depuis bien d’autres éditeurs open source l’ont rejoint sur ce créneau.

Rapidement SugarCRM adopte un modèle hybride proposant le logiciel sous la forme de trois versions :

  • Sugar Community Edition
  • Sugar Professional
  • Sugar Enterprise

Seule la version Community Edition est librement téléchargeable. L’éditeur ne propose pas de support pour cette version. Il faut s’appuyer sur celui de la communauté des utilisateurs ou de société de services commercialisant des offres de support pour cette version.

La différence entre la version dite communautaire et les deux autres tient aussi dans les fonctionnalités. SugarCRM a fait le choix de mettre à disposition dans ces versions payantes des fonctionnalités supplémentaires en plus du support. Le détail des différences entre les différentes versions est disponible sur cette page.

Du point de vue des licences, la Community Edition est distribuée sous licence AGPL v3. Quant aux deux autres éditions, elles sont sous une licence dite « commerciale » qui donne accès au code source de l’application et autorise sa modification. Cependant, il n’est pas autorisé de redistribuer le code source. Il ne s’agit donc pas de licence open source.

Parmi les nouveautés de cette version, l’interface utilisateur entièrement revue et améliorée pour plus de productivité. Seulement cette nouvelle interface n’est disponible que sur les versions payantes. Un choix qui n’a pas manqué d’étonner les utilisateurs de la version community.

Martin Schneider, responsable de la communication chez SugarCRM rappel la position de sa société  : « Open source ne signifie par gratuit et n’a jamais été pensé pour signifier gratuit. L’open source est présent dans tout ce que nous faisons, il nous permet d’être transparents et donne à nos clients plus de pouvoirs. Nous sommes un éditeur open source et c’est pourquoi nous sommes meilleurs que les éditeurs propriétaires »

Cependant en faisant cette mauvaise surprise à la communauté d’utilisateurs de la version open source, SugarCRM prend le risque de remettre en question leur attachement au logiciel et de s’éloigner un peu plus encore de ce que l’on peut raisonnablement appeler un éditeur open source pour se rapprocher de la notion d’open core. L’open core s’appliquant à des logiciels dont seul le « coeur » est ouvert.

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

13 réponses

  1. Olivier dit :

    Il y a un raccourci dans la tête de beaucoup d’utilisateurs de logiciels open source qui croient que le logiciel open source est par essence gratuit. C’est un non sens. Ceux qui ne sont pas contents avec le fait que les nouvelles fonctionnalités ne soient pas disponibles dans la version community devraient s’interroger sur la pertinence de leur raisonnement. Un logiciel tel que Sugar CRM ne peut être maintenu de manière active et évoluer que si par un moyen ou un autre il y a une rentrée d’argent pour financer le développement. Tous les développeurs ne travaillent pas gratuitement, même s’ils font du logiciel open source…

  2. Bonob0h dit :

    Question !
    Qui développe ? seulement l’équipe de Sugar ? ou aussi des dév indépendant ?

    Si c’est seulement le premier cas … pas de soucis …

    Si c’est le second il peut y en avoir !

    Concernant les licences payantes si on peut avoir accès au code source c’est déjà pas mal d’autant plus si on peux le modifier ! Reste que « l’impossibilité » de redistribuer son propre code pose problème !

    Je rappel que même si j’achète une voiture ou autre bardé de brevets rien ne m’empêche de modifier, puis de revendre « l’objet » ! J’ai même le droit d’en acheter autant que je veux pour les modifier et les revendre !

    A force de licences tue les licences, d’autant plus opensource …

    A quand une seule Licence on va dire comme la CC mais en plus adaptée avec des possibilités commerciales et de rétributions ! Des possibilités qui prennent aussi en compte les types d’acheteurs et qui équitablement ferait payer plus cher les entreprises qui gagnent de l’argent en utilisant les outils contrairement aux particuliers qui n’en retire aucun bénéfice commercial ! N’oublions pas les associations et l’enseignement par exemple ! Et bien sur les disparités selon que l’on soit en France ou au Bangladesh !

  3. Pierre dit :

    Bonjour,

    On met là le doigt sur les limites de l’open source et du gratuit.
    Autant pour des usages personnels, je pense que le problème ne se pose pas, autant pour une utilisation professionnelle, on peut s’interroger.
    Un logiciel tel que SugarCRM est destiné à améliorer la productivité, donc de faire gagner de l’argent à l’entreprise.
    De plus, ses caractéristiques font que ce ne sera pas des TPE qui vont l’utiliser, trop complexe pour elles, mais bien des PME, PMI et grands comptes.
    Dans ce cas, je ne suis pas du tout gêné de l’option retenu par l’entreprise. Tout le monde n’a pas, comme Cannonical, un milliardaire philanthrope à sa tête.
    Le seul point est d’annoncer clairement la couleur dès le départ pour que les choses soient bien claires.

    Pierre

  4. bonob0h dit :

    @ Pierre

    Il est plus facile de faire compliqué 😉
    Mais imaginons qu’il soit simple a mettre en oeuvre et utiliser ?

    Il n’y a pas que les entreprises, mais aussi par exemple les associations a but non lucratif qui peuvent faire des économies pour mieux redistribuer qui pourraient utiliser !

    Par ailleurs si canonical à un milliardaire philanthrope il y a par exemple 17 millions de foyers fiscaux qui en France ne savent pas utiliser leur réduction d’impôts pour les dons aux associations (1,5/60 de capacité utilisée) alors même que les milliardaires savent les utiliser à 100% … comme justement celui de canonical 😉

    Pour finir il y a les points dont je parle précédemment …
    La couleur n’est pas clair
    Ceci bien sur ne veux pas dire que le libre doit être gratuit …
    Je dirais qu’il devrait avoir des tarifs adaptés … et non pas avoir les mêmes que le proprio ou les plus gros casques proportionnellement le moins alors qu’ils gagnent le plus !

