Ouya la console de jeux « ouverte » récolte 8,5 millions de dollars, un exemple à méditer…

closeCet article a été publié il y a 11 ans 11 mois , il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

Ce projet de console de jeux video lancé sur le site de « crowfunding » américain KickStarter a récolté pas moins de 8,5 millions de dollars. Un record pour la plateforme de collecte de fonds. Un modèle de financement qui fonctionne à grande échelle aux USA et qui peine encore à démarrer en Europe.

OuyaOuya se présente comme un nouveau type de console vidéo. Nouveau car en effet, ses caractéristiques techniques en font une bien piètre console de jeux au regard de concurrentes comme la XBox 360 ou encore une PlaysStation 3. Exit donc les jeux bodybuildés à la 3D auxquels on joue sur un écran full HD.

Pourtant la campagne de collecte organisée sur le site KickStarter est un énorme succès. Initialement, ce sont 950 000 dollars qui étaient visés. C’est plus de huit fois la somme au final.

Comment expliquer un tel succès ?

Peut-être tout d’abord le prix de la future console annoncé à 99 dollars. Qui plus est en donnant cette somme dans le cadre de la collecte vous receviez la fameuse console. Ce qui a très certainement convaincu pas mal de « donneurs » qui pouvaient espérer ainsi en cas de succès de la collecte récupérer leur mise avec le fameux objet.

Comme je le disais les caractéristiques techniques de la console la rapprochent plus de celles d’un « gros » smartphone que de celles d’une console de jeux. Ce qui est cohérent avec le prix. C’est donc le marché des jeux sur ce type de périphérique  qui est visé. Le choix d’Android comme système d’exploitation conforte aussi cette ressemblance.

Ouya et sa manette de jeux viennent donc combler un manque sur ce secteur car un smartphone ou même une tablette n’est pas toujours le meilleur support pour jouer.

D’après une récente étuded’ici à 2015, le marché global du jeu vidéo va continuer à croître, et atteindra 15,7 milliards de dollars de valeur aux Etats-Unis, ainsi que 10,2 milliards d’euros en Europe. Le lent déclin que va continuer à connaître l’industrie du jeu boîte (-15% aux USA et -12% en Europe uniquement sur 2012) sera toutefois contrebalancé à terme par la forte hausse des ventes de jeux à télécharger, notamment sur le marché du jeu mobile.

Ensuite la console est modifiable. Les concepteurs annoncent même que l’ouverture du boiter de la console n’annulera pas la garantie et que chacun sera libre de créer de nouveaux périphériques ou encore de modifier la console. Bref, ami « hacker » (et joueur) de tous pays, on vous aime, est le message marketing sous-tendu. Voilà pour le côté buzz.

Une attention toute particulière a aussi été apportée au design de la console. Un élément que n’aurait certainement pas oublié de prendre en compte le célèbre fabricant à la pomme.

En résumé, prix, ouverture, desgin, choix du marché visé  sont les mamelles du succès de la campagne de collecte.

KickStarter, pour les startup américaines

La somme collectée représente environ 135 dollars par donneur en moyenne et peut laisser rêveur. J’avoue que les yeux m’ont quelque peu piqué quand j’ai vu le chiffre atteint et qu’il m’a fallu le relire à plusieurs reprises pour me dire que je ne me trompais pas.

Ce qui est étonnant aussi c’est finalement la capacité que peuvent avoir les gens à donner. Certes, il y a des contreparties proposées à ces dons qui peuvent dans le cas présent s’assimiler à une pré-commande. On ne peut donc pas dire qu’il s’agisse d’un véritable « don ».

Un constat qui n’est hélas valable à ce jour que de l’autre coté de l’Atlantique. Les plateformes de ce type en Europe comme KissKissBank ne connaissent pas le même succès. La faute probablement à la diversité de langage de notre continent. Il faudrait, pour toucher un maximum de personnes et permettre d’aussi importantes levées de fonds, traduire les présentations dans toutes les langues de la communauté européenne ou presque.

Le don version association

Quand on parle de dons, je pense aussi aux associations et surtout celles d’intérêt général qui ouvrent droit à des réductions d’impôt pour les donneurs qu’ils soient des particuliers ou des entreprises. Malheureusement, il existe de nombreuses contraintes qui rendent la mise en place de système de crowfunding associatif difficile (mais pas impossible). L’obligation d’être présent en tant que structure juridique  dans chaque pays pour pouvoir ouvrir droit aux réductions d’impôt est un des obstacles.

Pourtant dans ce secteur, il est également possible de récolter d’importantes sommes. Le très médiatique Telethon récolte chaque années plus de 80 millions d’euros.

Mais s’il semble « facile » de vendre du caritatif ou du culturel en France à nos médias et institutionnels, c’est bien autre chose lorsqu’il s’agit de parler de numérique et d’innovation. Les écoutilles se ferment alors et on vous regarde comme un extra-terrestre. Encore une autre grosse différence culturelle avec l’autre coté de l’Atlantique et qui nous vaut probablement la place bien méritée de nains du numérique sur la planète.

