Comment monter et vendre un projet open source à sa direction #1 – Les finances

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Voici le premier article d’une petite série. L’objectif est de vous donner des pistes et des axes de réflexion pour vous aider à vendre un projet open source à votre Direction. Mais ne vous attendez pas à un mode d’emploi 🙂 car le contexte doit aussi vous guider. Au passage je vous donnerais quelques conseils issues de mon expérience professionnelle.

L’idée de cet article m’est venue en échangeant avec redolive qui nous relatait ces « malheurs » dans le cadre de la mise en place d’une solution open source.

Dans l’absolu la conduite d’un projet open source ne diffère guère de celle d’un projet mettant en oeuvre des outils propriétaires. Vous ne couperez donc à aucune des phases classiques de recueil des besoins, d’analyse, de recherche de solutions et de vérification de l’adéquation du logiciel au besoin.

Car ne nous y trompons pas, choisir un logiciel open source juste parce qu’il est open source sans s’assurer de son adéquation aux besoins est un bon moyen d’aller dans le mur. Il peut y avoir des situations où même si cela va à l’encontre de vos convictions, un logiciel propriétaire sera mieux adapté. Mais nous parlons là de convictions personnelles et elles n’ont pas forcément droit de citer dans un cadre strictement professionnel du moins pas comme critère unique de décision.

Au passage, j’en profite pour éclaircir un autre point, je parle ici de logiciel open source. Je vous renvoie vers l’article de Jonathan Le Lous : Du logiciel libre à l’open source: de l’éthique à l’économie qui exprime très bien mon point de vue à ce sujet.

Je raisonne donc ici en faisant volontairement abstraction du besoin fonctionnel et technique, car je le considère comme satisfait par la solution open source que vous avez retenu.

Venons-en donc au volet budgétaire.

Il doit être tout particulièrement soigné surtout si vous êtes amené à comparer des solutions propriétaires et open source. Il  faut montrer et mettre en évidence les différences qui existent dans la structure des coûts entre ces deux solutions. Et puis soyons honnêtes, c’est souvent le chapitre qui est le plus épluché lorsque l’on en arrive au stade de la décision même s’il n’est pas le seul critère.

Pour une solution open source, le poste licence est en général nul. Je dis en général,car certaines solutions open source ont un coût de licence lorsque l’on souhaite les utiliser à des fins commerciales. Citons par exemple la base de données MySQL.

Viennent ensuite les prestations sauf si vous êtes à même de réaliser vous-même l’installation du logiciel. Si vous décidez de prendre en charge la mise en œuvre, assurez-vous d’en avoir réellement les compétences et ne vous contentez pas des tutoriels ou How-To que vous pourriez avoir trouvé sur Internet pour faire baisser le coût de votre projet. N’hésitez pas à intégrer des coûts de formation que ce soit pour vous ou pour les utilisateurs surtout si vous touchez au poste de travail et aux outils qui leurs sont mis à disposition. D’autant que ces formations peuvent passer sur le budget correspondant dans votre société et améliorer de cette façon le coût final.

Les économies réalisées sur les licences doivent vous permettre de vous faire  accompagner techniquement alors surtout n’hésitez pas à faire appel à une Société de Service en Logiciel Libre (SSLL ou SS2L).

Finissons par  les coûts de maintenance. Là encore deux solutions : vous faites en interne ou vous souscrivez un contrat de support auprès de l’éditeur du logiciel open source. Ils le proposent tous aujourd’hui. Dans le cas des logiciels communautaires vous pouvez aussi faire appel à une SSLL pour cela.

En résumé, ne faites pas d’économie sur les prestations même si leur montant est supérieur à ce que vous proposerez un prestataire pour la mise en place d’un logiciel propriétaire. C’est un point à mettre en avant : plus de service grâce aux économies sur les licences, pour un projet  en principe mieux accompagné donc aux chances de succès optimal. Je sais que ce n’est pas une garantie mais c’est mieux que de partir avec en déficit en assistance parce que les licences ont dévorées tout le budget.

