Open Source HardWare : Version 1.0 de sa définition

closeCet article a été publié il y a 10 ans 4 mois 11 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

open-hardwareA l’instar des logiciels, le matériel veut aussi se libérer. Tout comme les logiciels libres ou open source, il est possible de trouver sur internet les spécifications de toute sorte d’objets.

Ces spécifications sont placées sous diverses licences qui précisent leurs conditions d’utilisation. Bien souvent il s’agit de licences Creatives Commons ou encore de licence comme la GNU Free Documentation License. Tout récemment encore, le Framablog nous invitait à la découverte de ce site que j’ai trouvé fascinant : Open Source Ecology. Ce site est d’ailleurs placé sous une double licence : GNU FDL et Creative Commons by-sa et contient entre autre les plans d’un « tracteur » multi-usages.

On trouve souvent pour décrire ces objets « ouverts » le terme d’open source hardware ou matériel open source. Un mélange de termes que je trouve un peu malheureux tant il mélange deux notions qui n’ont pas été conçues initialement pour aller de paire. La définition de l’open source s’applique en principe aux programmes informatiques uniquement. On peut cependant considérer que les spécifications sont les sources de l’objet. L’objet reste la résultante de celles-ci comme le binaire exécutable est celui du code source du programme.

Même si le terme reste anglais, je préfère personnellement employer le vocable d’open hardware. Plusieurs organisations dont Bug Labs, MakerFaire, Creative Commons, The New York Hall of Science et littleBits ont travaillés durant l’année 2010 et nous livre la version 1.0 de leur définition.

En voici la déclaration de principes que je vous ai partiellement traduite :

Le matériel ouvert est un matériel dont les spécifications sont rendues publiquement disponibles de façon à ce que chacun puisse étudier, modifier, distribuer, construire et vendre les spécifications ou le matériel basé sur ces spécifications. Les spécifications du matériel sont disponibles dans format favorisant les modifications […] Le matériel ouvert donne aux individus la liberté de contrôler leurs objets technologiques ainsi que de partager leurs connaissances et d’encourager le commerce au travers de l’échange des spécifications ainsi ouvertes.

En voici la version anglaise plus complète :

Open source hardware is hardware whose design is made publicly available so that anyone can study, modify, distribute, make and sell the design or hardware based on that design. The hardware’s source, the design from which it is made, is available in the preferred format for making modifications to it. Ideally, open source hardware uses readily-available components and materials, standard processes, open infrastructure, unrestricted content, and open-source design tools to maximize the ability of individuals to make and use hardware. Open source hardware gives people the freedom to control their technology while sharing knowledge and encouraging commerce through the open exchange of designs.

On remarque une forte similitude avec les quatre libertés fondamentales du logiciel libre : la liberté d’exécuter le programme, de l’étudier et le modifier, de le redistribuer, de l’améliorer et distribuer ces améliorations.

Au final cette définition apporte-t-elle une réelle plus-value par rapport aux pratiques actuelles ? Elle précise au moins de façon claire ce qu’est du matériel ouvert et notamment l’obligation de ne pas entraver la commercialisation des objets ainsi réalisés. Une caractéristique qui fait plus ressembler cette définition à du Free Hardware que de l’open source hardware.

La prochaine étape consistera probablement à définir quelles sont les licences compatibles avec cette définition. En attendant, vous pouvez déjà participer au choix du futur logo que j’ai inséré dans cet article.

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.