Hedera Technology : une solution de microCluster ouverte

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J’ai rencontré récemment Jérémie Bourdoncle un des fondateurs de la société Hedera Technology. A cette occasion il m’a présenté les produits qui ont été conçus par cette dernière.

Le projet est parti d’un constat effectué lors de plusieurs mois passés à travailler au Sénégal et de confrontations avec les réalités locales de l’informatique. Les problèmes d’alimentation électrique, de refroidissement, mais aussi de coût des serveurs rendent la construction d’infrastructures informatique difficile.

Jérémie et son équipe ont donc cherchés à concevoir une solution répondant à ces contraintes. Ainsi est né le concept de microCluster. Une approche dite de physicalisation par opposition à la virtualisation. Plutôt que de chercher à assembler un gros serveurs équipé de processeurs puissants qui sera ensuite partitionné en plusieurs machines virtuelles, il s’agit ici d’une grappe de petites machines exécutant chacune une instance d’un système d’exploitation.

Le microCluster Hedera est construit à partir de cartes mères standard et grand public au format mini-itx équipées de processeurs à faible consommation de type Intel Atom. Les cartes mères sont regroupées au sein d’un châssis spécifique dont les spécifications sont ouvertes. Une carte électronique a été développée en complément pour optimiser la gestion électrique.

Un microCluster consommerait environ 60% d’électricité de moins qu’un serveur traditionnel. Ce gain est obtenu, car l’ensemble des cartes mère est pilotée par un logiciel dénommé Kanopya qui se charge de les éteindre ou de les allumer en fonction des besoins de traitement.

Kanopya réalise aussi le déploiement du logiciel sur les différentes cartes mère. La solution d’Hedera s’adresse d’abord aux infrastructures web de type LAMP (Linux/Apache/Mysql/PHP) en leur offrant une élasticité de la puissance disponible en fonction de la demande. Une solution qui se positionne sur le marché du cloud computing à mi-chemin entre les offres de type IaaS (Infrastructure as a Service) et PaaS (Plateform as a Service).

A ce jour Hedera compte cinq salariés et son développement a été assuré grâce à des investisseurs et surtout à une bonne dose d’énergie. Hedera a été sélectionné lors du dernier Open World Forum parmi un panel de 13 entreprises pour participer au concours Demo Cup. La solution ayant désormais atteinte un stade de maturité suffisant, la phase de commercialisation doit débuter.

Se pose inévitablement la question du modèle économique d’entreprise. Jérémie reste attaché à l’esprit de partage et d’ouverture initial du projet. Mais le choix du mode de commercialisation reste encore incertain.

Si le châssis restera sous une licence ouverte, le logiciel Kanopya pourrait être commercialisé soit sous une double licence, soit sous un modèle open core. Un choix influencé par la cible commerciale de cette solution constituée d’hébergeurs qui souhaiteraient mettre en place une solution économique d’un point de vue énergétique et souple du point de vue de la puissance machine.

Le premier modèle commercialisé le Kub10 permet d’accueillir dix cartes mère au format itx et supporterait jusqu’à 2000 connexions simultanées. A noter que le Kub10 n’utilise aucun ventilateur, la dissipation thermique est totalement passive.

Prochainement, une version au format plus classique de type rack 5U devrait être disponible pour s’intégrer dans les datacenters ainsi qu’un châssis exploitant les cartes mère BeagleBoard. Ces cartes à base de processeur ARM ne coûtent que 149$ pièce et ne consomment que 2,5W. Un projet à suivre…

1 réponse

  1. ROmours dit :

    Initiative très intéressante qui s’inscrit parfaitement dans les problématiques de fond du green IT et qui a le mérite de répondre concrètement aux exigences environnementales en intégrant la conso électrique dans les tops priorités et en favorisant le recyclage de matériaux.

    Cela me semble une très bonne alternative pour les PME désireuses d’avoir la main sur leur data center « maison » adapté à leur besoin tout en maîtrisant les coûts de près.

    Je vais suivre cela de très près…