Google montre un premier ChromeBook utilisant le BIOS Libre Coreboot

closeCet article a été publié il y a 9 ans 2 mois 1 jour, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

Coreboot est un projet qui a pour objectif de fournir un BIOS, sous licence libre, dont la fonction est de permettre de charger un système d’exploitation. Google vient de montrer un premier ChromeBook le mettant en oeuvre. Encore une fois, c’est au travers d’un géant de l’industrie numérique que le libre peut espérer parvenir à approcher le grand public.

Coreboot, un projet pour libérer le démarrage de nos machines

Qui contrôle le démarrage de l’ordinateur contrôle ce que l’on pourra ensuite utiliser dessus. A l’opposé, garantir à tout système d’exploitation qu’il pourra s’exécuter sur une machine est une façon de laisser à l’utilisateur la liberté d’usage du matériel qu’il a payé.

Verrouiller le matériel à l’aide d’un logiciel est une pratique très répandue, car elle permet de maintenir l’utilisateur captif et de forcer l’obsolescence et donc le renouvellement du matériel. Si cela est bon pour les flux financiers des entreprises, l’impact sur notre environnement est lui bien moins positif.

Coreboot a été lancé en 1999 au Laboratoire national de Los Alamos (LANL). L’objectif était un BIOS au démarrage rapide, gérant les erreurs de manière intelligente. Le logiciel distribué est sous licence publique générale GNU. Les principaux contributeurs ont été jusqu’à présent le LANL, AMD, coresystems GmbH et Linux Networx, Inc (source Wikipédia).

Coreboot est actuellement une alternative à l’EFI (Extensible Firmware Interface), qui a la fâcheuse capacité de permettre de verrouiller le démarrage d’une machine avec le système d’exploitation qui y est installé.

ChromeBook et Coreboot

Coreboot a fait l’objet d’une contribution de Google tout récemment pour y ajouter le support des derniers processeurs de la firme Intel : les Sandy bridge et Ivy Bridge. Elle prend la forme d’une quarantaine de fichiers et de quelques milliers de lignes de code.

Jusqu’à présent, Google exploitait pour ces ChromeBook des processeurs de la famille Atom. Des processeurs peu puissants et qui pouvaient brider certains usages, bien que pour naviguer sur Internet, il ne faille pas nécessairement un PC très puissant.

La contribution de Google n’est pas purement philanthropique bien évidement. Pour preuve, la présence de ce portable Samsung équipé de Coreboot et d’un processeur SandyBridge au salon Intel Developer Forum de Pékin.

Une vidéo montre ce portable démarrant ChromeOS en une poignée de seconde.

Même si pour l’instant, il ne s’agit que d’un prototype, il est intéressant de voir que Google s’intéresse à Coreboot. Encore une fois, il ne s’agit pas d’une démarche purement idéologique de la part de ce géant.

Des partenaires industriels pour les projets libre

On voit bien ici que lorsqu’une grosse entreprise trouve un intérêt à un projet libre, elle est capable de mettre les moyens humains et financiers pour apporter à ce dernier les fonctionnalités qui manquent afin de permettre une plus large utilisation. Reste évidement la finalité du produit qui, dans le cas présent, vise à renforcer la dépendance des utilisateurs, non pas à un matériel ou à un système d’exploitation, mais à des services en ligne.

Cependant, toutes les entreprises n’ont pas forcément ce type de finalité et pour autant qu’on leur démontre ou fasse comprendre qu’ils ont un intérêt industriel à supporter un projet, bien des barrières peuvent être levées, même si le caractère « libre » de l’outil reste secondaire.

Une façon de dire que pour porter le libre auprès du grand public, il faudra trouver des projets qui parlent à nos industriels, lesquels sont les seuls en mesure, – soyons lucides -, de financer à ce jour et dans notre système actuel une diffusion de masse de ce dernier. Or, actuellement, les projets libres se concentrent souvent sur le code, en négligeant ou ignorant (parfois volontairement) cet aspect, ce qui bride de fait leur expansion.

Philippe Scoffoni

Je barbote dans la mare informatique depuis 30 ans (premier ordinateur à 16 ans, un ORIC ATMOS) et je travaille à mon compte au travers de ma société Open-DSI. J'accompagne les associations, TPE et PME dans leurs choix et dans la mise en oeuvre se solutions informatiques libres.

3 réponses

  1. Galuel dit :

    « une façon de laisser à l’utilisateur la liberté d’usage du matériel qu’il a payé »
    Pourquoi « payé » ? L’usage du matériel dont il se sert suffit. Je ne comprends pas l’utilisation du terme « payé » ici !? 🙂
    « Si cela est bon pour les flux financiers des entreprises, l’impact sur notre environnement est lui bien moins positif »
    « L’impact sur l’environnement ? » Mais et l’impact sur la VIE des hommes que de devoir échanger leur temps et leur labeur sans cesse contre le simple renouvellement d’outils volontairement faussés par leurs producteurs ? Est-ce vraiment une question d’impact sur l’environnement avant que d’être une valeur éthique fondamentale que de ne pas mentir, de ne pas voler la vie de son semblable, que de ne pas tuer le temps et les richesses d’autrui, que de s’accaparer ce qui n’est pas à soi à l’aide du mensonge et du faux ? Avant toute autre considération ?
    Comment peut-on appeler comme exemple des conséquences de second voire de troisième ordre quand le premier ordre déjà manifeste une iniquité offensante pour l’esprit ?
    Excellent article au demeurant, merci Philippe pour tes analyses du monde libre toujours aussi pertinentes, qui nous tiennent informés de ce qui se fait de mieux !

  2. Philippe dit :

    Oui la liberté d’utiliser c’est la base… et l’environnement n’est effectivement que secondaire aux regards de bien d’autres injustices..
    Merci pour le merci 😉

  1. 23 avril 2012

    […] (parfois volontairement) cet aspect, ce qui bride de fait leur expansion. Consultez la source ? | Article initialement publié sur philippe.scoffoni.net sous licence Creative Commons | Auteur : Philippe […]