Ubuntu Software Store : Canonical assume son statut d’éditeur commercial

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Canonical a annoncé le lancement d’un nouveau logiciel de téléchargement et d’installation pour sa distribution Ubuntu : le Software Store. Pour ceux qui auraient raté l’annonce, l’Ubuntu Software Store sera intégrée dans une première version à Karmic Koala la version 9.10 d’Ubuntu qui doit sortir le 22 octobre 2009.

Sans même en avoir vu le contenu, j’ai réagi au nom qui contenait le mot magique et médiatique « Store ». Un terme qui renvoie immédiatement à la notion de magasin et d’achat en ligne. Ma réaction fut sur le moment « On y est ! ». Mais où en fait ?

Où en est Canonical ?

Ubuntu n’est pas une distribution communautaire au sens classique du terme. Bien sûr, elle s’appuie et existe grâce une communauté d’utilisateurs et de contributeurs estimée à 12 millions de personnes. Cependant, le projet a été initié au travers d’une société commerciale : Canonical qui emploie aujourd’hui environ 280 personnes à travers le monde.

Canonical fait donc parti de la famille des éditeurs commerciaux open source tout comme Red Hat, Mandriva, Suse ou Novell. Cette société a donc adopté le  modèle économique classique qui consiste à vendre des services sous diverses formes autour de leur système d’exploitation.

Mark Shuttleworth avait clairement annoncé sa stratégie de développement alors axée sur les services :

« We can’t make money selling the desktop that’s why we focused on a zero licensing cost business model, » Shuttleworth said. « The only way to build a business on Linux is to focus on services. »

« Nous ne pouvons pas faire d’argent en vendant les licences, c’est pourquoi nous nous concentrons sur un modèle sans coût de licence. Le seul moyen de faire des affaires avec Linux et de se focaliser sur les services »

Une stratégie déclinée à l’image de Red Hat, avec comme cible principale les entreprises. Quoi de plus naturel, celles-ci sont plus enclines « naturellement » à acheter du service. Ainsi, Canonical a développé une gamme de services à leur attention :

Si les entreprises sont une cible privilégiée, les particuliers peuvent aussi en constituer une autre pour laquelle Canonical a commencé à développer une offre dédiée. Ainsi est apparu Ubuntu One, un service qui permet de sauvegarder les données de son PC sur Internet moyennant un abonnement.

Le Software Store vient donc s’inscrire donc dans cette logique de services.

Une démarche qui selon moi devrait s’accélérer. La roadmap prévisionnelle du Software Store est précise et je suis certains qu’elle sera tenue voir peut-être même accélérée. La raison pourrait bien tenir à une simple question de rentabilité et de viabilité de Canonical.

N’oublions pas que Mark Shuttleworth n’est pas qu’un gentil mécène. C’est aussi et surtout un homme d’affaires qui a déjà connu le succès par le passé avec la société Thawte qu’il vendit en 1999 à Verisign pour la somme de 575 millions de dollars. Nul doute que l’objectif de rentabilité n’est pas un vain mot pour lui. Ce qui ne m’empêche pas de le croire sincèrement engagé en faveur de la cause des logiciels libres.

On ne connaît pas grand-chose de la situation financière de Canonical. Les chiffres de la société ne sont pas communiqués. Toutefois, en octobre 2008, Mark Shuttleworth avait admis que sa société n’était toujours pas bénéficiaire. Cepedant un objectif avait été fixé : la rentabilité pour 2009 voir 2010 au plus tard.

Inutile de nier qu’aujourd’hui pour exister d’un point de vue marketing tout système d’exploitation se doit d’avoir son Store. Le choix de Canonical n’est donc pas innocent et est bien dans l’air du temps et j’oserai presque dire en retard…

Pas innocent non plus le choix de piloter ce magasin à partir de Launchpad qui regroupe en son sein les sources et les outils de gestion de bon nombre de projet de logiciels libres. Une façon aussi d’attirer les développeurs vers cette plate-forme afin de simplifier la publication de son application sur le Software Store.

Des logiciels payants à partir d’octobre 2010

Le mot est lâché : payant. Il va falloir payer pour télécharger des logiciels. Mais quels logiciels ? Rien n’est dit à ce sujet.

Des logiciels propriétaires ? C’est la première idée qui vient à l’esprit. Donner de la visibilité aux logiciels propriétaires pour attirer des éditeurs et faciliter le passage de certains utilisateurs vers Ubuntu. Un sujet délicat, car il soulève souvent des débats houleux. Pourtant, il existe un public qui serait prêt à utiliser des logiciels propriétaires sur un système d’exploitation libre. Si Adobe décidait de porter Photoshop par exemple, je pense que bon nombre d’infographistes seraient incités à passer sous GNU/Linux. Dans le même ordre d’idée, il y a les jeux qui sont souvent présentés comme un manque majeur de GNU/Linux. Mais est-ce la bonne façon de les faire venir au libre ?

Des logiciels libres ? Pourquoi pas, rien n’empêche de vendre des logiciels libres. A ce sujet voici la position de la FSF :

« Logiciel libre » ne signifie pas « non commercial ». Un logiciel libre doit être disponible pour un usage commercial, pour le développement commercial et la distribution commerciale. Le développement commercial de logiciel libre n’est plus l’exception ; de tels logiciels libres commerciaux sont très importants. Vous pouvez avoir payé pour obtenir une copie d’un logiciel libre ou vous pouvez l’avoir obtenu gratuitement. Mais indifféremment de la manière dont vous vous l’êtes procuré, vous avez toujours la liberté de copier et de modifier un logiciel et même d’en vendre des copies.

En l’absence d’informations plus complètes sur le sujet, inutile de s’alarmer ou de s’inquiéter outre mesure. Il faut attendre pour voir comment ce software Store va évoluer. Au mieux c’est une excellente nouvelle qui permettra aux développeurs de logiciels libres de disposer d’une source potentielle de revenus. Il s’agira en effet ici de rémunérer le canal de mise à disposition du logiciel et l’auteur du logiciel. Il reste néanmoins souhaitable que le paiement soit une option pour les logiciels libres. Un peu comme on le voit aujourd’hui sur le site d’add-ons de Mozilla.

Au pire, c’est l’invasion des logiciels propriétaires avec l’aide de Canonical. Je ne crois pas trop à cette dernière hypothèse qui reviendrait à un suicide en bonne et due forme.

Peut-on conclure ?

J’ai un peu de mal à le faire, tant l’annonce et ce que l’on a pu voir est pour l’instant incomplet. Le projet n’en est pour l’instant qu’à ces débuts et n’est qu’une alternative aux solutions d’installation classiques qui n’en doutons pas, si elles ne sont plus installées par défaut pourront toujours être ajoutées.

