[Humeur] – Quand le principe de précaution nous tient
Cet article a été publié il y a 16 ans 30 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.Je vous avais prévenu dans mes résolutions pour l’année 2010 que j’écrirais davantage de billets hors sujets informatiques. Et bien en voici un exemple concret !
Ce matin comme beaucoup de français je me suis réveillé avec un joli tas de neige devant chez moi. Rien d’étonnant cela faisait depuis dimanche après-midi qu’on nous rabâchait les oreilles à chaque bulletin météo d’une alerte neige. Et bien, ils ne se sont pas trompés, elle était bien là. Confiant dans nos services publics, la route semblant déneigée, j’étais serein en allant prendre mon bus ce lundi marin 4 janvier.
Grosse erreur, pas de bus… Ils étaient tous au dépôts pour ne pas prendre de risque. Voici donc tous les banlieusards de l’agglomération lyonnaise bloqués pour aller au travail en ce jour de reprise.
Me voilà donc en train de me demander en regardant la chaussée certes mouillée et par endroits couverte d’une fine couche de neige fondante si le principe de précaution ainsi appliqué était bien raisonnable. Évidemment pour certaines lignes de bus s’aventurant dans les lointains extérieurs je peux comprendre. Mais tout bloquer, j’ai plus de mal.
En fait, cela m’a juste amené à me demander si nous n’étions pas en train de sombrer dans une forme de sclérose de la précaution. Si j’en reviens à mon exemple des bus, je pense qu’ils auraient pu circuler. Au nom de ce principe de précaution, on a bloqué une bonne partie de l’agglomération et cela me semble quelque peu exagéré.
Évidemment, on peut m’opposer qu’ainsi on a probablement évité quelques accrochages et peut-être même des morts, mais à quel prix ? Et quand je pense à cela, je ne peux m’empêcher de penser à un autre exemple d’application du principe de précaution, celui de la grippe A.
94 millions de doses de vaccins achetées pour un petit milliard d’Euros (10 ans de recherche sur le cancer disait-il à la TV hier soir) que l’état est en train d’essayer de revendre pour ne pas avoir à justifier auprès de ces contribuables les centaines de millions d’Euros qui en pleine crise économique risquent de partir à l’incinérateur au nom de ce fameux principe. Heureusement, notre ministre vient d’annuler la commande de 50 millions de doses. Il ne faut donc jamais désespérer.
Et si nous apprenions à nouveau à prendre des risques, à faire confiance au chauffeur de bus qui nous conduit, aux médecins qui nous soignent pour gérer l’inattendu, s’adapter à la situation, en un mot faire preuve d’agilité. Que l’on ait des plans pandémie, des procédures de secours c’est indispensable. Qu’on les mettent en œuvre systématiquement, sans adaptation, bêtement, oserais-je dire au nom du principe de précaution me semble devenir la norme. J’ai l’impression qu’ainsi on déresponsabilise, on ne fait plus confiance aux professionnels pour gérer ces crises.
Mais si je m’échauffe le sang, c’est surtout pour combattre le froid qui a engourdi mes pieds de marcheur ce matin 🙂


Ah le principe de précautions… Quelle guignolerie ce truc. fut un temps on appelait ça tout simplement « couvrir ses arrières ».
Simple symptôme d’une infantilisation de la société…
Les gens sont content qu’on les prennent par la main.
Les politiques de droite et de gauche sont content de les prendre par la main.
Je vais m’arrêter là, sinon on va m’accuser de faire de la propagande…
Ce matin les bus sont restés au dépôt (un peu moins quand même). Il a un peu neigé cette nuit, mais bon… Demain ils ont annoncés du verglas. L’hôpital Edouard Herriot signale une hausse de 10 à 15% des patients victimes d’accidents ou de chutes. Normal pas de bus faut aller à pied 😀
Ha oui préavis de gréve pour jeudi mais légère nous dit-on…
Aahhh je tombe sur ce post et il neige dehors…. Je suis breton et la neige j’en ai pas vu dans mon pays depuis moult temps ! En tous cas bien vu cet article.