La présentation budgétaire doit au final montrer une comparaison des coûts sur au moins trois ans voir cinq ans car c’est là aussi que les solutions open source se distinguent surtout si vous prévoyez une extension du périmètre de déploiement de votre application dans les années qui suivent.

Je m’en arrêterais là pour ce billet. Il y a bien sur tout un argumentaire autour des logiciels open source. Je tenterais de vous les indiquer dans un prochain billet.

7 réponses

  1. Eric noel dit :

    Je suis bien d’accord, mais le type d’économie peut-être plus ou moins substantiel, le tout dépendant du type d’entreprise. Passer au libre ne doit par par contre n’être guidé que par le « monétaire ». Il faut adhérer au projet, dans son ensemble.

  2. redolive dit :

    Très bon article.

    Vous avez bien dégagé les principaux coûts (formation et maintenance) auxquels je rajouterai le coût matériel. J’ai vu beaucoup d’articles sur les magazines portant sur « Comment recycler ses vieilles machines en serveurs ». Si certaines solutions de ce type peuvent s’avérer adaptées dans certains cas (principalement domestique et pour les petites entreprises), elles peuvent se révéler très limitées dans le cas d’une montée en puissance et gonfler par la même occasion et de manière imprévue (donc pas agréable pour le comptable 🙂 ) le budget. Là aussi il faut être très vigilant dans son étude et analyse des besoins comme vous l’avez souligné. Et si vous avez du mal à dégager une configuration matérielle compatible avec vos besoins (et votre distribution !), la SS2L s’avèrera alors très bénéfique.

    Passer au libre ne doit pas par contre n’être guidé que par le “monétaire” et doit être aussi motivé par le choix d’une solution pérenne (un des nombreux avantages des solutions libres). Comme conclut Philippe : Il y a bien sur tout un argumentaire autour des logiciels open source.

  3. Philippe dit :

    @Eric, redolive : Il fallait bien commencer par quelque chose 🙂 ! Mais le volet budgétaire est un point très important dés que l’on présente un projet qu’il soit informatique ou pas d’aileurs.

  4. redolive dit :

    Tout à fait 🙂 … Vivement la suite !

  5. nyquist dit :

    >Pour une solution open source, le poste licence est en général nul. Je dis en général,car certaines solutions open source ont un coût de licence lorsque l’on souhaite les utiliser à des fins commerciales. Citons par exemple la base de données MySQL.

    Aie Aie, la formulation est mauvaise, très mauvaise (ou l’exemple est mauvais).
    toute redistribution de logiciel source fermé doit utilisé une licence commerciale (pour MySql) sinon c’est du GPL.

    Si tu déploies un projet open source (même pour une offre commerciale, l’open source se vends en tant que prestation), pas besoin de payer de licence pour MySql.

  6. Philippe dit :

    @nyquist : effectivement la formulation est mauvaise et pas très claire, je pensais à des fins commerciales mais « fermée » qui comme tu l’indiques nécessite une licence commerciale (justement)

  7. Yves dit :

    Actuellement, là ou je travaille, nous sommes dans un schéma websphère et oracle.
    Les coûts des licences et le support sont élevés mais nous avons aujourd’hui une solution fiable et des éditeurs sur lesquels nous pouvons nous appuyer.
    Néanmoins je suis en cours d’analyse, après accord de ma direction, sur l’opportunité de switcher sur des solutions open source type jboss MySql.
    Exercice difficile, outre les licences se posent les formations, la supervision (Websphere surtout dans ses dernières versions intégre et la supervision et la sécurité et l’AD), les montées en compétences, la sécurité.
    Bref, il faut prévoir du développement interne pour avoir un niveau de service comparable que je galère à chiffrer, inutile de vous le dire. L’Open Source, c’est assez extraordinaire mais tellement diffus dans la connaissance générale, les sources d’information que cela devient parfois un handicap.
    On ne peut pas non plus confier les serveurs d’application de sa société à des « geeks » souvent plus friands de technologie que de calculer des coûts de possession à long terme.
    C’est vrai que des solutions payantes (WAS) restent chères mais sont cadrées dans le temps.
    Bref, j’y travaille.