Je pense que le Software Store s’adresse à une catégorie de client que Canonical rêve de capter. Les utilisateurs de Windows qui achètent leur anti-virus et leur firewall ou encore leur logiciel de gravage de DVD sans discuter 30 jours après avoir allumé leur nouvel ordinateur portable. Si ces derniers pouvaient utiliser leur carte bancaire pour acheter des services Canonical, Marc Shuttleworth pourrait alors atteindre son objectif de rentabilité.

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

52 réponses

  1. gwado dit :

    C’est vrai que c’est encore assez flou mais aussi que ce projet ne me dérange pas ! Vu que le store est censé remplacer les Synaptic et autres adept, il y aura toujours moyen d’ajouter les logiciels que l’on souhaite utiliser, sur ce point rien ne change. Et si, effectivement, certains éditeurs de logiciels ou de jeux utilisent ce store pour porter leurs bébés sur linux ça ne peut être qu’un avantage pour les utilisateurs de gnu/linux qui ne seront enfin plus mis à part (oh douce utopie !). Et que ces programmes soient libres ou pas, payants ou pas, peu importe du moment que l’utilisateur a le choix. Perso, ça ne me dérange pas de payer pour un programme qui me parait le valoir.

  2. splach dit :

    Assez d’accord, Software store est sensé apporté beaucoup à la gestion des paquets et le fait de vendre des logiciels propriétaires/logiciels libres payant ne me gêne pas. Il faut bien se rendre compte que la proportion de ces logiciels payants sera très faible par rapport aux logiciels libres gratuits. De plus, certains logiciels propriétaires non pas (encore) d’équivalent libre (notamment dans des domaines professionnels très spécifiques) et l’utilisation d’un tel logiciel peut amener à être obligé de rester sous Windows. J’ai écris plusieurs articles présentant les fonctionnalités de Sofware Store pour ceux que ça intéresse 🙂

  3. kane dit :

    @gwado : il n’y a pas d’adept sous Ubuntu, juste Synaptic… Sinon je te rejoins à 110% et je dis 10% de plus car en tant que dev, j’aimerai bien avoir la possibilité de me faire des sous-sous aussi simplement… j’espère juste qu’il ne faudra pas payer 80€ pour poster sur le store comme chez Apple…

  4. alain dit :

    Moi aussi avec ma petite entreprise j’ai fait le pari sur le service.
    A l’heure actuel on ne peut pas vendre Linux sans support c’est pourquoi j’ai inclus un accompagnement (aide) avec mes produits.
    Mais comme Canonical je ne suis toujours pas bénéficiaire.
    Les personnes qui utilisent Ubuntu ne regarde que le prix du produit ils ne regardent pas
    ou ne font pas attention au service compris avec.
    Ils ce disent « encore un qui veut ce faire de l’argent sur du gratuit »
    mais bon, je vise les débutants ou ceux désireux de connaitre autre chose que windows
    Si Sofware Store apporte un plus comme le développement de jeux ou même de bon logiciels propriétaires,ce ne sera que du plus.
    Mais ça peut aussi vite devenir du moins avec des logiciels plus attractif en payant qu’en gratuit.

  5. piti dit :

    j’ai du mal à adhérer a cette analyse: est-il mentionné à un seul endroit que ce « store » permettrait de vendre des produits ?
    De ce qui est annoncé, il s’agit simplement de remplacer synaptic ou « ajouter/supprimer des programmes » par une interface sexy, accessible au quidam moyen.
    mais nulle mention de logiciels propriétaire, ou nul besoin d’entrer ses coordonnées bancaires pour démarrer l’application

  6. A.Nonyme dit :

    @Piti

    Regarde la roadmap du « store » qui est en lien dans l’article.

    Objectif pour Octobre 2010 : pouvoir vendre des logiciels depuis le ‘store’.

    Et sur le fond je suis plutôt pour pouvoir acheter des packages d’applications propriétaires directement que de passer par un tiers. Il y a plus de chance qu’il n’y ait pas de problème de dépendance de cette façon.

  7. kane dit :

    @piti et @A.Nonyme : On peut aussi vendre du libre vous savez… C’est l’aspect « psychologique » qui change… ce n’est plus un appel aux dons, mais une contribution contre quelque chose.

  8. nima dit :

    Je trouve ça très bien moi. Si je pouvais faire tourner mes jeux et Adobe CS sous ubuntu, j’aurai plus de windows.
    Après, je ne comprend pas trop la réticence générale contre les softs payants sous Ubuntu.
    S’ils sont propriétaires et payants, on est pas obligé de les installer, et il y aura toujours, et de plus en plus, de logiciels libres et gratuits de qualité dans les dépots. Canonical ne fera jamais devenir payant les logiciels libres, ce serai se tirer une balle (un boulet ?) dans le pied car débouchant sur la perte des utilisateurs et de la communauté.
    Pour le côté « fermé » des softs propriétaires, on est déjà dedans depuis longtemps sous ubuntu avec les drivers vidéo.
    De plus, le fait d’avoir des softs comme Adobe sous linux lui ferait prendre énnormement de parts de marché. Après si le système est populaire, ça augmente aussi ses chances d’avoir plus de logiciels libres de qualité. Sans tomber dans l’extrême du tout proprio, cela peut devenir un cercle assez vertueux. Et puis, faisons un peu confiance à Marc, c’est un visionnaire. Il va pas avoir fait tout ce qu’il a fait avec Ubuntu pour tout pourrir en deux secondes. Ou alors c’est l’arnaque du siècle, et j’y crois pas trop de la part d’un mec qui a été dans l’espace 🙂

  9. Baz dit :

    Eh bien moi je n’aime pas ça du tout.

    Ce que j’apprécie plus que tout dans mon OS libre, c’est que justement, de rester completement en dehors du système commercial et du modèle économique « classique ».
    Si je veux utiliser un logiciel propriétaire sur mon OS libre, je préfère me rendre directement sur le site web de l’éditeur pour l’acheter, plutôt que n’avoir qu’à « cliquer » dans Synaptic.
    Je ne veux pas de publicité dans mon ordinateur car c’est mon espace, libre et privé.

    Si j’avais « juste eu à cliquer » pour installer MS Office, je ne sais pas si j’aurais pris le temps d’apprendre à me servir d’Open Office comme je l’ai fais. Il en va de même pour Gimp vs Photoshop et bien d’autres logiciels que j’ai apprivoisés et pour lesquels je ne regrette pas leur equivalent propriétaire.

