Financement participatif et agriculture

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légumesJe partage ici une petite veille que j’ai faite autour de la thématique du financement participatif et de l’agriculture. Ce dernier sujet est un autre de mes centres d’intérêt dans lequel je me suis investi il y a environ 7 ans en devenant président d’une AMAP. J’ai rendu mon tablier il y a maintenant deux ans, mais je reste toujours membre de l’association. Les producteurs qui nous fournissent sont devenus avec les années plus que de simples « producteurs ». Un véritable lien d’amitié et de confiance s’est tissé. C’est là l’un des objectifs des AMAP et en ce qui nous concerne il est atteint. Difficile donc de quitter mon AMAP adorée et le rituel de l’apéro du jeudi soir 🙂

Nous avons aussi connu des séparation avec nos producteurs. En général fautes de commandes suffisantes pour que le « deal » soit équilibré et un cas où tout simplement il devait mettre la clé sous la porte. Quelques mauvaises années, des investissements à rentabiliser, avaient creusé un déficit dans l’exploitation. Elle avait cependant depuis deux années retrouvé une rentabilité certaine grâce à l’adoption de nouveaux circuits de vente directe. Il fallait « juste » qu’une banque fasse son métier et aide ce producteur à passer les quatre ou cinq années à venir. Aucune banque ne voulut le faire. Une exploitation agricole disparaissait.

Cet agriculteur aurait-il pu trouver une planche de salut avec les nouveaux modes de financement apparus ces dernières années ? Rien n’est moins évident. La monnaie et ses règles de création sont hélas perverties depuis bien des années. « On ne prête qu’aux riches » est devenu plus qu’une évidence. L’idéal serait de remettre tout le système à plat et certain s’y attellent, j’y reviendrais.

Il faut distinguer plusieurs types de plates-formes de financement participatif (source) :

  • Crowdfunding en fonds propres : Cette forme de crowdfunding permet de devenir directement actionnaire des entreprises soutenues.
    Ainsi, le retour attendu est financier et la communauté d’investisseurs peut contribuer plus que financièrement en apportant son expertise et son réseau pour favoriser le développement de l’entreprise.
  • Prêt ou peer to peer lending :  Le crowdfunding en prêt s’inspire très fortement du mi-crédit, un concept visant à prêter de faibles montants à des entrepreneurs ou artisans ne pouvant accéder au système bancaire classique et le plus souvent dans les pays en développement. Le prêt participatif permet à des particuliers de prêter avec ou sans intérêt à des artisans aux quatre coins du monde, à des particuliers ayant un projet bien précis ou de petites entreprises locales.
  • Don contre don : Il s’agit d’une forme de crowdfunding dans laquelle les internautes soutiennent un projet (culturel ou artistique le plus souvent) via leurs dons et obtiennent en échange une contrepartie non financière (goodies, cd de l’artiste financé, livre de l’auteur, etc.).

Dans la dernière catégorie, une plateforme spécialisée pour l’agriculture et l’alimentation a vu le jour en 2014 : MiiMOSA. Pour le vin c’est du côté de FundoVino qu’il faut aller voir. Bien sûr les acteurs « historique » KissKissBank, MyMajorCompany, Ulule, etc.. proposent aussi leurs lots de projet agricole à proposer.

Ce financement « palliatif » au défaut des banques peut aussi avoir pour intérêt de rapprocher à nouveau les gens de leur terre nourricière. La déconnexion avec ce que nous mangeons a produit de terribles effets ces trente dernières années et nous ne faisons que commencer à en payer le prix probablement.

L’idée de ce lien directe entre financeur et producteur me séduit et rejoint la démarche des AMAP. Pour l’instant le financement participatif ne représente que 0,3 % des prêts accordés aux entreprises. Un chiffre qui devrait augmenter puisqu’une ordonnance du 28 mai 2014 et un décret d’application du 16 septembre 2014 encadre désormais le fonctionnement des plateformes en ligne.

Prenons garde aussi à ce que ces plateformes ne soient pas les seuls vrais gagnantes. Que votre projet réussisse ou pas, elles auront prélevé leur pourcentage au passage.

Je finis par cette petite vidéo qui fera rêver les citadins en mal de légumes frais. Une famille américaine qui vit en quasi-autonomie alimentaire avec 470 m2 de jardins. La vidéo est en anglais. Et en matière d’agriculture urbaine, il y aurait bien des choses à faire. Certes au bémol que nos villes ne sont pas forcément l’endroit idéal pour faire pousser des légumes. Cependant certains coins de nos campagnes ne valent pas forcément mieux.

