GNU/Linux, 1% dans le monde, pas si sur…

Le 5 mai, 2009 • Catégorie: Lectures Libres, Planet-Libre
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closeCet article a été publié il y a 1 an 4 mois , il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

L’étude du moment nous montre encore une fois la faible part des systèmes d’exploitation libre sur le marché du poste de travail. Assez étonnamment personne ne semble remettre en cause les chiffres donnés. Probablement parce qu’ils correspondent à une réalité dans notre pays comme semble le confirmer une autre étude publiée par AT Internet Institut sur l’équipement des internautes. Pour la France Linux aurait 1,2% de part de marché soit un résultat similaire à l’étude américaine.

C’est du coté de la presse anglo-saxone que j’ai trouvé un article  se posant la question de la validité de ce chiffre. Je vous en propose ici une “traduction-résumé”.

Bruce Byfield son auteur met en doute ce chiffre et nous en explique les raisons.

Pour commencer l’origine de ce chiffre est basé sur les statistiques de trafic collectés sur des sites web nord-américain qui sont ensuite extrapolés pour le reste du monde. Sachant que selon l‘étude de Red Hat, les USA et le Canada ne sont classés respectivement qu’à la 9ème et 23ème position en terme d’activité dans l’open source, cela ne doit pas améliorer le résultat de GNU/Linux.

Mais alors comment évaluer la part de marché de GNU/Linux ?

L’approche par Firefox

Celle d’Asa Dotzler basée sur l’usage du navigateur web Firefox. Il part du fait que 90% des PC sont connectés à Internet, accepte le constat que seul 1% des utilisateurs dans le monde sont équipés de GNU/Linux et que parmi cette population 75 à 90% utilisent Firefox comme navigateur Web.

En recoupant cela avec les chiffres issus des serveurs de Mozilla concernant les téléchargements de mises à jour, il conclu que les utilisateurs de distribution GNU/Linux sont entre 5,5 et 16 millions, ce qui ramené aux 1,6 milliards de PC dans le monde donne entre 0,5 et 1,5% (ma calculette me dit entre 0,35 et 1%, mais je vous donne les chiffres de l’article). Cependant il faut pondérer ce chiffre par le fait que les mises à jour de Firefox sont souvent (majoritairement ?) diffusés par la distribution et non téléchargés depuis les serveurs de Mozilla. Sans compter que Firefox n’est pas le seul navigateur disponible sous GNU/Linux. On atteindrait alors 2 à 5%.

L’approche indirecte

Cette fois c’est Aaron Seigo qui émet un autre raisonnement : son point de départ est la différence parfois observées des chiffres entre l’Amérique du Nord et le reste du monde. Il met en avant les indicateurs de l’adoption croissante des solutions GNU/Linux comme le nombre grandissant de fabricants proposant des modèles pré-installés avec GNU/Linux. Il cite également les ministères des gouvernements européens adoptant GNU/Linux ou encore les 53 000 laboratoires brésiliens déployant ce système d’exploitation pour 52 millions d’étudiants, la domination de Red Flag Linux en Chine ou d’autres succès de ce type en Inde ou en Amérique du Sud. “Regardez à l’extérieur des USA” lance-t-il, les chiffres généralement acceptés deviennent alors trop faible. Aaron Seigo estime lui à 8 voir 10 à 12% la part de GNU/Linux dans le monde.

Ces arguments et ces chiffres sont bien sur discutables, mais ils tendent à prouver que quelque soit le chiffre aujourd’hui il est appelé à augmenter.

Choisissez votre logique, choisissez vos chiffres

Bruce Byfield conclu sur l’écart significatif entre ces deux approches qui montre bien la difficulté d’estimer le nombre réel d’utilisateurs. Qui de Siego ou de Dotzer détient la vérité difficile de le savoir. Il se félicite cependant de constater que ces deux défenseurs de l’open source communiquent ouvertement sur leur méthodologie de calcul et ne se contentent pas de “donner” un chiffre.

Difficile donc de connaître la situation exacte des distributions GNU/Linux à l’échelle mondiale.

Comment améliorer la situation ? Pas de solutions miracles probablement. Travailler encore pour faire connaître et utiliser les logiciels libres,  profiter des hésitations des entreprises face à Windows Seven ou encore éduquer notre jeunesse à l’aide d’outils informatiques libres.

Dernière supposition : et si les distributions GNU/Linux restaient un marché de niche sur les Desktop et ne dépassaient jamais 5% de part de marché ? Est-ce si inconcevable ?