    Le passage au Logiciels Libres et à Linux, ça demande un petit peu d’adaptation et parfois, il faut savoir perdre un petit peu de confort pour gagner en liberté (même si en faisant le total, on gagne sur les deux tableaux). Sans cette liberté, Ubuntu n’aurait jamais existé et le logiciel libre ne serait rien.

    Le problème (mais aussi la force dans certain cas) d’Ubuntu, c’est de vouloir attirer le maximum d’utilisateurs. Favoriser la quantité au dépend de la qualité, cela revient à abandonner un peu de liberté au profit d’une position dominante. Le libre n’est peut être pas fait pour « la majorité des gens » et c’est tant mieux car la quantité n’a jamais fait la qualité. (ex: TF1 qui fait un maximum d’audience vs Arte qui à une audience largement inférieure. Que ce passerait-il si Arte décidait d’attirer le maximum d’auditeurs ?)

    Je pense que celui qui veut utiliser Photoshop, il n’a qu’à rester sur son OS propriétaire car s’il ne veut/peut pas faire l’effort d’apprendre à utiliser Gimp, il n’aura pas grand chose à gagner à utiliser un OS libre, chacun utilise ce qui lui convient le mieux.

    Je pense aussi aux développeurs, si le « Ubuntu Store » contient des logiciels propriétaires, pourquoi un nouveau développeur voudrait-il développer un Logiciel Libre, si l’exemple et la philosophie du libre n’est plus entretenue ?

    Bref… Je m’affole peut-être un peu vite et inutilement mais je pense qu’il faut quand même surveiller ça de près… Et puis après tout, il y a suffisamment de distributions Linux disponibles pour aller voir ailleurs en cas de dérive…

    A++

    PS: Ceci n’est pas un troll mais une simple réflexion suite à l’article de Philippe.

  10. Christophe dit :

    Un store Ubuntu… l’idée n’est pas nouvelle. Ce n’est ni plus ni moins que la reprise du store de Linspire
    et son fameux Click’N Run :

    http://forum.ubuntu-fr.org/viewtopic.php?pid=739147#p739147

    Ubuntu ubuntise le magasin, rien de plus, rien de moins. La question, comme le dit Baz, n’est pas tant de vendre du libre (si tant est que la licence reste libre et qu’on puisse copier librement et donc distribuer aussi librement et même gratuitement) que d’offrir une porte à l’industrie du logiciel propriétaire. Et là, la question du confort de l’utilisateur n’est pas suffisante à évacuer les problèmes éthiques que pose l’intrusion du soft propriétaire sur un OS qui devait rester libre selon M. Shuttleworth.

    En 2005, lorsqu’on lui posait la question :

    « Est-ce-qu’Ubuntu exigera un jour une licence payante ou des royalties ? »

    M. Shuttleworth répondait :

    « Non. Jamais. Je n’ai aucun intérêt à faire qu’Ubuntu rejoigne l’industrie du logiciel propriétaire. C’est une horrible activité qui est ennuyeuse et difficile, et qui disparaît rapidement de toute façon. Ma motivation et mon but sont de trouver une manière de créer un système d’exploitation à usage bureautique général qui soit libre et gratuit, mais également pérenne et d’une qualité comparable à tout ce que vous pouvez acheter. C’est ce que j’essaye de faire, et si nous échouons, et bien je trouverai un autre projet à mener plutôt qu’entrer dans l’industrie du logiciel propriétaire. Je ne pense pas qu’un seul développeur de l’équipe Ubuntu, ou qu’une bonne partie de la communauté, resterait dans les parages si je devenais timbré et décidais de tenter ça en tout cas. »

    http://www.framasoft.net/article3752.html

    Alors bien entendu, ce n’est pas l’OS qui deviendrait payant… le store vendra très certainement des solutions logicielles libres (comme le font certaines distributions ; j’ai vu ça avec slax, non ?) voire des logiciels propriétaires qui ne sont en rien une réponse à l’usabilité de GNU/Linux, juste un verrouillage supplémentaire.

    C’est pour cette raison que j’ai quitté Ubuntu en 2007.

  11. Christophe dit :

    heu… mon commentaire doit être en modération…

  12. Philippe dit :

    Merci pour vos commentaires qui expriment bien la diversité des réactions face à cette annonce dont il est trop tôt pour décider si elle est à regretter ou pas mais qui en tout cas est à mon sens une « prise de position » de Canonical. Où elle nous mènera je n’en sais rien, nous ne pouvons que faire des suppositions et rester vigilant.

    @Christophe : Désolé pour la modération, toujours l’anti-spam… Sinon le lien que tu as mis pour la réponse de M.Shuttleworth est plutôt celui-là, je n’ai pas retrouvé la citation dans celui que tu as indiqué.

  13. Rudy85 dit :

    Je ne suis pas d’accord avec ce principe de vendre des logiciels propriétaire ubuntu est avant tout une philosophie qui va se voir déroutée.

    Par exemple un fait commercial un vendeur fait une remise à client : très souvent celui-ci se sent redevable, et achète en retour un accessoire optionnel.

    Je suis vraiment dégouté , je ne compte pas le temps que je passe pour le logiciel libre. J’ai envie de retourner vers un bon windows commercial et avec lequel tout fonctionne

  14. Philippe dit :

    @Rudy85 :nous n’en sommes qu’à l’étape des suppositions. J’ai supposé qu’il pourrait y avoir des logiciels propriétaires de vendus, cela ne veut pas dire que c’est ce qui se passera. C’est ce qui est attendu par une partie des utilisateurs d’Ubuntu.

    A lire un article que l’on pourrait transposer pour Ubuntu
    À quel moment un projet open source doit-il commencer à suivre les orientations de ses clients ? http://bypsc.fr/4k

    Et puis il n’y a pas que Ubuntu…

  15. Christophe dit :

    @Philippe : Merci pour la correction de lien 😉 D’ailleurs, ça m’a permis de le relire :

    « Il est probable qu’il y ait un grand nombre de versions d’Ubuntu, sous d’autre noms, qui auront des caractéristiques commerciales ou propriétaires. Ça pourrait être des polices de caractères propriétaires ou des logiciels ou des ajouts ou de l’intégration avec des services, etc. Il y aura aussi probablement pas mal de logiciels propriétaires disponibles pour Ubuntu. »

    Finalement, le store Ubuntu n’est que la concrétisation d’un projet annoncé de longue date… Je sais pourquoi, je n’ai rien à faire sous Ubuntu.

