FLOSS Roadmap Edition 2010 : une contribution sur le cloud computing libre

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La FLOSS (Free Libre Open Source Software) Roadmap 2020 ou feuille de route du logiciel libre est un document élaboré par les participants à l’Open World Forum. Ce dernier est est régi par un Comité de Pilotage [1] et un Comité de Programme, comprenant des représentants de plusieurs organisations internationales, associations et communautés.

Une contribution à l’édition 2010 qui vient d’être publiée et qui a attirée mon attention concerne le cloud computing. Elle est rédigée par Philippe Aigrain. Il est l’un des fondateurs de la Quadrature du Net, membre du board of directors du Software Freedom Law Center, une fondation américaine qui agit mondialement pour servir la sécurité juridique des logiciels libres et de leurs acteurs.

Le document est accessible sur le site d’échange et de discussion collaborative co-ment.com. Un service web utilisant le logiciel libre Comt édité par la société Sopinspace du même Philippe Aigrain.

Il contient une synthèse sur le sujet du cloud computing que j’ai trouvé intéressante à plusieurs titres  et où nous devrions aller en ce domaine. Cette analyse s’appuie sur une classification des services web ou SaaS  (Software as a Service) en deux catégories :

  • Ceux qui sont une pure « re-centralisation » de logiciels utilisés sur un poste de travail et qui incluent éventuellement quelques fonctions collaboratives à valeur ajoutée, mais d’un type qui pourrait facilement fonctionner sur un serveur sous le contrôle d’un utilisateur,
  • Les services comme les moteurs de recherche qui en l’état technologique actuel et futur proche, nécessite une centralisation des données et des processus pour délivrer un service utile à l’utilisateur.

La première catégorie est désignée comme ne devant pas être utilisée au profit de solutions libres pouvant fonctionner sur un ou plusieurs serveurs sous le contrôle de l’utilisateur.

La position adoptée présente beaucoup de similitudes avec celle de Richard Stallman.

Il faut associer à cette réflexion Eben Moglen (co-rédacteur de la licence GPL) qui rejette également la vision d’un SaaS centralisé. Il recommande la reprise en main par les utilisateurs des serveurs et des donnés par :

  • La disponibilité de serveurs web peu coûteux, petits, faciles à installer, sachant communiquer les uns avec les autres et fournissant des services assurant une circulation des données qui soit : souple face aux attaques contre la neutralité du réseau, crypté et anonymisé si nécessaire pour faire face à la censure, la surveillance ou la répression.
  • L’existence de logiciels libres pouvant fonctionner sur l’architecture décrite précédemment pour fournir des fonctions essentielles d’applications web. La connaissance des limites en terme de type d’application web pouvant être utilisée ne pourra être connue que par exploration. Le traitement des cas restants sera un des défis à résoudre. Un exemple test serait un service qui dépende d’importante infrastructure de données géographiques.

La question de l’hébergement des services web est posée. Quelle forme peut-elle prendre ? Celles de dispositifs comme les TonidoPlug ou encore des mini-serveurs virtualisés basés sur des solutions libres comme on commence à trouver de plus en plus facilement ? La première solution peut sembler la plus mature pour cela. L’hébergement en serveur virtualisé réclame encore de la part des hébergeurs la possibilité de récupérer sa machine virtuelle ou mieux encore de pouvoir facilement les transférer d’un prestataire à un autre.

En conclusion Philippe Aigrain, met en perspective les deux approches actuelles qui sont celles de l’open cloud qui tend à favoriser l’émergence de solutions de type SaaS ouvertes et celle du « Free Mesh » (maillage libre littéralement).

L’approche de l’open cloud doit respecter selon lui trois conditions pour contribuer à rendre les services Web plus libres :

  • L’utilisation de logiciels libres, y compris pour la virtualisation,
  • Des choix d’architecture qui pousse le contrôle des données et des services entre les mains des utilisateurs. Cette approche doit permettre une transition facile d’un hébergement centralisé à un hébergement personnel,
  • La transparence pour l’utilisateur sur la localisation physique des données lorsque la répartition dans le nuage des données est nécessaire pour des questions de censure, répression ou de surveillance.

[1] Le Comité de Pilotage comprend deux consortiums internationaux (OW2 and QualiPSo, en partenariat avec l’Open Source Think Tank), plusieurs associations françaises (Adullact, AFUL, April, PLOSS, Silicon Sentier), deux pôles de compétitivité franciliens (Cap Digital and System@tic), la Mairie de Paris, la Région Ile-de-France, l’Agence Régionale de Développement de Paris Ile-de-France (ARD) et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP), en partenariat avec la Linux Foundation, la fondation Eclipse, la fondation Apache, l’Open Solutions Alliance et la communauté FOSSBazaar. (source Wikipédia)

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

1 réponse

  1. 6 juillet 2010

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