[Sondage] – Comment financer de la documentation vidéo libre ?

closeCet article a été publié il y a 6 ans 2 mois 5 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

CrowfundingJe me lance dans une expérience qui nécessite votre participation. Elle se résume dans le titre de cet article. Comme vous le savez, j’ai publié un guide en suivant le modèle traditionnel de l’édition « propriétaire ». Les alternatives auxquelles j’avais pu réfléchir m’avaient semblé irréalistes. Notamment, le financement des six mois de travail requis par une opération de crowfunding.

Je voudrais essayer de m’atteler à un objectif peut-être plus raisonnable. Il s’agit en l’occurrence de réaliser une série de vidéos de formation sur divers outils libres. La liste est en cours de mûrissement. Mais bien évidemment elle tournera autour des logiciels que j’ai recommandés dans mon guide. Il s’agira de fournir des solutions simples à base de logiciels libres.

Ces vidéos de formation s’adresseront tout comme mon guide à des personnes n’ayant pas forcément de grandes compétences en informatique. Elles seront donc relativement détaillées et séquencées pour permettre un apprentissage progressif. Une vidéo de formation bien travaillée de deux à trois heures, c’est au moins trois à cinq jours de travail d’après mes estimations.

Puisqu’il faut parler d’argent, si je coupe la poire en deux à quatre jours, et que je compte 450€HT par jour cela fait 1800€HT la vidéo. 450€HT c’est un tarif journalier qui n’a rien de bien extraordinaire dans le monde de la prestation de services informatique. C’est même dans la fourchette basse. Je compte ainsi, car mes revenus passent par une société, donc avec les charges déduites, les impôts, etc., il n’en reste qu’à peine la moitié dans ma poche. Sachant qu’il faudra passer du temps pour faire la communication, l’inscription sur une plate-forme de crowfunding qui pompera ces 5 à 10%. Bref, je vous fais la vidéo pour 2000€. Vous pouvez déjà réagir à ce chiffrage en commentaire…

Je suis face aux scénarios suivants :

    1. Financer la réalisation des vidéos sur mes fonds propres et les rendre disponibles sous licence libre tout en proposant une offre de formation payante en présentiel à côté ou encore des prestations de services. C’est la marge sur ces services qui à terme paierait la réalisation des vidéos.
    2. Financer la réalisation des vidéos sur mes fonds propres et les vendre à prix libre. Une fois un montant déterminé atteint la vidéo est rendue disponible sous licence libre. Le montant visé est bien entendu la valorisation du travail qu’il aura fallu pour réaliser les vidéos.
    3. Lancer un crowfunding pour financer les vidéos qui seront dés leur réalisation placées sous licence libre;
    4. Financer la réalisation des vidéos sur mes fond propres et le vendre de façon classique.

A ce stade, je vais éliminer le scénario 4. L’objectif est d’arriver à du contenu sous licence libre plus ou moins rapidement. Le scénario le plus confortable est bien évidemment celui du crowfunding : je suis payé avant d’avoir réalisé le travail.

Avant de vous livrer mes réflexions sur ces scénarios, je souhaite avoir votre avis. Merci donc de bien vouloir répondre aux questions qui suivent pour m’aider à choisir une orientation.

Vos remarques, conseils, alternatives, etc. sont les bienvenus en commentaire.

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Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

6 réponses

  1. Michel dit :

    Quelques petites précisions après avoir répondu au sondage :
    Le crowfunding serait en effet le choix le plus confortable, mais le succès n’est pas garanti pour autant. Une solide campagne de communication sera sans doute nécessaire… donc un temps de travail supplémentaire (et non rémunéré au passage). Ce choix là ne serait pas le mien même s’il possède d’indéniable qualité. Il y a aussi la solution Patreon ou Tipeee à étudier.
    J’opterai pour ma part pour le deuxième choix : un prix libre et une licence libre ensuite. J’avais déjà lu ça quelque part d’approchant sur le blog de Calimaq/Silex.
    Concernant le prix, j’avais il y a quelques années acquis plusieurs vidéos chez l’éditeur Vidéo2Brain. Un travail propre, soigné, avec quelques extraits de la vidéo disponible gratuitement pour se faire à l’idée (une voix monocorde peut-être soporifique). En moyenne, une vingtaine d’euros pour 2 heures d’un contenu solide, cela me semble honnête.