  16. yoho dit :

    J’attendais ce jour où les détracteurs de Mandriva Linux qui sont partis sous Ubuntu se retrouvent avec une distro qui suit un modèle économique en tous points semblable. Ils doivent râler.

  17. motarion dit :

    Article interressant !

    Personnellement, je suis prêt à payer un logiciel propriétaire qui fonctionnerait sous linux pour lire les Blu Ray.

    Sinin il y a un truc qui me dérange:
    « la société Thawte qu’il vendit en 1995 à Verisign en 1999 pour la somme de 575 millions de dollars »

    Il l’a vendu à quelle date ?

  18. Thibauld dit :

    A mon avis, chez Canonical, ils ne sont pas assez fous pour commettre l’erreur de faire de leur Ubuntu Software Store un canal de vente de logiciels uniquement propriétaires. En revanche, ils vont clairement proposer des softs commerciaux à côté de l’offre de logiciels libres et c’est tant mieux. Si les softs commerciaux ont un équivalent OSS, alors l’utilisateur aura le choix (et ca m’étonnerait qu’il ne prenne pas le soft libre à iso-fonctionnalités) et si le soft commercial n’a pas d’équivalent, alors c’est une bonne chose qu’il soit proposé car, in fine, c’est tout au bénéfice de l’utilisateur final qui, jusque là, avait un besoin qu’il ne pouvait satisfaire.
    Un revanche, moi je suis plus sceptique sur la forme du Ubuntu Software Store. Je m’attendais plus à une application web (genre http://allmyapps.com) qu’à une application lourde mais bon… je suppose qu’ils doivent avoir une bonne raison!

  19. Philippe dit :

    @motarion : merci pour la coquille, c’était en 1999. 1995 c’est l’année de la création de Thawte.
    @Thibauld : J’avais visité allmyapps récemment et je m’étais dit qu’il faudrait que je fasse un article sur le sujet car ce site me semble effectivement représentatif de ce que pourrait attendre le grand public d’un système d’exploitation alternatif. Après je n’ai pas trop fouillé les fonctions, mais mon premier réflexe avait été de me dire que le « Ajouter/supprimer des programmes » des *buntu était équivalent.
    Cependant un utilisateur venu de Windows trouvera plus « naturel » ou plus proche de ces usages de se rendre sur un site web pour télécharger et installer ces applications.
    C’est une autre raison pour laquelle je pense que si Canonical n’avait pas fait le Ubuntu Software Store quelqu’un (Allmyapps ? ) s’en serait chargé. Il y a d’ailleurs toujours un risque pour Canonical de se faire « doubler ».

  20. Christophe dit :

    Bien des commentaires à cet article sont de bons révélateurs de l’état d’esprit des utilisateurs d’Ubuntu : ils jugent selon des critères de commodité, à court terme, plutôt qu’en terme de liberté. Ce nécessitarisme immédiat est symptomatique d’une incompréhension certaine du projet GNU/LInux.

    GNU/Linux est Libre non pour satisfaire un petit confort personnel mais au sens d’un libre échange de la connaissance.

    La question que pose un tel store (qui proposerait des logiciels non-libres) n’est pas tant de savoir si les gens auront ou non la possibilité d’installer et d’utiliser des logiciels non-libres (puisque le système d’exploitation GNU/Linux permet aux utilisateurs de faire ce qu’ils veulent). La question est plutôt de savoir si Ubuntu défend ou menace le projet GNU en guidant les utilisateurs vers des logiciels non-libres. La réponse est évidente.

  21. A.Nonyme dit :

    Je bosse avec Kubuntu en entreprise.

    Pour des raisons de compatibilité avec d’autres projets qui utilisent d’autres outils, Crossover est installé. C’est la version « commerciale » de Wine qui est payante mais qui est fourni avec du support.

    Crossover est donc installé sur les postes. D’un point de vue pratique, et en entreprise, c’est souvent juste ce qui compte, ça me parait plus simple d’avoir crossover disponible dans des dépôts payants « officiels ». Pour l’instant, c’est dans les dépôts privés de la société qui importe manuellement les paquets.

    Il faut pas se leurer, à long terme, Canonical ne peut vivre qu’avec le support vendu aux entreprises. Si ils se mettent sur le même modèle que les App Store Apple ou Google, ils préleveront probablement une petite partie du prix à l’achat.

    Au final tout le monde est gagnant : Codeweaver gagne de l’argent, qui permet de financer Wine, Canonical gagne de l’argent pour faire vivre ses développeurs et la communauté en profite, gain de temps et simplicité pour l’acheteur.

    Il faut pas se leurrer il y a déjà des entreprises qui utilisent des applis propriétaires payantes, c’est pas le fait de l’avoir a disponibilité ou pas dans un AppStore qui est déterminante.

    (Vraisemblablement la raison d’utiliser Crossover plutôt que Wine, c’est pour le support. Si il y a un bug bloquant pour l’entreprise, elle peut demander à Crossover de bosser dessus en priorité et rapidement).

  22. motarion dit :

    @Christophe: Donc les utilisateurs Ubuntu ne connaissent pas le libre ? C’est fort probable puisque c’est une distribution orienté grand public contrairement aux autres distributions Linux qui sont peu accessible aux gens « normaux ».

    Rendre possible l’accès à des logiciels Propriétaire n’a rien de dramatique en soi, si tu ne veux QUE du libre chez toi c’est toi que cela regarde mais tout le monde n’est pas du même avis. Regarder un Blu Ray sous Linux n’est pas encore possible (à moins de tout recompiler et encore) si un logiciel permet de le faire, pourquoi ne pas pouvoir l’acheter en attendant son pendant libre ?

    Au moins Ubuntu aura permis de mettre Linux dans plus d’entreprise qu’auparavant et non pas que en tant que serveur.

    Debian et ubuntu sont intimement lié, l’information se partage entre les deux distributions, Ubuntu à apporter à Debian et inversement. Mais Ubuntu va tuer le libre ? Tant que des gens comme nous existeront, le libre ne mourra pas.

    Le genre de réflexion :
    « GNU/Linux est Libre non pour satisfaire un petit confort personnel mais au sens d’un libre échange de la connaissance. »

    Fait plus penser à de l’intégrisme libriste alors que le grand public a besoin de se confort.

