L’open source, une solution « naturelle » pour les dispositifs médicaux

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Les dispositifs médicaux font partie intégrante de la panoplie des moyens mis à disposition du corps médical pour effectuer au mieux sa mission. Leur conception ne doit guère laisser de place à l’improvisation ni au hasard, car au bout de la chaîne, c’est souvent un patient qui peut en subir les conséquences. L’open source apporte une réponse à cette problématique en permettant un partage et un audit par un maximum de spécialistes des « failles de sécurité ».

Ouverture des logiciels et des matériels

La santé est un domaine particulièrement réglementé et surveillé. En matière de matériel médical, les contraintes sont tout aussi fortes. D’où l’idée de recourir pour leur conception aux mêmes méthodes qui ont fait leurs preuves dans le domaine du logiciel open source.

Un parallèle que l’on peut faire pour illustrer le propos concerne les logiciels dont la principale fonctionnalité est d’assurer la confidentialité de certains échanges au travers de mécanismes de chiffrement. Ces logiciels souvent open source voient leur code exposé publiquement. On pourrait alors penser qu’il est facile de les contourner, or il n’en est rien. Bien au contraire. L’ouverture du code permet une revue constante et une détection des défauts qui peuvent alors être corrigés rapidement.

L’ouverture du code permet également de diffuser le plus largement l’outil en renforçant ainsi la possibilité de voir s’accroître le nombre de personnes qui vont auditer le code et proposer des améliorations et corrections. Il s’agit ici de créer une communauté d’intérêt autour d’un logiciel.

Le même mécanisme peut s’appliquer au matériel. C’est ce que l’on dénomme l’open-hardware ou matériel ouvert. Les spécifications, c’est-à-dire les plans de fabrication sont rendus publics.

Encore beaucoup de solutions « fermées »

Dans le domaine médical, le recours aux brevets et aux secrets de fabrication est encore la règle car jugé comme étant la seule façon de maximiser les gains tirés de travaux de Recherche & Développement. Si d’un point de vue financier cela reste probablement vrai, cela ne va pas toujours dans l‘intérêt du patient victime parfois de la défaillance d’un matériel médical.

Une étude de l’université de Patras, en Grèce, montre qu’un instrument médical sur trois vendu aux États-Unis a été rappelé entre 1999 et 2005. La FDA a découvert que les pompes à perfusion de médicaments étaient liées à 20.000 blessures graves et plus de 700 décès entre 2005 et 2009.

Pour l’instant, les travaux menés sur des matériels médicaux open source restent dans le champs de l’expérimentation. Voici quelques exemples de projets open source :

  • Le projet de pompe à perfusion générique;
  • L’initiative pour un matériel médical open source à l’université du Wisconsin-Madison travaille sur un scanner corporel médical haute résolution combiné à une machine de radiothérapie;
  • Le robot chirurgical Raven est un système open source (voir la photo tout en haut) qui a été conçu à l’université de Washington, à Seattle. Personnellement il me fait un peu peur 🙂 .
  • Le programme d’interopérabilité Plug-and-Play du matériel médical est une initiative à 10 millions de dollars (financée par les instituts nationaux de la santé des États-Unis avec l’aide de la FDA) qui vise à mettre en vigueur des standards ouverts;
  • La structure de coordination du matériel médical, qui est en cours de développement à l’université d’État du Kansas, vise à créer une plate-forme matérielle open source incluant des boutons et écrans interchangeables, ainsi que des logiciels les connectant à des capteurs et d’autres appareils;

[Source]

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.