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12 Commentaires»

  1. matef
    6 mai, 2009 à 00h34

    Ce n’est pas parce qu’on sait être intéressant qu’on est dispensé de relire sa copie et d’en corriger les trop nombreuses fautes d’ortographe avant de poster.

  2. zippy
    6 mai, 2009 à 01h51

    Pour ma part j’ai vu des statistique venant de chez Microsoft et ils évaluent la part de Linux à 5%. Si je retrouve l’image je vous l’envoi.

  3. Petit Scarabée
    6 mai, 2009 à 07h49

    Je ne comprends pas cette course à la part de marché, quel en est l’intérêt pour le logiciel libre? S’il s’agit de prouver que l’offre disponible est viable, performante et cohérente, ce n’est pas avec ces chiffres qu’on le démontrera. L’essentiel est d’avoir des projets dynamiques, pas d’atteindre un seuil (et d’ailleurs lequel?) qui ne signifie rien.

  4. Kanor
    6 mai, 2009 à 07h57

    L’utilité des parts de marché c’est de donner du poids pour la création des driver pour les différents fabricants, la sortie de jeux video sur GNU/Linux

  5. Christophe
    6 mai, 2009 à 08h13

    Salut Philippe,

    Je rebondis sur ta « dernière supposition » : « et si les distributions GNU/Linux restaient un marché de niche sur les Desktop et ne dépassaient jamais 5% de part de marché ? Est-ce si inconcevable ? »

    Non ça n’est pas inconcevable. Pourquoi faudrait-il que Linux augmente le nombre de ses utilisateurs ?

    Tout d’abord, toutes les distributions n’en font pas une nécessité. Je n’ai jamais entendu/lu de telles ambitions de la part de Debian, par exemple. C’est Ubuntu (entre autres) qui en a fait son cheval de bataille.

    RMS a raison de dire qu’il faut parler incessamment de Logciels Libres parce que les gens ne les connaissent pas. Mais dit-il que tout le monde doit utiliser GNU/Linux. Non. Chacun a le droit de choisir ce qui est bon pour lui, dans l’absolu. Dans la mesure où ce choix est éclairé, conscient. La situation n’est pas celle-ci aujourd’hui.

    Par contre, ce qui est on ne peut plus intolérable, c’est que le choix de certains utilisateurs oblige d’autres à utiliser des logiciels privateurs.

    Il est tout aussi intolérable que, pour faciliter la migration sous GNU/Linux, on accepte de voir des solutions privatives s’implanter sous GNU/Linux (Flash est un exemple emblématique).

    Le nombre en soi importe assez peu. GNU/Linux c’est d’abord la Liberté logicielle. Si l’augmentation du nombre des utilisateurs doit se faire au détriment de cette liberté logicielle alors elle n’a plus aucun intérêt.

    L’équipe du noyau Debian est en passe de le nettoyer des « blobs » (proprio), c’est une vraie news Philippe, un scoop (le mail date du 26/04/09) :

    http://lists.debian.org/debian-devel/2009/04/msg00999.html

    Robert Millan est on peut plus satisfait de l’avancée :

    At the risk of repeating myself, I’d like to take the opportunity to thank
    you for the very noticeable progress in removing non-free blobs from the sid
    version of linux-2.6. Looking at the bugs I reported, it appears that all
    of them have been fixed except #494119, #494120 and #494122. I think there
    were a few others, but we’re no doubt in the right direction.

    I’ll keep looking forward to a fully free linux-2.6 in Squeeze that will make
    Linux-libre unnecessary for Debian users. In the meantime, Lenny users who
    want to run a free system also have an option. I guess we made everyone happy
    already? :-)

    On le voit bien, Debian n’a pas les mêmes priorités qu’Ubuntu qui sans cesse favorise le confort de l’utilisateur au détriment de la Liberté !

    Si les gens informés (en matière d’éducation et d’information beaucoup reste à faire) ne veulent pas / ne peuvent pas (ça ne les intéressent pas ou ne veulent pas se donner les moyens de) comprendre l’importance de la Liberté logicielle, qu’ils préfèrent (par habitude ou choix) continuer à utiliser un OS et des logicielles privateurs alors qu’il existe d’autres solutions Libres, du différent (Linux c’est différent et non alternatif), libre à eux !

    La popularité ne peut pas et ne doit pas se faire au détriment de la spécificité de l’OS.