  23. nima dit :

    @christophe : Le fait de proposer des logiciels proprios sur ubuntu ne fera qu’augmenter la visibilité du système (et donc du libre et de gnu) et ne remet pas du tout en cause le libre à mon avis. Je suis développeur et convaincu de la qualité des softs libres, jamais je n’irai chercher un équivalent commercial à apache (suivez mon regard…).
    Le ton que tu emprunte en revanche envers les utilisateurs ubuntu, lui me semble propre à détourner les gens du libre. Si passer au libre c’est obligatoirement se faire pouser la barbe, marcher en sandalettes et refuser tout système commercial il me semble que Gnu est assez mal barré. Même Richard Stallman n’est pas contre le côté commercial du libre (« Free software » is a matter of liberty, not price. To understand the concept, you should think of « free » as in « free speech, » not as in « free beer. »). Là tu obtiendrais la liberté de choisir entre un soft libre ou non. Pour l’instant tu as le choix entre un soft libre ou garder un windows en double boot. Est cela que tu veux ? L’intégrité morale est une bonne chose, l’intégrisme non. Il faut savoir regarder à long terme. Si cela necessite de faire entrer la possibilité d’avoir des logiciels proporios pour enfin voir windows perdre son monopole, il me semble que le sacrifice vaut le coup. Et puis, cela aidera peut être les éditeurs à migrer vers un modèle libre qui leur fait peut être peur aujourd’hui. Entrer doucement en commençant par tourner sur un os libre, voir que ça marche, quoi de mieux ? Bref, l’intégrisme libriste n’est il pas simplement une vison à courte distance pour satisfaire un confort moral personnel au détriment de l’amélioration morale du système en général ?

  24. Christophe dit :

    @motarion

    « Rendre possible l’accès à des logiciels Propriétaire n’a rien de dramatique en soi, si tu ne veux QUE du libre chez toi c’est toi que cela regarde ».

    Du point de vue du Libre, c’est exactement le raisonnement inverse. Si tu veux installer des logiciels proprios c’est toi que ça regarde ; lorsqu’une distribution, un site,etc. favorisent ce type de « produits » c’est le projet GNU qui est menacé.

    Ce que chacun fait personnellement, dans sa pratique quotidienne, relève sa propre responsabilité. Ce que nous faisons pour chacun, en choisissant de diriger les utilisateurs vers des logiciels non-libres, est de notre responsabilité. Loin d’être une solution, le logiciel propriétaire est vrai un problème pour le Libre.

    Encourager ou soutenir les avantages de la pratique (le confort de l’utilisateur), autrement dit, faire primer la commodité sur la liberté, en dirigeant les utilisateurs vers certains logiciels non-libres, renforce non seulement des valeurs de consommation mais agit à l’encontre même de l’éthique du Libre.

    De tels compromis sont ruineux pour le projet GNU et le Monde Libre. Et l’utilisation du plug-in Flash en est un. Il faut les dénoncer et les rejeter, partout où ils s’expriment, pour défendre et préserver les valeurs du Monde Libre.

    Trop d’utilisateurs de GNU/Linux, et d’Ubuntu en particulier, se laissent séduire par de tels compromis ruineux ; ils ont une conscience très étroite de ce qu’est l’éthique du Libre qui est à l’origine du développement du projet GNU.

    Cette condamnation pour « intégrisme libriste » tombe comme un couperet, au nom d’une prétendue “liberté de choix”, d’un pragmatisme ou d’un bon sens (simplicité, efficacité et rendement immédiats, qualité ou avantage technique…) ; elle annule ou nie le rôle historique de l’idéalisme à l’origine du système GNU tout autant qu’elle le menace dans ses fondements.

  25. motarion dit :

    @Christophe:
    « De tels compromis sont ruineux pour le projet GNU et le Monde Libre. Et l’utilisation du plug-in Flash en est un. Il faut les dénoncer et les rejeter, partout où ils s’expriment, pour défendre et préserver les valeurs du Monde Libre. »

    Trouve une version libre de Flash qui fonctionne correctement et on en reparle.

    « Encourager ou soutenir les avantages de la pratique (le confort de l’utilisateur), autrement dit, faire primer la commodité sur la liberté, en dirigeant les utilisateurs vers certains logiciels non-libres, renforce non seulement des valeurs de consommation mais agit à l’encontre même de l’éthique du Libre. »

    Le libre n’a jamais été contre le commercial et donc la conssomation. Le message de nima l’exprime bien « Free as a speach » mais en France on voit surtout le coté gratuit « Free as a beer »

    « Cette condamnation pour « intégrisme libriste » tombe comme un couperet, au nom d’une prétendue “liberté de choix”, d’un pragmatisme ou d’un bon sens (simplicité, efficacité et rendement immédiats, qualité ou avantage technique…) ; elle annule ou nie le rôle historique de l’idéalisme à l’origine du système GNU tout autant qu’elle le menace dans ses fondements. »

    Cela montre bien ton inflexibilité et ta vision idéaliste du projet GNU voir du monde …

  26. nima dit :

    @christophe : De toute façon aujourd’hui c’est mon anniversaire, alors j’ai raison 🙂

  27. motarion dit :

    Bon anniversaire ^^

  28. Christophe dit :

    @motarion : Moi, personnellement, j’utilise swfdec (et Gecko Media Player) sous Iceweasel et très honnêtement je n’ai pas de soucis majeurs. Ça me va très bien. En même temps, comment veux-tu qu’une version libre de Flash soit aussi efficace qu’une version propriétaire pour laquelle les spécifications ne sont pas complètement libres ? Le problème est exactement le même avec le format PDF et ses fonctionnalités avancées. Mais en bon consommateur, tu attends qu’on te livre un logiciel clés en main sans même prendre la peine de tester ce que la communauté essaie tant bien que mal de développer… Bel esprit.

    Qui a dit que le Libre était contre Le libre contre le commercial ? le projet GNU est contre le logiciel propriétaire. Qui plus est, la majorité des solutions propriétaires ne se contente pas d’être liberticide, elle perce le porte-monnaie des utilisateurs.

    Je n’ai pas de problème avec mon idéalisme : je le soigne quotidiennement (et pas seulement dans ma vie privée puisque mes nouvelles missions sont de promouvoir l’utilisation des logiciels d’intérêt public).

  29. Christophe dit :

    @nima : bon anniversaire !

    Je n’ai pas le choix entre un OS Libre et un OS non-libre… je suis sous GNU/Linux et je fais avec cet environnement de travail. Rien d’autre.