En tout cas cette année, je vais me mettre en place une serre maraîchère (3 par 5 mètres pour commencer) dans le jardin. Idéal pour les tomates, mais moins pour l’esthétique !

Bonne chasse aux œufs de Pâques 🙂 !


Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

5 réponses

  1. bonob0h dit :

    L’agriculture en ville ne souffre pas forcement de la pollution si les plantation ne son pas au sol ! Mais au delà de 3 m de hauteur les cultures ne subissent pas ou très peux de pollutions. Par ailleurs les sols peuvent être bien plus sains que dans nombre de nos campagnes !
    Par ailleurs il faut ne plus se contenter des agriculteurs à la campagne et des consommateurs dans les villes.
    Il faut un mixte complémentaire, sachant qu’il faut aussi lutter contre le réchauffement climatique des villes et donc abaisser leur températures, pour aussi mieux se passer de climatisations, en même temps que sans engrais, c’est aussi le meilleurs moyens de faire venir les abeilles !
    On peut aussi en profiter pour apporter de nouveaux services dans les co-propriétés et immeubles, en même temps que par exemple pour ceux qui ont des appartements en location touristiques sur les littorales il y a la aussi de quoi rendre plus attractives les locations !
    Ah « pas con » direz vous peut être ?
    Si c’est « pas con », venez en parler à Philippe 😉 il est au courant d’une démarche en ce sens qui cherche autant des paysagiste, urbanistes, agriculteurs, personnes sans emplois, et autres ayant des connaissances numériques …

  2. Patrick dit :

    @bonob0h : qu’entendez vous par « les sols peuvent être bien plus sains que dans nombre de nos campagnes ». C’est quoi un sol sain?
    Deuxième question, c’est quoi le lien entre engrais et abeille?

  3. bonob0h dit :

    @ Patrick avec les différents ruissellement les terres agricoles qui n’ont pas reçus de produits chimiques peuvent être contaminées quand même … alors qu’il est plus facile de sélectionner les terres ou autres saines pour des productions en pots, ou autre avec une agriculture urbaine.

    Je pensais a engrais / pesticides qui posent d’énormes problèmes pour les abeilles

  4. Patrick dit :

    @bonob0h : Si c’est pour de la production en pot, même une friche industrielle est « saine » vu que c’est du hors sol…

    Sinon, je repose ma question, en quoi des terres urbaines sont plus saines que des terres agricoles? J’ai l’impression que vous vous faites un monde des produits phytosanitaires en oubliant un peu légèrement les accumulations d’hydrocarbure en ville. Par ailleurs, la plus grosse source de pollution des sols agricoles détectés actuellement est… la ville (plomb, cadmium). Sans compter que c’est aussi la ville qui est la cause principale de disparition des sols agricoles. Pour les phytosanitaires, les produits qui s’accumulaient et qui posent problème ont été interdits, on ne peut pas parler d’une évolution récente mais d’un héritage du siècle dernier.

    Pour les abeilles, il y a aussi de sacrées confusions entre engrais et produits phytosanitaires : je n’ai à ma connaissance jamais lu-vu la moindre étude faisant un lien entre engrais et abeille (même chez les plus bidouilleurs d’études scientifiques) : les engrais n’ont rien à voir avec les produits phytosanitaires. Par contre, entre insecticides (car il faut là aussi être précis) et abeilles, il y a un lien « évident » lié à la fonction même des produits.

  5. Olivier Sanch dit :

    Bonjour Philippe et merci pour cet intéressant article. Je travaille pour hellomerci.com , site de prêts solidaires entre particuliers (site créé par KissKissBankBank). Je voudrais juste apporter une précision, au titre de KissKissBankBank, que vous avez mentionné. Cette précision concerne le « pourcentage » prélevé. Concernant KissKissBankBank, ce « pourcentage » n’est prélevé qu’en cas de collecte réussie et uniquement en cas de collecte réussie. Même principe pour hellomerci, une commission n’est prélevée qu’en cas de collecte réussie. Aucun frais en dehors de ça. Si une collecte échoue, que ce soit sur KissKiss ou hellomerci, aucune commission n’est prélevée.