    Dans le cas contraire, il serait presque préfèrable de laisser Ubuntu faire sa course seule pour préserver nos idéaux et l’intégrité de GNU/Linux.

  6. Christophe
    6 mai, 2009 à 08h24

    Désolé pour les fautes…j’ai réédité mon message mais mes modifications non pas été prises en compte ! Notamment celle-ci :

    La popularité ne peut pas et ne doit pas se faire au détriment de la spécificité de l’OS. Dans le cas contraire, il serait presque préférable de laisser Ubuntu faire sa course seul pour préserver nos idéaux et l’intégrité de GNU/Linux.

    @Kanor : Oui c’est du Libre ! GNU/Linux et rien d’autres. Se battre pour des jeux ou des drivers ne peut et ne doit pas se faire au détriment de l’OS et du projet qui l’a porté jusqu’ici. Ou alors qu’Ubuntu et ceux qui le veulent fassent leur business hors du Libre.

  7. Olivier FAURAX
    6 mai, 2009 à 09h50

    Xiti rapporte 1,24% de Linux.
    http://www.atinternet-institute.com/fr-fr/equipement-internaute/systemes-d-exploitation-fevrier-2009/index-1-1-7-165.html

  8. dada
    6 mai, 2009 à 10h00

    Les statistiques ne sont jamais des données fiables. Elles sont toujours basées sur des approximations toujours plus douteuses qui obligent à les prendre avec des pincettes.

    L’avenir de GNU/Linux est en cours de création. Ubuntu a ouvert une énorme brèche dans le “monde Microsoft” ! Des évolutions et des améliorations voient le jour à chaque instant ce qui prédit un avenir plein de surprise.
    C’est aussi pour ça que je suis persuadé que GNU/Linux ne sera jamais bloqué à 5% d’utilisateur.

  9. zippy
    6 mai, 2009 à 12h41

    Voilà l’image dont je parlais un peu plus haut: http://yfrog.com/bhballmermacsp

  10. Philippe
    6 mai, 2009 à 20h52

    @matef :Et pourtant si vous saviez le temps que je passe à les relire. Je suis un nul en orthographe je ne le sais que trop bien. Cependant j’avoue que je viens de relire cet article et d’y trouver au moins 8 fautes relativement énorme. A ma décharge je ne dispose que d’une plage horaire assez courte (le soir après 21h…) et parfois la fatigue me tiraille un peu trop d’où le résultat que voilà. Fin de la séance d’auto-flagellation :-)

    @christophe : je crois qu’effectivement Ubuntu et sa communauté devra bien un jour assumer son objectif : celui de concurrencer windows, d’offrir une alternative qui ne sera pas forcément libre au sens de la FSF. Il y a comme je le disais chez Cyrile un autre combat celui des formats ouverts…

  11. Olivier FAURAX
    6 mai, 2009 à 21h59

    Linux progresse, mais j’aurai tendance à penser que « ce n’est pas de sa faute ».

    C’est surtout les usages qui ont changés.
    Le web et la mobilité sont devenus la norme, ce qui a notamment, poussé l’utilisation des webmails (je ne connais personne de moins de 25 ans qui utilise outlook).

    À bien y regarder, n’importe quel système qui fournit Firefox avec Flash, OOo et VLC peut faire l’affaire pour un bon paquet d’utilisateurs. En rajoutant aMSN pour les loleurs :)
    Ça a d’ailleurs bien profité à Apple (quand les sites web ont été refaits pour passer avec Firefox en plus d’IE, ils ont pu en profiter pour lancer Safari).

    Ce qui manque encore, c’est d’avoir Linux par défaut sur une configuration standard chez Carrouf avec un vendeur qui décourage pas l’acheteur.
    Les netbooks, c’est déjà un premier pas, on peut aller plus loin, mais c’est encore une affaire de gros sous…

  12. Philippe
    3 octobre, 2009 à 03h41

    Effectivement Linux desktop peut rester à moins de 5% et ca ne sera pas un mal.

    C’est la conclusion que j’en tire avec le fiasco que dis-je, la catastrophe industrielle qu’a été Vista.
    Combien d’entreprise aurait pu encore existé après une telle déroute ?

    Grâce à la servilité des utilisateurs Microsoft s’en tire bien. Soit, on a que ce qu’on mérite !

    Cependant, j’attends avec curiosité, les mois à venir, le comportement des utilisateurs face à la virulence de plus en plus des virus sur internet …