  30. nima dit :

    Le mot est laché… « travail »… argggggggggggggggggg je meurs. J’aime pas ce mot 🙂
    C’est peut être juste là le souci. C’est que certaines personnes utilisent les ordinateurs pour faire autre chose que travailler. Oui, je sais ça parait étrange, mais c’est vrai. J’en connais !
    Moi je suis dans le développement, et clairement je n’ai besoin d’aucun softs proprios. Le libre me suffit et me convient même bien mieux.
    Mais quand je suis fatigué de travailler (souvent), faut avouer que tux racer c’est pas folichon… ça exploite pas vraiment le potentiel de ma carte graphique top niveau et de mon volant à retour de force… alors un bon « colin mc rae » ça arrache un peu plus, mais c’est sous windows. Ah et puis j’ai acheté un GPS Tomtom aussi (linux embarqué, super hackable). Faut que je me passe de le mettre à jour seulement parce que tomtom home tourne pas sous wine ? Non, j’ai un windows forcement.
    Voila, deux softs seulement, mais qui justifient un os non libre. Après, on est pas obligé de jouer et on peut aimer se perdre. Mais c’est un choix de vie. Je le trouve un peu austère, on a suffisamment de choses sur lesquelles économiser autrement pour ne pas trop sacrifier le peu de loisir possible entre le travail et les besoins vitaux. Révise ta pyramide de Maslow, le sommet est important aussi 😉

    PS: merci pour vos souhaits 🙂

  31. Christophe dit :

    @nima : je te remercie de penser à mon bien-être et à mon développement personnel mais je te rassure : ça va très bien… Je n’ai pas toujours besoin de l’ordinateur et certainement pas pour me détendre. Jeux, GPS… c’est pas mon truc. Et je me porte bien sans, je pense… Tu as une image curieuse du « libriste » que je suis : je n’ai pas de barbe et apprécient la compagnie de mes semblables (notamment la gente féminine qui me le rend bien en retour).

  32. nima dit :

    @christophe : Moi j’ai une barbe, des lunettes et des sandalettes (de mars à novembre seulement).
    Mais vois tu je crois au proverbe « un tiens, vaut mieux que deux tu l’aura ». J’aimerai aussi que le monde soit completement libre, sans avoir à faire de concessions. Seulement, c’est utopique et il semble plus raisonnable de commencer par ce qu’on peut avoir et non pas le refuser en bloc car ce n’est pas parfait. Enfin c’est mon avis, ça n’engage que moi.

  33. Christophe dit :

    @nima : Comme je vis au soleil, tout le temps, dans l’Océan Indien, je suis donc le plus souvent en sandales, en décembre comme en juillet, au travail comme à la maison. C’est une nécessité. Tu vois, la sandale, dans ton cas comme dans le mien, n’est nullement un attribut idéologique. Ce ne sont pas des baskets Jérusalem ! Je n’ai rien du baba cool.

    Seulement voilà, je tiens exactement le même raisonnement que toi mais du point de vue du Libre : Un tiens (tel logiciel libre) plutôt que Deux tu l’auras (tel logiciel propriétaire. Et s’il un exemple qu’il faut sans cesse rappeler, c’est celui de BitKeeper :

    http://www.road2mayotte.org/blog/?p=1186

    Dans mes toutes nouvelles fonctions, je me dois de ne travailler et promouvoir que des logiciels d’intérêt public. Et w$ n’en fait pas partie. Tout comme les softs propriétaires. Ils ne répondent pas à mes critères de sélection :

    1. Standards ouverts : je ne vais quand même pas te faire l’affront de t’expliquer pourquoi.

    2. Indépendance et maîtrise :Techniquement, il est important d’avoir accès au code. Cette souplesse nous offre la possibilité d’adapter le logiciel à des besoins spécifiques si nécessaire. Je ne suis pas seul sur cette mission (je suis engagé sur lettre de mission, c’est comme ça que ça s’appelle). En cas de besoin, cette ouverture nous apporte une plus grande réactivité. L’indépendance, c’est de ne pas être un client captif et fataliste, soumis aux solutions de prestataires, financièrement et techniquement.

    3. La maîtrise des coûts. Notre budget n’est pas extensible à l’infini alors que les besoins des utilisateur croissent. Il m’appartient (en fait, nous sommes deux) de trouver des solutions innovantes pour apporter des fonctionnalités pour un coût réduit. Nous préférerons toujours investir sur la formation. Elle fait partir de mes missions.

  34. Philippe dit :

    Bonsoir à tous !
    Je découvre tous ces commentaires après une lonnngggguuuueeee journée de travail et ils me font plaisir pour deux raisons :
    – La parfaite expression des deux approches dont je parlais dans mon article,
    – La tenue de vos échanges malgré la différence de vos points de vue qui ne sont à mon avis pas conciliables même si chacun à votre façon vous voulez atteindre vers le même but.

    Pour moi Christophe a fait le choix de refuser toute concession et représente donc le puriste, nima représentant le pragmatique. J’avais fait une petite brève sur le sujet du puriste contre le pragmatique. Une des conclusions à laquelle nous étions arrivés était que nous étions tous le puriste ou le pragmatique d’un autre et que chacun de nous porté une part de ces deux facettes en lui.

    Dans mon cas, je m’efforce dans la vie privée d’être un puriste et encore pas toujours. Au boulot, je ne suis au mieux qu’un pragmatique au pire le contraire en installant des solutions propriétaires (Pas frappé svp) car c’est ce que l’on me demande. Ce sont pour moi deux domaines que j’ai séparés (à tord peut-être, mais c’est comme ça pour l’instant).

    Pour en revenir au sujet, il est clair qu’Ubuntu s’engage sur une voie qui va clairement l’éloigner du libre pur et dur. C’est ainsi. Le fait qu’une société commerciale soit derrière Ubuntu explique probablement cela.

    Je ne doute pas que ceux qui soutiennent et participent activement au développement de cette dernière soit sincèrement convaincu que le Libre est l’avenir. Pourtant, ils sont prêts à accepter des compromis. L’acceptation de ces compromis implique un risque, un peu comme joué avec le feu. Il leur incombe donc d’assumer ce risque qui ne les mènera peut-être pas là où le voulait mais peut-être pas si loin finalement

    Quel sera le bilan global de l’opération, difficile de le savoir.

    @Christophe, j’aime bien ton résumé des avantages des LL.
    Au fait bon anniversaire @nima 😉

  35. Christophe dit :

    @Philippe : merci 😉

    J’aimerais ajouter une petite chose : cette mission m’a été confiée après une rude sélection (un bon nombre de candidats, trois entretiens, etc.). Ce qui a fait la différence, c’est mon attachement au Libre et mon engagement (et d’autres points qu’il n’est pas nécessaire de développer ici). Sur ce point, mon intransigeance, que beaucoup qualifient d’intégrisme — petite parenthèse : c’est parfois irritant d’être associé à une sorte d’imbécile aveugle et sans conscience ou libre arbitre mais c’est le plus souvent amusant…fermons la parenthèse — mon intransigeance a plus été perçue comme une qualité qu’un défaut. Parce que de manière très pragmatique, ce que je préfère appelé mon idéalisme n’est pas un bras armé ; il s’agit plutôt, professionnellement, d’un cahier des charges : les critères de sélection sont clairs et constituent une base de travail.