  5. Je pense que le choix de l’entreprise est le bon: voir jusqu’où elle peut créer une différence entre la version libre (et _donc_ gratuite) et les autres.

    Le jour où la limite sera franchie, c’est à dire le jour où la communauté des utilisateurs libres (et non pas des utilisateurs « gratis ») en aura marre, elle créera un fork et il n’y aura plus de problèmes.

    Quant à la notion de « libre ne veut pas dire gratuit » c’est tout simplement n’importe quoi. Libre implique la gratuité mais ne force pas les utilisateurs à ne pas payer.

    S’il existait un logiciel GPL qui ne soit disponible chez son éditeur que sous forme binaire et payante, la licence GPL lui impose de fournir le code intégral à quiconque le souhaite et en même temps autorise le nouveau détenteur de la source de redistribuer celle-ci et les produits qui en découlent, gratuitement. Donc si ce n’est pas gratuit à la source ça le sera en aval.

    Après, le fait que les développeurs ne vivent pas que d’amour et d’eau fraiche c’est une autre histoire, mais qui n’a pas grand chose à voir avec la notion de logiciel libre. En tout cas les développeurs ont le contrôle total sur ce qu’ils produisent et sur ce qu’ils mettent en accès libre. C’est leur prérogative.

    Dernier point, le concept tordu d’open core… Voilà le problème avec ce qui a donné naissance à la notion d’open source vs logiciel libre: il s’agissait à l’origine d’une notion marketing pour ne pas faire peur aux gros (et petits) comptes. Aujourd’hui cette même notion d’open source arrive à tellement brouiller les cartes qu’on ne sait plus ce qui est « open » ce qui ne l’est plus, jusqu’où ça l’est et sous quelles conditions.

    « Open core » c’est par exemple OSX: un « cœur » BSD et un emballage propriétaire. Apple ne surfe pas tellement sur la vague « open », plutôt sur la vague « Unix » TM, mais on voit bien où la confusion des genres peut conduire à des incompréhensions : justement dans le domaine du logiciel libre.

  6. Philippe dit :

    Les non-redistribuabilité des codes modifiés des versions commerciale rend donc ces versions non open source. L’open source a une définition et le point 1 dit bien : « 1. Free Redistribution : The license shall not restrict any party from selling or giving away the software as a component of an aggregate software distribution containing programs from several different sources. The license shall not require a royalty or other fee for such sale. »
    Alors oui la version community est sous licence open source. C’est toute l’ambiguité de cette position qui est à mon avis criticable. C’est de l’open source ou ça n’en est pas. Ici c’est mixte.
    Une approche plus claire consisterait à distinguer un SugarCRM.com pour les versions commerciales et un SugarCRM.org pour la version community.
    @Jean-Christophe Helary, il y a déjà eu un fork de SugarCRM il y a quelques années. Il a donné naissance à VtigerCRM. Un très bon outil de CRM open source sans ambiguïté.

  7. Scoubidou dit :

    De toute façon, ce sont les utilisateurs qui choisissent. Si les développeurs de SugarCRM ne jouent pas le jeu, prennent le travail des contributeurs et ne reversent rien à la communauté, les contributeurs vont voir ailleurs ou créent un dérivé libre comme VtigerCRM. Les utilisateurs ont aussi le choix avec d’autres CRM (hypergate, Elyazalée, Tine, CiviCRM) ou d’autre logiciels de gestion, commerciale qui en plus du CRM, incluent la facturation, la comptabilité etc (Laurux, Dolibarr, OpenAguila, PimenGest, OpenSI, Oratio, LundiMatin Business, AbanQ…).

  8. Partouche dit :

    La version 6 en open source est une régression par rapport au version antérieure.

    On n’a plus des thèmes dans l’application.
    On perd des raccourci etc….

    On perd énormément en ergonomie.
    Reste que l’application open source est encore sympatique mais il faut acquérir des modules pour faires des choses interessantes comme du reporting.

    Par contre attention, la plupart des add on sont payant.

  9. bonob0h dit :

    @Partouche
    Et oui quand le libre devient « payant » il ne fait pas plus ni moins que le proprio, et ce qui prouve d’autant plus que le libre tel quel n’est pas un bon modèle de licence et d’économie … avec un Libre d’Intérêts Personnels au lieu d’un Libre d’Intérêt Général

  10. Philippe dit :

    @bonob0h : Sauf que là on ne peut plus parler de logiciel vraiment libre donc la généralisation est un peu simple…

  11. bonob0h dit :

    @PS ben oui justement c’est la ou est le soucis 😉
    C’est la tactique Coca ou Dealer … gratuit/libre un moment … et après … ou pour plus tu te fais racketter 😉 et bien sur je ne généralise pas même si je parle d’un autre modèle de licence et économique qui n’existe pas encore … dans « ma » notiion de Libre d’Intérêt Général … et d’idée de Microsoft associatif :p
    Et rien ne changera tant qu’il n’y aura pas un poids lourd qui montrera qu’on peux faire autrement, équitablement, etc d’autant plus si on le fait dans d’autres domaines par la même occasion … d’un certain Iceberg 😉 pour montrer tout autant aux famille Michu, qu’aux Ultralibéraux et qu’aux « libristes » et consorts

  12. bonob0h dit :

    PS
    L’important c’est la Rose …
    pardon …
    L’important c’est la Marque 😉

  1. 16 juillet 2010

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