Chromebook : 1 ordinateur portable sur 5 vendu aux USA en novembre. Ça m’énerve…

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Quand je vois ce genre de nouvelle, cela me met de mauvaise humeur. Les mauvaises langues diront qu’en ce moment c’est plutôt le ton général de mes articles et ils n’auront pas tort. Je commence cette année en voyant le verre à motif vide.

Un ordinateur portable sur cinq vendu en novembre aux États-Unis serait équipé du « système d’exploitation » Google. Ce qui représenterait une croissance de 25,4 % sur un an. En novembre 2012, ces machines ne représentaient que 0,1 % des ventes.

Voilà de quoi faire rêver et crier victoire à bien des libristes. Une vraie claque à l’ami Microsoft. Ce qui reviendrait à accepter que ChromeOS soit un logiciel libre ce qui est loin d’être le cas. Certes la « souche » de ChromeOS, ChromiumOS est sous licence BSD. Mais nous avons à faire ici à de l’open source et à une approche qui reste purement pragmatique. Au final un produit qui reste fermé et totalement lié aux services en ligne de Google dont on connaît les travers.

Chrome-OS-accueil

Ce qui est énervant aussi, c’est de se dire que j’en ai pour une grosse demi-heure à transformer n’importe quel ordinateur portable d’entrée de gamme en l’équivalent d’un ChromeBook à l’aide d’une distribution GNU/Linux. Sauf que je n’en vendrais probablement pas un seul.

La force n’est donc pas dans la technologie, mais dans les usages que l’on propose autour de celle-ci. Une affirmation encore bien difficile à faire comprendre à beaucoup, y compris auprès d’experts du numérique en France. Car les Américains n’achètent pas des ChromeBook pour le système d’exploitation, mais pour l’intégration simple  et efficace de la panoplie des services Google dans un outil dédié à cet usage et plus pratique qu’une tablette pour faire un peu de « web bureautique ».

Mais pour proposer des usages, il faut avoir une vision transversale et globale des outils. Pas une n’approche par petits bouts construits chacun dans leur coin comme le pratique le logiciel libre depuis des dizaines d’années maintenant. Laissant ainsi la voie libre aux Google et autres pour construire sur ces mêmes petits bouts les usages et succès commerciaux du web d’aujourd’hui. Une victoire du logiciel libre au final ?

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

14 réponses

  1. chteuchteu dit :

    A savoir que la capture d’écran publiée est loin d’être Chrome OS 😉

  2. david96 dit :

    Bâ j’sais pas mais quand tu prends un gestionnaire KDE sous Debian, j’ai l’impression que tout est global pour ma part.

    Le problème est plus sur les moyens de communication et pour cela Google à les moyens.

    Ceci dit, les buts ne sont pas les mêmes. GNU/Linux ne recherche pas le profit et réussis très bien ailleurs.
    Dans le monde des desktops, même si c’est 1 ou 2%, c’est quand même des millions de personnes qui sont épanouis et j’en fais partie 😛

  3. Philippe dit :

    Dans le monde des desktops, même si c’est 1 ou 2%, c’est quand même des millions de personnes qui sont épanouis
    Mais on fait quoi pour que les centaines de millions restant puissent aussi avoir cette possibilité ? On attend de gagner au Loto 🙂 ?

  4. Philippe dit :

    @chteuchteu peut-être, ça ne change rien à l’affaire…

  5. Nicolas dit :

    Bonjour,

    Juste une faute de repérée le verre à motif vide -> moitié.

    Bonne fin de journée.

  6. david96 dit :

    @Philippe, je reste sur ma position que ce n’est pas à GNU/Linux à venir vers l’utilisateur, mais le contraire.

    GNU/Linux je le répète ne cherche pas le profit, mais seulement à faire le meilleur système du monde avec une éthique morale : logiciels libres, formats libres, interopérabilité, partage, etc…

    Ceci dit, je comprends ta position, c’est frustrant de voir un système aussi riche être paradoxalement restreint à une petit communauté.

  7. Philippe dit :

    Ce qui est frustrant, c’est de voir cette petite communauté refuser de faire ce qu’il faut pour justement aller séduire les 98% les laissant de fait à la merci du séduisant trio Google Microsoft Apple.

    Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’enjeux d’enrichissement personnel que le libre doit se refuser à séduire. Bien au contraire sexy et éthique ce serait le top.
    Mais cela implique de regarder en face la problématique du financement.

  8. david96 dit :

    Bien entendu, et je le fais à ma petite échelle, malgré ce que j’ai dis en amont.

    Mais attention de ne pas nous diviser entre nous, il faut respecter tout le monde.

    Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

  9. Bonob0h dit :

    Le libre est divisé en clans !
    c’est l’unité qu’il faudrait arriver a faire !
    Et chromium montre qu’il est possible de faire la nique à windows si on en prend la peine ! de réunir toutes les forces d’un libre disparate qui tant qu’a faire prendrait de l’avance et non pas se contenter du web2.minitel
    Le chemin est par ici > https://twitter.com/meza_lab

  10. Philippe dit :

    Le fond du problème et j’y reviendrais prochainement dans d’autres articles, c’est que tout le monde Microsoft y compris est en train d’adopter un modèle basé sur le service (gratuit ou payant là n’est pas la question). Sans service autour du logiciel, son adoption va devenir de plus en plus difficile voir impossible.. Et le Libre me semble mal positionné là-dessus en ne fournissant « que » du logiciel. Les Chromebook en sont une illustration. ChromeOS ne vaut pas tripette sans les services Google…
    Oui faut que je développe pas très clair 🙂

  11. Bonob0h dit :

    Les utilisateurs eux s’en foutent sans chercher a savoir que c’est du logi ou en ligne … du moment que ça fonctionne et que ça leur apporte des plus comparé aux autres outils …

    Le libre Autrement doit donc prendre en compte ces données en même temps que des « motifs » économique, écologique, plus respectueux des ressources, etc et bien sur des avancées majeures dans les usages … sachant qu les utilisateurs peuvent s’y mettre très vite et surtout y rester s’ils ont les bonnes locomotives qui les guident …

  12. david96 dit :

    @Philippe, mais des services payants ou gratuit dans le libre, ça existe : Red-Hat, Cannonical, etc. pour ce qui est de payant et Ubuntu-fr.org, debian-facile.org etc. pour ce qui est de gratuit.

    Enfin, j’attends avec impatience ton développement d’idées, sincèrement.

  13. Manu dit :

    Moi je crois que j’ai compris, Philippe 🙂

  14. prix2014 dit :

    Mis à part le côté technique, il y a aussi l’accessibilité. Google a peut-être des « travers », mais il permet une inter-connectivité facile et ça vaut le coup dans un monde où tout se fait en ligne.