    Dans quelques jours, je dois m’atteler à la conception (réalisation/rédaction, je serai, je l’espère épaulé par l’excellent graphiste de notre cellule) d’une publication mensuelle qui fasse état de notre veille informatique. Il m’a fallu retenir un outil de conception commun. Mon choix a été guidé par un quatrième critère : l’inter-opérabilité. Et c’est Scribus qui a pris le haut du panier.

    J’ai eu l’occasion de me poser dans le bureau du graphiste. Je l’ai questionné sur ses outils et ses besoins. Il n’a eu aucune difficulté à reconnaître que la suite propriétaire que vous connaissez ne lui était pas réellement nécessaire. La qualité des impressions pour les documents qu’il réalise n’exige nullement des fonctionnalités absentes de Gimp et Xara Xtreme. Il m’a dit sans mal qu’il utilisait cette suite par habitude. Il est conscient que Gimp lui serait amplement suffisant et sait l’intérêt de s’y mettre.

    Nul doute que si l’on devait dresser la liste des softs propriétaires que les utilisateurs aimeraient voir sous Linux, cette suite proprio d’Adobe figurerait en bonne place. Mais je suis persuadé que bon nombre de ces utilisateurs n’en ont pas réellement besoin…

    J’ai un ou deux exemples de ce goût-là. Je les trouve tout à la fois symptomatiques et encourageants.

  36. Philippe dit :

    Dans l’exemple que tu donnes, je suis assez d’accord. Maintenant nima a donné un autre exemple que sont les jeux. Même si ce n’est pas ta tasse de thé, ni la mienne non plus d’ailleurs, il faut quand même reconnaître que les jeux « pur » Linux sont peu nombreux même s’ils commencent à arriver. Pour qui cherche à s’en mettre plein les yeux, Windows reste il me semble incontournable hélas…

  37. Nico dit :

    Juste un petit commentaire pour ceux qui pourrissent facilement (sans chercher à comprendre) les développeurs qui vendent leurs logiciels ainsi que les utilisateurs qui ne souhaitent pas quitter certains softs proprio.

    J’aimerais voir une économie du logiciel 100% libre mais actuellement ce n’est pas encore possible, il reste du chemin.

    D’une part parce que les développeurs ne sont pas philanthrope ou pas trop longtemps (faut bien payer ses factures) et d’une autre part car certaines techno fort intéressante sont encore propriétaire.

    Par exemple l’éternelle comparaison Gimp vs Photoshop n’est pas valable pour tout le monde… Quoi qu’en disent certains à qui Gimp suffit pour leur usage.

    Ca va pour faire des retouches et maquettes grahique mais des que l’on souhaite pousser un peu et ceci pendant plusieurs heures par jours la productivité chute royalement avec Gimp et on se retrouve vite confronter à ses limites. A la longue ce n’est pas tenable.

    C’est pourquoi j’espère un jour voir Adobe porter sa suite sous Linux pour pouvoir migrer les 2 postes de graphistes et les 2 postes des développeurs Flash sous Linux.
    En attendant aucune solution dans le libre n’est satisfaisante pour « notre » usage.

  38. nima dit :

    Content de servir d’exemple et de ne pas être l’intégriste, pour une fois…

    Bon, les bonnes discussions faisant réfléchir, il me semble après vos remarques que la seule raison qui me pousse à accepter les compromis sont que pour moi les utilisations de logiciels proprios ne sont pas critiques.

    Je parlais dans un des messages de mon travail : mon PC et les serveurs sont tous sous linux et 100% libres. Ca me semble essentiel, évident et je me bat contre toute sorte de Flash, Silverlight, .net et compagnie (et c’est dur dans une SSII).

    Le fait que les logiciels proprios représentent un danger concernant l’interopérabilité et la transparence ne sont donc pas des facteurs déterminants pour moi quand j’en ai l’utilité. Un jeu de voitures et un soft de mise à jour des cartes de mon GPS, c’est pas la ruine si j’en perd l’usage un jour (du moment que je ne perd pas l’usage du GPS lui même).

    Il faut bien voir que pour ce que je considère comme critique, mes photos numériques de toute la petite famille (deux enfants et ma femme), jamais je ne confierai une donnée à un logiciel propriétaire de sauvegarde dans un format à la mord moi le noeud (lire non ouvert) ou un service de sauvegarde en ligne (le cloud comme les gens appellent ça, mais ça fait plus penser à un nuage de fumée).
    Mes backups sont en format tar.gz, les protocole sont standard, les formats ouverts (je converti tout en png et ogg dès sortie de l’appareil photo ou du caméscope) et ma politique de sauvegarde est assez poussée pour du particulier (plusieurs backups sur différents médias dont un dans un coffre fort ignifuge dans un autre lieu…et c’est lourd à gérer). Pour mes mails, j’ai mon propre serveur linux, chez moi, même pas hebergé, derrière mon ADSL et un gmail pour les trucs qui spament et sans intérêt. Comme le dit Philippe, on est tous l’intégriste d’un autre. La plupart des gens me croient parano. J’attends le crash de leurs disques durs avec angoisse malgré mes alertes répétées.

    Je pense que la liberté du libre c’est justement de laisser les gens choisir. Certains feront de mauvais choix, on voit ça tous les jours, même en entreprise. (Devrais-je dire « surtout » ?)

    Il faut informer les utilisateurs, ce que tu fais Christophe. Mais après tout est une question de manière. Je ne prétend pas avoir la bonne rassurez vous, mais je la cherche.
    Je pense que dans certains cas, comme le mien à titre particulier et donc probablement celui de beaucoup de gens, le risque du proprio doit être pris, ne serait-ce que pour des raisons de finances personnelles (Une imprimante pas cher a rarement un langage ouvert. Cependant, on arrive à en trouver avec des drivers proprios, certes, mais sous linux. J’ai une Samsung CLX 3170N. Une imprimante du même type qui passe en postScript, c’est déjà pas la même gamme de prix).

    L’incursion propriétaire peut être canalisé, doit l’être et peut à mon avis servir la cause libre en apportant de la visibilité par l’extension du catalogue d’applications.