En résumé, on pourrait dire que les gens sont prêts à donner pour autant qu’on leur donne une raison d’acheter ce qui semble être une vérité de La Palice. Un modèle que devraient étudier les communautés du Logiciel Libre mais qui nécessite de se rassembler pour mener des opérations de grande échelle ce qui n’est pas leur fort à de trop rares exceptions.

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

2 réponses

  1. idoric dit :

    > La faute probablement à la diversité de langage de notre continent.
    Je le pense aussi.

    J’ai récemment découvert le site http://goteo.org/ qui m’avait enthousiasmé par son approche : non seulement l’appel à contribution ne se réduit pas à demander de l’argent, on peut aussi demander du matériel, une infrastructure, ou tout simplement du temps et des compétences, mais ce qui est « rendu » à la communauté doit être explicité, en particulier la licence (licence open source ou Creative Commons).

    D’ailleurs ce site fait l’objet à lui tout seul d’un manuel chez Floss Manuals :
    http://fr.flossmanuals.net/goteo/ch009_responsabilite-et-licences

    Sauf que… l’interface générale a beau pouvoir être mise en français, les projets semblent tous exclusivement en espagnol. Et si pour certains projets, cela a du sens d’en rester là, bien d’autres mériteraient de se faire connaître dans un maximum de langues, à commencer par l’anglais.

  2. Bonob0h dit :

    Pour information le système n’est pas si innovant que ça puisqu’il repose sur la « vente sur plan » ou « les proto de salon » avec préventes, associé au système né en Alsace de « fond de placement » ayant donné naissance au Crédit Mutuel etc …

    @ idoric … La faute a la diversité de langages ! Comment ça ? Les copieur francophono-européens sont légèrement polyglotte et pourtant … DépartRapide ne l’est pas mais en plus ne s’adresse qu’a des projet intra-us ! Bref

    Par ailleurs bien avant les quick et autre, quand on a proposé de le faire en mieux … personne pour faire en France ! Ah mais oui ! Il n’y avait pas de modèle trop chaud a pomper ! Ca n’existait pas ailleurs, alors ça ne pouvait pas fonctionner !

    En ce qui concerne goteo, la encore quand on a proposé, bien avant, tout en intégrant d’autres aspects … personne pour faire ! Pire certain on mis des bâtons dans les roues ! Parfois par ceux la mêmequi par exemple soutiennent a fond maintenant le « passeport bénévole » !

    Doit on encore parler récemment de propositions faites a quelques « gros sites » par exemple de rajouter des rubriques spéciales ! Tant coté moyens humains que coté matériels ! La encore ! Pas de réponse, ou refus, etc !
    _____
    @ Philippe … il me semble que tu a oublié de préciser les dates, le timing en rapport avec la somme 😉 environ 1 mois pour « collecter » plus de 8 M$ !!!

    Par ailleurs tu « oublie » de dire que certains ont déjà toutencarton pour résoudre et faire mieux toutenrésolvant certains problèmes techniques, légaux ou autres que n’ont pas résolu les quick et autres !
    Mais peut être « fait il exprès » dans l’idée de laisser la place aux commentaires que certains baptisent trolls ? 😉

    Histoire de relancer des : http://philippe.scoffoni.net/x-repetita-avenir-pour-logiciel-libre-propositions/
    page dans laquelle il y a un … « CHAMP » … a remplir … en dessous de « Alors … ne serait il pas temps ? »
    Il serait TEMPS que les 75 % de Partant, et bien plus encore se manifestent !

    Bougez vous « qu’on vous dis » Il serait temps de faire autrement ! Bien sur de façon générale qu’axée sur un EquiLibre … autrement ! Sur aussi une autre économie … Associative … pour faire à la fois les Raisins de la Colère … en même temps que la Grappe de Raisin … Librement … NuMétaGrative … Bien mieux que la Pomme EcoThiquement « pourrie » et consorts …

    Doit on attendre, que pointant son nez, une crise alimentaire mondiale soit en place pour que la FAIM, fasse que les occidentaux, qui eux ont les moyens de bouger, enfaim s’activent ? A ne rien faire, Les Risques sont dans ce cas de tomber dans l’hiver, alors que l’autoflambage de la faim, d’un tunisien avait pourtant porté un printemps d’espoirs !

    Pour s’activer il y a bien sur le « Champ » de Philippe !
    Il y a aussi par ici : http://www.meza.fadeno.org/node/2
    plus d’infos sur les compétences diverses et non pas qu’informatiques … en même temps qu’un premier formulaire, qui a besoin d’aide pour s’améliorer, qu’on trouve ici : http://www.meza.fadeno.org/contact

    Précision ! Ces liens ne sont que la partie visible, d’un développement « locomotive » tout autant qu’outil collaboratif pour faire les autres parties … comme le regroupement de Libres Grains de RaisonS*, pour une Grappe EquiLibrée, et bien d’autres fruits encore 😉

    * C’est bien « RaisOnS 😉