  2. Ghislain dit :

    « Une vidéo de formation bien travaillée de deux à trois heures, c’est au moins trois à cinq jours de travail d’après mes estimations »
    Cela peut-être beaucoup plus, attention à ne pas te retrouver avec un crowfunding de 3 jours s’il te faut 15 ou 20 jours. Une vidéo de 3h, peut se faire en 3 heures, mais avec une bonne qualité sonore, sans hésitations, bien fluide, bien construite, avec un enchaînement logique solide qui permet une bonne synchronisation avec les objectifs pédagogiques, sans erreurs de manipulations, avec éventuellement quelques effets, ça peut prendre pas mal de temps. Sans compter la mise en place du process de prod (logiciels d’encodage et de montage, configuration, encodage, ratio, résolution, diffusion…) 🙁

  3. iGor dit :

    Je suis peut-être un utilisateur bizarre, mais le concept de tutoriel vidéo m’est quasiment incompréhensible. Il m’est arrivé d’acheter des petits manuels rédigés, mais même gratuit, voire libre, un tutoriel vidéo, j’évite coûte que coûte. Le son vient parasiter mon silence, mon open space ou ma musique, le flux est contraint. De plus, un tutoriel vidéo, c’est lourd à faire, lourd à mettre à jour.

    Cela dit, j’ai conscience que ce n’est là que mon avis… 🙂

  4. J’apporte là a la fois mon point de vue utilisateur lambda et celui du chef d’entreprise et militant libre :

    D’abord, j’ai voté scénard 3 car les autres parlent de financer à fond propre. C’est une aberration dans les termes : pourquoi la production d’un outils profitable au plus grand nombre devrait être financé par une seule personne qui en assumerais tout les risques sans avoir la moindre assurance d’en tirer un bénéfice proportionné au succès ? Le système classique a la limite justifie la prise de risque par la potentielle récompense en fortune… mais si on s’inscris dans un projet libre, il me semble que la racine, la graine même, dois être tout aussi libre.

    Parlons concrètement, et parlons sous sous, car je pense que ce que j’ai a dire parlera a tout le monde : des outils de formation aux outils libres permettent la mise en autonomie de travailleur et d’employés rapide et permet de gagner un temps (donc de l’argent, beaucoup d’argent quand ils s’agit de salaires !). Oui, mais voilà… installer ses employés dans un système libre, c’est « acheter » l’accès à des outils gratuits ( en disant cela, je ne parle pas de gratuité complète, je pense que l’argent qui n’est pas mis dans des licences est disponible pour payer des améliorations, des techniciens, de la formation – tiens ! on y viens-etc) mais c’est aussi acheter la pérennité des outils et la sécurité dans le temps, ce qu’aucune société ou support classique ne peut offrir.

    Cette sûreté, cette flexibilité, et ce gain énorme de temps et de productivité ne valent ils pas l’investissement dans de « simples » supports de formation ? je pense que si.

    Par ailleurs, ce que l’on paie avec le libre, c’est du développement et de la formation, souvent sous l’égide de fondations ou de start-ups. C’est fiscalement beaucoup plus intéressant que des charges brutes versées en licences… moi je dis ça…

    @ iGor : moi je préfère de très loin la video, j’apprend beaucoup plus. Il est vrai qu’avec les vidéos, la qualité du support deviens crucial, là où un lecteur avertis pourra facilement combler les lacunes d’un support pas la lecture d’un autre support. Mais je crois qu’il s’agit avant tout d’une question de types de réceptivités (les visuelles, les audio, les cognitifs, ceux qui aiment etre guidés, ceux qui aiment être libres dans le temps etc). C’est pour cela que j’ai voté « complémentaire »

    @Michel : je répondrais uniquement sur le prix. 20€ ou la licence libre correspond à merveille a un marketing orienté particulier. Je pense qu’il faut y adjoindre un tarif plus élevé pour les entreprises (qui restera tout de même dérisoire comparés aux budgets de formations classique supérieur à ce que Philippe demande par vidéo…). Ainsi, le chef d’entreprise n’achète pas un support – dont en bon gestionnaire il n’a pas le temps de s’occuper en fait – mais simplement l’assurance qu’en sortie de formation, les employés sont formés et peuvent attaquer. C’est ça qu’il faut nous vendre !