    PS: le cas d’adobe CS. Je suis formé à l’origine pour être graphiste, j’ai débuté avec Photoshop 2. J’utilise Gimp chaque jour pour mes besoins perso et pour aider ma femme qui est prof dans son travail. Gimp est puissant, très scriptable, très extensible et produit des documents d’aussi bonne qualité que Photoshop. Cependant, question confort et ergonomie d’interface quand tu passe 10h par jour dessus (c’est le cas d’un pro en général), il n’y a pas de comparaison. C’est qu’une question bête d’agencement des fenêtres, des menus, des configurations, d’ergonomie des outils et d’assistants. Avant on faisait du pixel art et c’était très beau aussi. Mais combien d’heures y passait-on ?
    C’est la même chose que la différence entre une seconde et une première classe dans le TGV. On arrive aussi vite et au même endroit dans les deux cas. Mais en première, si on paie plus cher c’est parcequ’on a pas à aller voir un kiné après chaque voyage. (La seule différence entre le TGV et le libre, c’est qu’en première ou en seconde dans le TGV normalement on a la même chance d’arriver entier, ce qui n’est pas forcement le cas entre logiciel proprio et libre.)

    Bref, conclusion sur mes réflexions (à adapter un peu pour le logiciel libre je pense) : si vous voulez sauvez la sécu, voyages en première 😉

  39. Philippe dit :

    Pour que le 100% libre puisse exister pleinement c’est notre société entière et son modèle économique qui doit changer. Je suis en train de lire quelques bouquins sur le sujet et plus particulièrement sur l’économie du don ou économie de la contribution, il y a des pistes à suivre… Je vous prépare des fiches de lecture, mais soyez pas pressé 🙂

  40. Philippe dit :

    @Christophe, la machine est lancée

  41. Christophe dit :

    @Philippe : Quels livres tu lis ?

  42. Christophe dit :

    @nima

    « Je pense que la liberté du libre c’est justement de laisser les gens choisir. »

    Je ne partage pas du tout cet avis. La liberté logicielle est définie, non selon des critères de choix, mais selon les termes d’une licence, la GPL. Je ne vais pas revenir dessus. Cette extension du sens que tu produis est assez coutumière mais abusive. La définition du Libre (GPL) concerne les logiciels sous licence libre pas les logiciels propriétaires.

    « L’incursion propriétaire peut être canalisé, doit l’être et peut à mon avis servir la cause libre en apportant de la visibilité par l’extension du catalogue d’applications. »

    On en a souvent discuté avec Philippe ou Cyrille. Je ne partage pas cet avis non plus. GNU/Linux a ses spécificités. Quand on a besoin de certains softs proprios qui n’existent que sous un OS proprio on utilise l’OS qui va avec. Je ne comprends pas du tout cette volonté de transposer la logique propriétaire sur un OS libre. Doit-on prendre le risque de « sacrifier » la liberté (et la projet GNU) au bénéfice d’une usabilité personnelle ?

  43. motarion dit :

    @Christophe et Phillipe

    Navré de vous décevoir mais cette boutique en ligne existe depuis longtemps, bien avant l’annonce de Canonical de vouloir vendre du Propriétaire sur Ubuntu.

    L’annonce de Canonical fait surtout référence une application lourde qui permet d’acheter en direct des logiciel, un peu comme le Market d’Android ou AppStore d’Apple.

    À l’époque j’avais voulu acheter PowerDVD pour pouvoir lire mes BluRay sous Linux ! 🙂
    Mais il n’est pas compatible avec ce format pour l’instant …

  44. Michael dit :

    Personnelement, si le but est devendre du proprio, je pense que Canonical a la mémoire et la vision courte.

    Ce genre de choses a déja été tenté d’une part sans avoir de succés phénoménal, même si ça revient à la mode avec Apple et co, et d’autre part, les déboires du dell mini 10 devrait leur rappeler à quel point ils vont se tirer dans les pieds à proposer du propriétaire.

    Appstore marche sur iphone car la plateforme est innovante, le sdk est chouette et parce que les gens n’ont pas le choix de passer ou pas par appstore. Sous linux, bien que ça soit innovant, c’est pas du tout un nouveau marché qui vient d’arriver, les outils de dev de linux ne sont pas vraiment dans le même esprit que ceux sous windows, ou sous os x, et les gens peuvent trés largement éviter de passer par la.

    Enfin, l’esprit d’un linuxien moyen n’est pas à payer des logiciels proprios, et l’esprit du windowsien moyen n’est pas à payer tout court. De plus, je pense qu’il est impossible de faire un systéme de DRM en logiciel libre qui tienne la route, donc les logiciels proprios proposés ( si jamais c’est bien le but, encore une fois ) seront trés vite copiés, et je doute que ça rassure vraiment les gens.

    Un autre avantage aussi de l’appstore, c’est d’avoir une plateforme unique, ce qui n’est pas du tout le cas d’un pc sous linux, même sous une seule distribution. Et quand on regarde bien l’aspect économique de l’appstore, on voit que c’est plus proche des petits paiements que des gros logiciels, dans un esprit « shareware ». Donc je doute que des grands noms comme adobe se laissent séduire par ce canal de diffusion, au dela de la problématique du portage. Ils ont déjà assez de mal à porter flash :/

    Néanmoins, c’est vrai que vendre du support pour les ISVs sous linux et vendre les softs au client, ça semble être un business modéle des plus rentable,

  45. Philippe dit :

    @motarion, j’ai cru voir passer quelque chose qui parlait d’un Nero Linux avec le support du blu ray. Personnellement, je suis encore coincé au bon vieux DVD 🙂

  46. Christophe dit :

    Pour info, Pburn, le puissant logiciel de gravure de CD et de DVD, embarqué sur Puppy Linux (et Toutou Linux) gère manifestement très bien le blu-Ray :

    http://puppylinux.org/wikka/Pburn

    La petite Puppy Linux est une très belle distribution ! Elle vaut vraiment le détour…

  47. Philippe dit :

    @Christophe, Puppy je l’ai découverte indirectement au travers de toutoulinux dont tu as parlé récemment sur ton site. Un article sur le blu ray et HD DVD sous Unbuntu 8.10. Il faut être motivé quand même pour bypasser la DRM…

  48. ikeluther dit :

    Ubuntu Software Store n’est plus. Après un vif débat avec les contributeurs, il faut maintenant dire Ubuntu Software Center 🙂

    Source: https://bugs.edge.launchpad.net/ubuntu/+source/software-store/+bug/436648

  49. Philippe dit :

    @ikeluther : j’ai vu cette info effectivement, mais cela ne change rien sur le fond, à moins que la roadmap soit elle aussi changée.

  50. ikeluther dit :

    Je n’ai jamais sous entendu le contraire 😉