    (Je vous pris de pardonner mes fautes, j’ai parfois de grandes lacunes en orthographe)

  5. bonob0h dit :

    Le crowdfunding seul ne suffit pas … surtout en France et dans ce domaine. Il peut être juste comme partie pour aussi faire le buzz
    Il faudrait je pense faire financer par des partenaires par exemple techniques et mécènes, mais aussi pré-vendre à des entreprises, administrations, collectivités, fédérations métiers, etc …

    Il y aurait bien aussi Openclassroom … associatif et ai bénéficié du bénévolat qu’il faudrait requalifier en Travail dissimulé, le projet se transformant en boite ne donne pas envie de s’associer avec de telles pratiques. Il y aurait peut être à voir du coté de http://zestedesavoir.com des ex d’openclassroom qui pourraient être branchés ?

    Sinon petite remarque pédagogique 😉
    Les pures vidéo s’apparente à des MOOCs … or on connait le taux d’échec de plus de 80% car les MOOCs demande déjà des qualifications et aussi des capacités à apprendre de soit même.
    Il s’agit aussi dans ce cas d’initier à former des personnes qui ne sont pas forcément dans ces pré-requis.
    Par ailleurs il faut aussi penser à accompagner en présentiels les élèves qui ont besoin de cet accompagnement. Dernier point est aussi le concept de « classe inversées » qui rejoint les méthode Freinet, Montessori etc

    Mais au lieu des schémas classiques avec des classes réelles etc il y a tout ça de possible autrement en Web3D++ 😉
    C’est aussi ce qui peut être proposé à des partenaires / mécènes et autres en pré-vente qui pourraient être séduit à se lancer dans cette voie novatrice en expérimentant par cette thématique pour ensuite transposer à d’autres besoins de formations …

  6. Bonjour,

    Je tiens à souligner avant d’aller plus loin dans mon propos que je ne suis pas tant attaché à l’aspect libre de la vidéo qu’à l’accès universel à la connaissance.

    Cela étant dit, c’est personnellement le « pay what you want » qui me parait vraiment dans l’esprit. Même si je ne vois personnellement pas pourquoi la vidéo devrait être libérée une fois les dépenses atteintes :

    * D’un, les bénéfices pourraient être réinvestis dans d’autres vidéos, qui peut-être « marcheront » moins bien.
    * De deux, l’auteur prends des risques à l’origine de la démarche et c’est normal qu’il en retire quelque chose à la fin. C’est d’autant plus justifié que les gens avec peu de moyens peuvent avoir la vidéo pour ce qu’ils sont capable de mettre dedans.

    C’est un risque initial plus fort par contre, mais qui peut être réduit en trouvant des partenaires qui peuvent investir du temps et / ou de l’argent (et cette remarque n’est d’ailleurs pas tout à fait innocente, je m’intéresse moi-même a développer une activité de type contenu pour « sortir » de la prestation de service).

    D’un point de vue utilisateur par contre, je réagirais aux propos de @bonob0h sur l’aspect tutorat et accompagnement. C’est un avis que je qualifierais de très personnel et lié à mon profil très autodidacte et généralement quand même assez « power user ».

    Personnellement je vois l’intérêt des vidéos tutoriels comme un média plus « passif » que le support texte. En résumé : je « consomme » de la vidéo de formation quand je n’ai plus vraiment d’énergie pour lire efficacement, ou plus l’envie (le support vidéo pouvant être plus sexy / divertissant). Et inévitablement, je fais d’autres choses en parallèle.

    Ce que j’attends donc en tant qu’utilisateur ce sont :

    * Des vidéos courtes.
    * Qui exposent des concepts simples, des idées, des choses qui peuvent attirer mon attention sans la requérir à 100%.
    * Qui font le pont avec d’autres contenus textes pour « aller plus loin » à un autre moment.

    Je rejoins par contre @bonob0h sur le fait qu’apprendre à apprendre par soi-même pourrait constituer une vidéo de pré-requis très intéressante.

    J’ai bien conscience que mon cas n’est pas forcément très représentatif cela dit.